La maréchale des logis-cheffe Marianne, championne de France militaire de cross-country
- Par ASP (R) Colombe Delons
- Publié le 20 décembre 2025
La maréchale des logis-cheffe Marianne est devenue, le 27 novembre 2025, championne de France militaire de cross-country. Son parcours de sportive et de militaire au sein de la Gendarmerie nationale mêle persévérance, discipline et dépassement de soi.
Attirée très tôt par l’environnement militaire et la Gendarmerie nationale, la maréchale des logis-cheffe Marianne n’a pendant longtemps pas osé s’engager, convaincue que son absence de pratique sportive serait un frein insurmontable. Quelques années plus tard, elle a pourtant franchi le pas, devenant sous-officier de gendarmerie et championne de France militaire de cross-country.
Un parcours atypique, guidé par l’envie de servir
Avant de rejoindre la gendarmerie, Marianne a suivi des études de tourisme puis de droit. Elle exerce ensuite pendant une dizaine d’années comme assistante judiciaire dans un cabinet d’avocats, tout en construisant sa vie familiale. Mariée et mère de deux enfants, elle évolue alors dans un cadre professionnel stable, sans jamais perdre de vue son attirance pour l’institution militaire.
C’est son conjoint, militaire et sportif confirmé, qui l’encourage à passer le concours CSTAGN (Corps de soutien technique et administratif de la Gendarmerie nationale) en 2016. À 34 ans, proche de la limite d’âge, elle décide de tenter sa chance. La préparation sportive représente alors un véritable défi. « Je n’aimais pas courir », reconnaît-elle. Mais renoncer n’est pas une option. Encadrée par son conjoint, entraîneur fédéral, elle entame une préparation rigoureuse. Les débuts sont difficiles. Lors d’un premier test sur piste, elle ne parvient pas à dépasser le kilomètre. Progressivement, les séances s’enchaînent et les difficultés augmentent. Moins d’un an plus tard, elle obtient la note maximale aux épreuves sportives du concours. Le déclic est là.
De l’école à la Direction générale
Après six mois d’école vécus avec exigence et détermination, elle est affectée en 2017 à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), au sein de la sous-direction du personnel officier. Elle y occupe successivement plusieurs postes, notamment au bureau des parcours et de la mobilité, puis au bureau des actes de gestion et des études, où elle accompagne aujourd’hui les officiers en positions statutaires particulières.
Parallèlement, le sport, initialement vécu comme une contrainte, devient progressivement une discipline choisie, puis un véritable équilibre personnel.
Le cross-country, une école de rigueur
Dès 2017, Marianne participe à son premier cross national gendarmerie, à Fontainebleau. Elle y découvre l’exigence de la compétition et s’y classe au cœur du peloton. L’année suivante, à Beynes, elle contribue à la troisième place par équipe de la Direction générale, une première récompense collective qui conforte son engagement sportif.
Au fil des saisons, elle progresse, change de catégorie d’âge, enchaîne les sélections jusqu’à s’inviter régulièrement sur les podiums militaires. En cross-country, rien n’est acquis : parcours exigeants sur des distances de 7 ou 8 kilomètres, obstacles naturels et pistes boueuses imposent une rigueur constante. « C’est dur, mais cela forge le mental », explique-t-elle. Parallèlement, elle progresse sur les courses hors-stade, avec des références chronométriques de 19’36 sur 5 km et 40’27 sur 10 km.
Le 27 novembre 2025 lors des championnats de France militaire de cross-country, la maréchale des logis-cheffe Marianne prend le départ du cross féminin. Le parcours est plutôt rapide et sans gros dénivelés. À l’issue de l’épreuve, la victoire est enfin au rendez-vous : elle est sacrée championne de France militaire !
Un équilibre exigeant, mais essentiel
Aujourd’hui, Marianne s’entraîne cinq à six fois par semaine, principalement sur sa pause méridienne, en forêt de Meudon ou sur les infrastructures locales. Elle s'entraîne seule en semaine et parfois accompagnée le week-end. La course à pied demeure une discipline exigeante, mais elle est devenue pour elle un temps de recentrage, de lâcher-prise et de décompression.
Ses objectifs restent élevés : continuer à valider les CCPM (Contrôle de la condition physique du militaire) selon le même barème que les hommes, rester sur les podiums des compétitions militaires et, si l’occasion se présente, renouveler ce titre national. Mais au-delà des résultats, elle retient surtout ce que le sport lui a apporté : confiance en soi, force mentale et capacité à sortir de sa zone de confort.
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