À Sathonay-Camp, deux jeunes gendarmes s’apprêtent à vivre leur première mission en outre-mer

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 27 janvier 2024
Les gendarmes Gwladys et Lucas.
© GEND/GR/ADC.BOURDEAU

L’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 13/5 de Sathonay-Camp (Rhône) sera projeté en Guyane du 29 janvier au 5 juin 2024. À quelques jours du départ, les gendarmes Lucas et Gwladys, qui vivront à cette occasion leur première mission en outre-mer, nous ont livré leurs sensations.

Du 15 au 19 janvier 2024, les militaires de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 13/5 de Sathonay-Camp ont effectué une semaine de préparation avant leur projection en Guyane dans le cadre de la mission Harpie de lutte contre l’orpaillage illégal. La préparation s’est achevée par un Parcours d’activité nautique (PAN) sur le camp militaire de La Valbonne, dans l’Ain. À l’issue de la séance, nous avons rencontré Lucas et Gwladys, récemment affectés au 4e peloton porté de l’unité.

Pouvez-vous vous présenter ?

Lucas (L) : j’ai 20 ans et je suis originaire de l’Ariège. J’ai été affecté à l’EGM 13/5 le 18 décembre 2023, après ma formation à l’école de gendarmerie de Chaumont. Avant de devenir sous-officier, j’ai été gendarme adjoint volontaire à la Communauté de brigades (COB) de Sallanches, sur la compagnie de Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie), pendant 1 an et demi.

Gwladys (G) : j’ai 25 ans et je suis originaire de Normandie. Je suis affectée à l’EGM 13/5 depuis le 26 juin 2023. J’ai également été gendarme adjoint volontaire, à la Brigade territoriale autonome (BTA) de La Verpillière (Isère). J’ai effectué quelques déplacements en métropole depuis mon arrivée, mais la Guyane sera ma première mission en outre-mer.

Pourquoi avoir choisi la gendarmerie mobile à l’issue de votre formation initiale ?

L : mon frère est actuellement gendarme mobile à Satory et il m’a convaincu de rejoindre cette subdivision d’arme. Je voulais aussi découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles choses et aller en outre-mer.

G : j’ai notamment choisi la gendarmerie mobile pour vivre les missions en outre-mer.

Dans quelques jours, vous serez justement projetés en Guyane pour effectuer la mission Harpie de lutte contre l’orpaillage illégal. Comment appréhendez-vous ce déplacement ?

L : tout le monde se montre impatient. Pour moi, comme pour beaucoup, ce sera la première fois. Il y a forcément un peu d’appréhension, car il s’agit sans doute de l’un des Outre-mer les plus difficiles. Mais je pense que lorsqu’on aura pris nos marques, on se sentira plus rassurés.

G : il s’agira de mon premier déplacement en outre-mer et c’est aussi le plus atypique. La mission Harpie, c’est une mission à laquelle on n’a pas forcément été formés. Il y a un peu la peur de l’inconnu. Ça va être une vraie découverte et une belle expérience. On a tous hâte de voir comment ça va se passer.

Vous allez être projetés pendant quatre mois. Comment vivez-vous cet éloignement ?

L : dans le cadre de cette mission, je serai déplacé à Maripasoula. Il s’agit d’une commune située au cœur de l’Amazonie, le long du fleuve Maroni. L’isolement sera donc important. Je suis pacsé, ma compagne est gendarme et est affectée à la brigade de proximité de Fontaines-sur-Saône (Rhône). Nous nous sommes rencontrés en école et nous avons l’habitude d’être tout le temps ensemble. L’éloignement va donc forcément être un peu compliqué. Les camarades vont être importants pour garder le moral.

G : pour ma part, je serai à Saint-Laurent-du-Maroni. J’ai la chance d’avoir mon conjoint à l’escadron avec moi. Nous ne sommes pas dans le même peloton, mais nous serons au même endroit. J’aurai donc quelqu’un sur qui me reposer.

En quoi la cohésion est importante pour le succès de la mission ?

L : vu que les conditions là-bas sont très compliquées (humidité particulièrement conséquente, marches avec équipements et treillis dans la forêt amazonienne, risques sanitaires, etc.), sans cohésion, la mission ne pourra pas se dérouler dans les meilleures conditions possible. Si au contraire il y a de la cohésion et qu’on peut compter sur ses camarades, qu’on peut avoir confiance les uns en les autres, alors on pourra presque effectuer la mission les yeux fermés.

G : on va effectuer la mission, mais aussi passer nos repos et réaliser des activités avec les camarades. On sera toujours tous ensemble. Il faut être soudé pour la mission. Lors des déplacements en forêt, il s’agira de petites équipes composées de gendarmes et de militaires de l’armée de Terre. Il faudra bien s’entendre pour éviter d’avoir un coup de blues.

Que retenez-vous de la semaine de préparation que vous venez de vivre ?

L : depuis le début de la semaine, nous avons été formés à tout ce qu’on pouvait rencontrer en Guyane. On a fait de la topographie, suivi l’apprentissage des nœuds, ou encore appris à monter un bivouac. Les exercices ont donné lieu à plusieurs synthèses. Ça nous a pas mal préparés et ce n’est que du plus pour nous. À notre arrivée en Guyane, nous aurons encore quelques jours de préparation avec l’antenne GIGN à l’occasion du stage forêt. Je suis très satisfait de ce qui nous a été proposé depuis le début de la semaine.

G : on se sent mieux préparés et on se sentira encore mieux préparés quand on aura fait le stage avec l’AGIGN. C’était une formation vraiment intéressante à suivre.

Le partage d’expérience est-il important ?

L : c’est le tout début pour moi. Je ne suis affecté à l’escadron que depuis quelques jours, donc je m’appuie énormément sur les autres. Les gradés sont très importants pour moi, ce sont ceux qui ont le plus d’expérience et qui sont en mesure de me guider. Je n’hésite pas à leur poser des questions.

G : depuis mon arrivée, je m’appuie énormément sur les militaires expérimentés, notamment sur les jeunes gradés qui ont encore en mémoire leur début de carrière.

Vous êtes-vous spécifiquement préparés pour cette mission ?

L : je fais pas mal de sport à la base. Je suis donc un minimum préparé, mais avec les conditions là-bas, même pour une personne préparée, c’est très compliqué.

G : j’ai sérieusement préparé le matériel à emporter dans le cadre de cette mission. Physiquement, je m’entretiens régulièrement, mais je ne me suis pas particulièrement entraînée.

Le vol vers la Guyane aura lieu le 29 janvier prochain. Qu’avez-vous prévu de faire de votre dernière semaine ?

L : je vais rentrer voir ma famille, passer du temps avec ma compagne, faire ma valise et rester au calme à la maison, en faisant attention à ne pas me blesser.

G : je vais voir mes proches, me poser et après, ce sera valise, valise, valise (rires).

Enfin, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

L : je me projette le plus rapidement possible dans le Diplôme d’arme (D.A.) et le Monitorat d’intervention professionnelle (MIP). J’essaierai de passer ces qualifications après la Guyane. Dans quatre ans, je tenterai de rejoindre le GIGN en passant les tests.

G : je compte effectuer un Changement de subdivision d’arme (CSA) dans trois ans, afin de revenir en gendarmerie départementale, et pourquoi pas, à l’avenir, intégrer une Maison de protection des familles (MPF), afin de me spécialiser dans la lutte contre les violences intrafamiliales. Mais je prends le temps de réfléchir.

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