Mayotte : la section aérienne de gendarmerie de Pamandzi engagée dès les premières heures

  • Par Le capitaine Tristan Maysounave et Antoine Faure
  • Publié le 22 décembre 2024
© SIRPA-G - BRC A. Marcé

Dès la fin de l’épisode cyclonique qui a frappé l’archipel de Mayotte, samedi 14 décembre 2024, les militaires de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Pamandzi ont été engagés pour des missions de reconnaissance, de secours et de dépose de techniciens. Le lieutenant-colonel Nicolas Deloffre, commandant de l’unité depuis l'été 2020, témoigne.

Mon colonel, comment votre unité a-t-elle préparé l’arrivée du cyclone Chido ?

L’arrivée du cyclone a été préparée, dans un premier temps, au niveau des familles, en suivant les directives du Commandant de la gendarmerie (COMGEND) de Mayotte, complétées par les miennes, qui ont permis à mes personnels de se préparer individuellement, tant du côté des vivres que des actes réflexes basiques en pays cyclonique. Nous étions pré-alertés de l’intensité de Chido, mais, à titre personnel, connaissant bien les territoires d'outre-mer et ayant déjà vécu plusieurs tempêtes tropicales avec des alertes rouges, j'ai quand même été surpris par la violence du cyclone, qui s'est révélé aussi destructeur qu’Irma en 2017 à Saint-Martin.

Dans un second temps, nous nous sommes préparés sur le plan opérationnel par la mise en disponibilité de la machine, avec toutes les échéances techniques, sachant que nous aurions des missions de reconnaissance et de secours qui se profileraient rapidement après le passage du cyclone. Nous avons préparé l’aéronef du mieux que nous pouvions, c'est-à-dire que nous l’avons déplacé au fond du hangar, de manière à ce qu'il soit protégé, avec des véhicules en barrage, ce qui n'a pas été inutile, puisque les portes de la structure se sont effondrées sur ces véhicules. Nous avons ainsi pu retrouver un hélicoptère qui a été confirmé indemne, après de longues vérifications techniques, ce qui nous a permis de débuter une première reconnaissance quelques heures à peine après le passage du cyclone.

Quels étaient les effectifs de la SAG à ce moment-là ?

Nous sommes huit personnels à la SAG. Sept étaient présents sur le territoire, et le militaire qui était en visite médicale en métropole reviendra dans quelques jours pour recompléter l’équipe, mais l’un de nos trois pilotes, qui s'est gravement blessé au doigt, ne sera pas en mesure de remplir de missions pendant les six prochaines semaines. Nous avons donc été renforcés par un pilote de La Réunion dès lundi 16 décembre.

  • SAG Pamandzi
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • Travail coordonné SAG PGHM et SCRTA/SOLC pour rétablissement des communications radio. Dépose en hélicoptère au relais de Bouéni pour réparation

    Travail coordonné entre les gendarmes de la Section aérienne de la gendarmerie (SAG), du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), du Service central des réseaux et technologies avancées (SCRTA)  et de la Section opérationnelle de lutte contre les cybermenaces (SOLC) pour le rétablissement des communications radio. Dépose en hélicoptère au relais de Bouéni pour réparation .

    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi

    Travail coordonné entre les gendarmes de la Section aérienne de la gendarmerie (SAG), du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), du Service central des réseaux et technologies avancées (SCRTA)  et de la Section opérationnelle de lutte contre les cybermenaces (SOLC) pour le rétablissement des communications radio. Dépose en hélicoptère au relais de Bouéni pour réparation .

    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • Travail coordonné SAG PGHM et SCRTA/SOLC pour rétablissement des communications radio. Dépose en hélicoptère au relais de Bouéni pour réparation

    Travail coordonné entre les gendarmes de la Section aérienne de la gendarmerie (SAG), du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), du Service central des réseaux et technologies avancées (SCRTA)  et de la Section opérationnelle de lutte contre les cybermenaces (SOLC) pour le rétablissement des communications radio. Dépose en hélicoptère au relais de Bouéni pour réparation .

    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi

    Travail coordonné entre les gendarmes de la Section aérienne de la gendarmerie (SAG), du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), du Service central des réseaux et technologies avancées (SCRTA)  et de la Section opérationnelle de lutte contre les cybermenaces (SOLC) pour le rétablissement des communications radio. Dépose en hélicoptère au relais de Bouéni pour réparation .

    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • SAG Pamandzi
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN

Comment les hélicoptères de la SAG ont-ils été employés dans les premières heures qui ont suivi le cyclone, et quelles ont ensuite été vos premières missions ?

La SAG a été utilisée par notre autorité d'emploi, le COMGEND de Mayotte, pour réaliser la première reconnaissance, à la fois au profit de ses unités sur le terrain, mais également au profit de la préfecture de Mayotte. L'épisode cyclonique s'est terminé vers 13 heures le 14 décembre, et vers 17 heures, juste avant la tombée de la nuit, nous prenions les airs avec le préfet et le général Lucien Bart, commandant de la gendarmerie de Mayotte, pour effectuer une première reconnaissance des zones dévastées.

Depuis, nos missions ont été essentiellement orientées vers de la reconnaissance plus technique, comme celle des lignes électriques au profit de la société d’électricité de Mayotte. Un travail relativement fastidieux, puisqu’il s’agit d'explorer et d'inspecter l'ensemble des lignes sur le territoire, ce qui représente quand même quelques kilomètres de ligne, et nécessite une analyse fine pour pouvoir ramener l'électricité dans les territoires les plus reculés, notamment dans le sud et sur la façade nord-ouest.

Nous avons également réalisé des reconnaissances des relais, puisqu’ils sont la clé de voûte de la mise en place des opérations de secours et d’accès aux populations. Cette mission a été effectuée avec la section des transmetteurs de la gendarmerie. Ensuite, nous avons rempli des missions de dépose de techniciens pour mettre en place des solutions temporaires, de façon à rétablir les communications les plus importantes sur l’île.

Nous avons aussi réalisé des engagements pour des secours à personne dans les premières heures, puisque les appareils du SAMU 976 n’étaient pas encore opérationnels. Nous avons donc été amenés à réaliser deux ou trois évacuations sanitaires, en remplacement de leurs vecteurs.

La première consistait en la récupération d'un enfant de deux ans d'un couple de militaires de la brigade de gendarmerie de Mtsamboro, diagnostiqué en état grave la veille du cyclone. Nous avons réalisé le transport de l'enfant, accompagné de l'un de ses parents, vers le centre hospitalier de Mamoudzou, car son état devenait critique.
Nous avons également évacué une femme enceinte qui se trouvait sur le plateau rural, au centre de l'île, sur la commune de Tsingoni, un territoire uniquement relié aux autorités par les téléphones satellitaires, notamment ceux de la sécurité civile déployés dans les premières heures.

Ces secours font partie de nos missions, puisque nous sommes généralement placés en subsidiarité des aéronefs de la sécurité civile ou des SAMU. C’est une mission que l’on connaît et que l’on remplit régulièrement.

Comment voyez-vous les prochains jours, les prochaines semaines, pour votre unité ?

Les prochains jours risquent d’être compliqués, puisque nous rencontrons les mêmes difficultés basiques du quotidien que la population, les problèmes de coupure d’eau, d’électricité, mais qui, pour nous, sont difficilement compatibles avec notre engagement. Des leviers sont activés pour pouvoir placer les militaires dans des conditions de vie qui soient un petit peu acceptables, pour pouvoir poursuivre leur mission. D’autant que la mission aéronautique revêt forcément un aspect de sécurité avec lequel on ne peut pas transiger.

 


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