Mayotte : la Brigade nautique adapte ses missions aux conséquences du cyclone Chido

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 03 janvier 2025
Deux gendarmes de la Brigade nautique de Pamandzi à Mayotte, aux comandes de leur vedette.
© GEND/SIRPA/GND R. CULPIN

En temps normal, la Brigade nautique (B.N.) de Pamandzi consacre 90 % de son activité à la lutte contre l’immigration illégale. Le cyclone Chido a bousculé le quotidien de l’unité, qui effectue désormais en priorité des liaisons essentielles entre les deux îles du département.

À Pamandzi, le cyclone a causé d’importants dégâts à la caserne de gendarmerie qui héberge plusieurs unités, dont la Brigade nautique (B.N.) Les locaux de celle-ci ont ainsi été entièrement détruits par la violence des vents. Les logements de plusieurs gendarmes ont également subi des dommages importants. Conscients de la force du cyclone qui s’annonçait, les militaires de la B.N. avaient sorti leurs intercepteurs de l’eau. Cette manœuvre leur aura permis de préserver leurs quatre embarcations sur-motorisées et de pouvoir mener des missions dès les premières heures suivant la catastrophe.

Assurer jour et nuit la liaison entre Petite-Terre et Grande-Terre

Dans la baie séparant Petite-Terre et Grande-Terre, les navires échoués sont légion. Peu d’embarcations au mouillage ou à quai ont résisté à la puissance du cyclone. Sur les quatre barges qui relient quotidiennement les deux îles, seules deux sont encore en fonctionnement. Les liaisons sont donc ralenties, bien que la priorité soit donnée aux secours et aux Forces de sécurité intérieure (FSI). La nuit, les barges n’effectuent aucune traversée. Pour pallier ces difficultés, la B.N. a commencé à assurer des liaisons prioritaires très rapidement après le passage du cyclone.

« Les quais ont été détruits avec la force du cyclone, explique le lieutenant David Auge, qui commande la B.N. depuis le 2 août 2024. À Mamoudzou, nous avons néanmoins réussi à identifier un endroit nous permettant d’accoster. Depuis le passage du cyclone, nous travaillons en mode dégradé en nous adaptant. Notre mission prioritaire consiste à barger. Dans les jours qui ont suivi le cyclone, nous avons par exemple transporté des blessés de Petite-Terre vers Grande-Terre, où se trouve l’hôpital. »

  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte, croise celle de la SNSM.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • Commandes de la vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte, croise celle de la SNSM.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • Commandes de la vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN
  • La vedette de la Brigade nautique de Pamandzi, à Mayotte.
    © GEND/SIRPA/GND R. CULPIN

« Nous sommes engagés 24h/24, complète le major David, commandant adjoint de la B.N. Des équipes sont en permanence sur l’eau de 6 heures à une heure du matin, et une équipe reste en alerte de minuit à 7 heures. Nous avions l’habitude de barger des autorités ou des services du département, mais cette mission s’est accentuée avec le cyclone. Nous avons notamment effectué des liaisons au profit des pompiers, de la Sécurité civile ou encore de responsables des réseaux d’eau venus de la métropole. Nous déposons la plupart d’entre eux à Mamoudzou, mais il nous arrive également d’effectuer des trajets vers le port de Longoni ou vers le sud, où se trouve un ponton qui a résisté au passage du cyclone. »

La B.N., composée de trente personnels, renforcés par cinq gendarmes mobiles, a repris progressivement ses missions classiques, parmi lesquelles de fréquentes opérations de sauvetage en mer. Plusieurs d’entre eux détiennent en effet une qualification de plongeur ainsi que le Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA), et peuvent être embarqués à bord d’un hélicoptère afin de porter secours à des plaisanciers ou à des plongeurs.


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