Opération « Octopus » : nouveau coup de filet contre la « DZ mafia »

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 14 mars 2026
© BCOM PACA

Ce lundi 9 mars 2026, une opération d’une envergure exceptionnelle conduite par plus de 1000 militaires de la Gendarmerie nationale a permis l’interpellation de 43 individus soupçonnés d’occuper un rôle important au sein de l’organisation criminelle de la « DZ mafia ». Résultat d’une enquête de longue haleine, ce coup de filet illustre le changement de stratégie de la gendarmerie en matière de lutte contre ces réseaux criminels structurés et implantés au cœur de la société.

Tout commence le 22 février 2024 avec la dénonciation d’un juge d’instruction montrant que des gérants de point de vente de drogue rendent des comptes réguliers à un cadre de la « DZ mafia » incarcéré. La juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Marseille décide d’ouvrir une nouvelle enquête portant sur cette organisation. En effet, les magistrats phocéens soupçonnent que plusieurs membres importants de cette structure poursuivent leurs activités criminelles à partir de leur lieu de détention.

L’enquête vise à mieux définir les contours de l’organisation criminelle « DZ Mafia », à en comprendre la structuration tout en déterminant le rôle des différents membres qui la composent. Il s’agit également de chercher à réduire la puissance financière de cette structure en recherchant les fonds générés et de mettre en œuvre des stratégies d’entrave et d’affaiblissement.

Au regard de la complexité de ce dossier et des nombreuses investigations à réaliser, une cellule nationale d’enquête est alors créée, composée d’une trentaine d’enquêteurs de la Gendarmerie Nationale issus de la SR de Marseille ainsi que de l’unité nationale de police judiciaire (UNPJ) récemment créée.

Les investigations ont permis de déterminer que les chefs présumés constituent un « triumvirat » agissant de concert ou en autonomie sous le couvert de l’organisation criminelle dénommée « DZ mafia ». L’enquête a également mis en exergue de très nombreuses complicités d’individus exerçant des rôles divers : lieutenants, tenanciers de points de deal, collecteurs, fournisseurs de moyens et logisticiens, prêtes-noms, investisseurs et blanchisseurs ; ces éléments permettant de caractériser les infractions criminelles déjà citées. 
La complicité de l’avocat d’un des dirigeants de la « DZ mafia » a également été matérialisée au cours de l’enquête. Il aurait prêté son concours pour fournir un moyen technique de communication permettant la poursuite d’agissements possiblement répréhensibles depuis le quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) au sein duquel il était pourtant incarcéré. Cet avocat a été interpellé, placé en garde à vue, mis en examen puis placé lui-même en détention provisoire.

Concernant le blanchiment de ces activités criminelles, une précédente opération réalisée en septembre 2025 avait permis de déterminer que des membres de l’organisation recouraient au service d’un réseau international de confiance appelé hawala (système de transfert d’argent). Cette opération avait engendré la saisie de plus de 40 millions d’euros en France et en Italie. Les liens avec ce réseau ont été confirmés lors de l’opération conduite en début de semaine.
La poursuite des investigations a révélé l’existence d’un blanchiment qualifié « de proximité » permettant à de nombreux auteurs et complices de réaliser de substantiels profits ou de s’entre-aider en investissant dans de nombreux commerces ou dans l’immobilier. À ce titre, 12 biens immobiliers ont fait l’objet de saisies pénales.
De nombreuses sociétés commerciales, telles que des sociétés de location de véhicules ou de formation, ont aussi été créées spécifiquement pour injecter des fonds et servir de vecteur de blanchiment. 
La « DZ mafia » a également infiltré le milieu du rap qui servait alors à la fois de source de revenus, de vecteur de blanchiment mais également de « relais publicitaire » pour la franchise.
 

© BCOM PACA

L’opération « Octopus » menée par les militaires de la gendarmerie le 9 mars 2026 a permis l’interpellation de 42 objectifs. 33 individus ont été interpellés dans 6 départements et 9 ont été extraits de différents centres pénitentiaires. Sur l’ensemble des objectifs interpelés, on décompte 9 femmes, preuve d’une féminisation du narcotrafic. Elles occupent principalement des rôles de messagères, de logisticiennes ou de blanchisseuses. 
Parmi ces 42 mis en cause, 26 ont été présentés devant un magistrat. 11 ont été placés sous
contrôle judiciaire et 15 sont actuellement incarcérés.

Au cours de cette opération, de nombreuses saisies ont été réalisées au titre des avoirs criminels : de nombreux articles de luxe (sacs, chaussures, montres…), du mobilier et 19 véhicules (dont 10 véhicules haut de gamme : Mercedes C300, C43 AMG, A45 AMG, Audi R8 Spyder, trois RS3, une RS7, Golf R8, Fiat Abarth, 8 motos et 3 quads). Ont également été découverts 3 armes de poing et un montant de 212 000 euros a été saisi (numéraire, cryptomonnaie et comptes bancaires).
Le total des saisies pénales effectuées sur cette opération dépasse les 4 millions d’euros.

Aux côtés de la SR de Marseille, l’opération a mobilisé plus de 1000 personnels et un large éventail des moyens de la Gendarmerie : 6 unités de force mobile, le GIGN, plusieurs hélicoptères, des équipes cynophiles et l’ensemble des moyens de l’UNPJ-GN (Office central de lutte contre le travail illégal - OCLTI, Unité nationale d’investigation - UNI, Unité nationale cyber - UNC,  Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale - IRCGN) ainsi que les SR de Lyon, de Nîmes et de Caen.

Ce nouveau coup de filet contre la « DZ mafia » a permis d’atteindre des personnes importantes dans la structure, incarcérées ou non, ainsi que plusieurs individus qui leur prêtent concours et assistance, quand bien même ils exercerent une profession réglementée. Pour la première fois depuis la promulgation de la loi « Narco » en juin 2025, la qualification d’association mafieuse a été utilisée pour viser ceux qui gravitent autour de l’organisation sans commettre directement les crimes. Cette enquête et les résultats produits démontrent l’efficacité de la nouvelle stratégie de lutte contre les réseaux structurés de criminalité organisée.


Contacter la gendarmerie

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77

Ces contenus peuvent vous intéresser