Déplacement du Directeur général de la Gendarmerie nationale aux Antilles

  • Par le commandant Céline Morin
  • Publié le 10 mars 2026
© COMGEND Martinique

Le Directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d’armée Hubert Bonneau, s’est rendu en Guadeloupe et en Martinique du 3 au 8 mars 2026. Pendant quatre jours, il est allé à la rencontre des personnels des deux commandements de la gendarmerie (COMGEND) et de leurs renforts issus de la gendarmerie mobile, de la garde républicaine et des unités de gendarmerie départementales de métropole (missions de courte durée).

Le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, est arrivé en Guadeloupe le 3 mars 2026 en début de soirée, où il a été accueilli par le général Christophe Perret, Commandant de la gendarmerie (COMGEND) de la Guadeloupe. Dès son arrivée, il a pu échanger avec les personnels de l’état-major, les commandants de compagnie, les militaires de l’antenne GIGN (AGIGN), de la Section de recherches (S.R.), ainsi que des escadrons déplacés.
Le lendemain, après la cérémonie des couleurs au camp Dugommier, en présence des autorités administratives, militaires et judiciaires, le DGGN a visité le grand port maritime de Guadeloupe, à Baie-Mahault, en présence de son président et a assisté à une présentation du Groupe d’action de l’État sur le littoral (GAEL). À l’invitation de monsieur Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe, le général Bonneau a ensuite déjeuné à la préfecture à Saint-Claude, accompagné du premier président de la cour d’appel, du procureur général, du directeur territorial de la Police nationale, du directeur régional des Douanes et du commandant militaire.
 

« Plus inventif que les criminels : la posture du COMGEND 971 »

© COMGEND Guadeloupe

L’après-midi s’est poursuivie au sein de la caserne de Bonne-Terre où plusieurs présentations ont été proposées autour du thème : « Plus inventif que les criminels : la posture du COMGEND 971 ». 
Ont notamment été abordés les nouveaux champs d’action du renseignement criminel (RensCrim), appuyé par l’action du Peloton d’intervention de la garde républicaine (PIGR) et l’exploitation des informations de la Cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS) de l’OFAST et de la Section d’appui judiciaire (SAJ). La coopération internationale de proximité menée au profit de toutes les Antilles a pu être illustrée par un exemple vécu en direct avec l’interpellation par le COMGEND voisin de Saint-Barthélemy et Saint-Martin d’un suspect recherché par le FBI.
Un focus a également été consacré au démantèlement des gangs, mettant en lumière, sur la base de leur cartographie précise, les résultats obtenus par la Brigade de répression des armes et de lutte contre le crime organisé (BRACO), mise en place depuis le 1er septembre 2025 au sein du COMGEND, ainsi que la coordination entre la section de recherches, pour le volet investigations, et l’antenne GIGN, pour le volet intervention spécialisée.

Le 5 mars, deuxième jour de sa présence sur l’île, le général Bonneau a tout d’abord participé à une commission de concertation réunissant un panel représentatif des personnels du COMGEND, à la caserne Dugommier. Il a ensuite visité le Centre régional d’instruction (CRI) de la gendarmerie, rencontrant les formateurs et stagiaires d’une formation nationale déconcentrée sur le secourisme, puis le cantonnement des gendarmes mobiles et des gardes républicains, et enfin le hangar abritant les véhicules Centaure.

Après une rencontre avec le maire de Sainte-Rose sur les perspectives d’une commune soumise à de très forts enjeux d’ordre public, de délinquance et de cohésion sociale, l’après-midi s’est déroulée dans cette commune, avec la visite de la brigade de quartier de La Boucan, puis de la Brigade territoriale autonome (BTA). À cette occasion, le Directeur général a échangé avec les militaires de l’unité ainsi qu’avec les renforts de gendarmes mobiles détachés au sein de la brigade et ceux déployés en Détachement de surveillance et d’intervention (DSI). Une dernière présentation lui a permis de valider les grandes orientations du schéma immobilier du COMGEND.


En Martinique, échanges opérationnels et perspectives

© COMGEND Martinique

En fin d’après-midi, le DGGN s’est envolé vers l’« île aux fleurs ». Il a été accueilli par le général Yvan Carbonnelle, COMGEND de la Martinique. Le soir même, un dîner a permis de premiers échanges avec des officiers de l’état-major ainsi qu’avec les conseillers concertation officier et sous-officier.
Le vendredi 6 mars, avant un entretien avec le général Carbonnelle, le Directeur général s’est rendu à La Trinité. La séquence a débuté par la cérémonie de montée des couleurs, suivie d’un échange avec les militaires de la compagnie. Une démonstration du dispositif de Brigade territoriale mobile (BTM) et de l’Équipe de secours et de sauvetage opérationnelle de la gendarmerie (ESSOG) lui a ensuite été présentée, avant une visite de la caserne et une rencontre avec les militaires de l’antenne GIGN.

L’ESSOG est un dispositif innovant du COMGEND de Martinique, mis en place après les émeutes de fin 2024. Il repose sur des réservistes opérationnels de la Gendarmerie nationale qui ont un emploi d’infirmiers ou de pompiers dans le civil. Leur mission dans nos rangs est d’apporter un appui au COMGEND en matière de secourisme lors des opérations sensibles de police judiciaire ou de police administrative, avec des véhicules et du matériel dédiés. À titre d’exemple, lors des violences urbaines en septembre 2025, ils ont pu immédiatement porter secours à des gendarmes mobiles blessés par arme à feu.

Après un déjeuner à l’invitation de monsieur le préfet Étienne Desplanques à sa résidence, puis un entretien avec M. Patrice Cambérou, procureur général près la cour d’appel de Fort-de-France, le général Bonneau s’est rendu à la brigade de proximité de Rivière-Salée. Accueilli par un piquet d’honneur, il a rencontré les militaires ainsi que les familles touchées par les émeutes de 2024. À cette occasion, une présentation du démantèlement du point de deal et du bureau d’ordre lui a également été faite.

En fin d’après-midi, à Rivière-Pilote, le DGGN s’est immergé au sein du dispositif de l’opération SCOTOPELIA, visant à défendre, par des moyens terrestres, aériens et nautiques, le trait de côte et ainsi à lutter contre les trafics côtiers inter-îles transitant par voie de mer (notamment drogues, armes et munitions, tabac de contrebande, pêche illégale). Menée d’initiative et de manière innovante par la gendarmerie depuis février 2025, elle mobilise en permanence plusieurs militaires pour surveiller les zones de débarquement et d’embarquement ainsi que leurs abords immédiats sur l’ensemble de l’île. Elle permet la conduite d’opérations régulières de contrôle des ports de pêche et des marinas, notamment avec l’appui de chiens spécialisés dans la recherche de stupéfiants et d’armes à feu embarqués avec la Brigade nautique (B.N.), ainsi que l’engagement de la Section aérienne de gendarmerie (SAG), en appui de la B.N., afin d’améliorer la détection le long du littoral. Elle comprend surtout la recherche, la valorisation et le partage du renseignement criminel avec l’ensemble des partenaires, dont les Armées et la Marine nationale pour l’action de l’État en mer, la police et les Douanes.

Cette immersion, très appréciée, a permis au Directeur général d’échanger longuement avec les personnels engagés ce soir-là (compagnie locale, Escadron départemental de contrôle des flux / EDCF, gendarmes mobiles), autour d’une collation prise sur le terrain, en présence de représentants des Douanes et de l’Action de l’État en mer, invités pour l’occasion par le COMGEND.
Le 7 mars, le général Bonneau s’est rendu à la caserne Gerbault, à Fort-de-France, afin de rencontrer les gendarmes mobiles du Groupement tactique de gendarmerie (GTG) et de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) d’Aurillac. Il a ensuite rejoint Morne-Desaix pour une réunion riche en interactions avec de nombreux officiers d’état-major et commandants d’unité du COMGEND.
Les échanges ont notamment abordé la coopération internationale, avec entre autres le renforcement de la coopération entre l’antenne GIGN et les forces saint-luciennes, ainsi que les relations avec la Communauté caribéenne (Caricom), organisation régionale réunissant 22 pays et territoires des Caraïbes à laquelle la Martinique adhère depuis février 2020.

Avec la création prochaine de l’antenne SDAO pour appuyer les opérations, la convergence entre le renseignement et la police judiciaire a fait l’objet d’un focus particulier, permettant d’aborder les relations avec les partenaires, la répartition des objectifs et la formation à la gestion des sources.
Par ailleurs, un point a été réalisé avec la S.R. et le Groupe interministériel de recherches (GIR) sur la criminalité sur l’île, notamment la part importante d’homicides dans l’activité judiciaire, les trafics d’armes et les phénomènes de blanchiment. Le DGGN a pu constater les excellents résultats obtenus par les enquêteurs.

Les modalités locales de mise en œuvre de la réforme des escadrons départementaux de contrôle des flux ont également été présentées, en particulier l’implication de l’unité dans le volet police judiciaire, la formation des enquêteurs spécialisés en immigration irrégulière, l’intégration de la brigade nautique, ainsi que les liens avec la brigade de gendarmerie des transports aériens.
Enfin, le traitement des trafics par la compagnie du Marin, la problématique des refus d’obtempérer commis par des deux-roues, le positionnement de l’antenne GIGN dans le contre-terrorisme maritime et la lutte contre la criminalité organisée, ainsi que les actions de prévention conduites auprès des communautés chrétiennes (évangélistes et adventistes, très présentes sur le territoire) et en milieu universitaire ont été évoqués. 

Le Directeur général est intervenu en conclusion, avant un temps d’échange avec les participants auquel étaient également conviés des représentants des Forces Armées aux Antilles (commandant supérieur, Régiment du service militaire adapté, aumônier).

L’après-midi a été consacré à la rencontre avec les militaires du Centre opérationnel et de renseignement de la gendarmerie (CORG) et de la Section d’appui judiciaire et de renseignement (SAJR), où lui a été présentée la mise en œuvre, depuis plus de deux ans, de la convergence entre renseignement criminel / renseignement d’ordre public, ainsi que les Coordonnateurs du renseignement administratif et judiciaire (CRAJ) mis en place dans chaque compagnie.
Avant son retour en métropole, le général Bonneau s’est déplacé d’une part à la Section aérienne de gendarmerie (SAG) et d’autre part à la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA), qui lui a présenté son action de contrôle des flux dans la zone réservée de l’aéroport et aux abords de l’aérodrome.

Tout au long de ces quatre jours, ce déplacement a permis au Directeur général de constater le remarquable engagement quotidien des militaires des deux COMGEND au service de la sécurité des populations guadeloupéennes et martiniquaises. Il a salué leur sens du devoir, leur adaptabilité et a félicité les gendarmes pour la qualité des résultats obtenus en matière de lutte contre la criminalité sous toutes ses formes.

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