Cher : dispositif robuste de la gendarmerie pour sécuriser le rassemblement musical illégal aux côtés des services de l’État
- Par Hélène THIN
- Publié le 04 mai 2026
Un rassemblement musical non autorisé, ayant réuni jusqu’à 17 000 participants au plus fort de l’événement, se tient actuellement dans le Cher, près de Bourges, sur l’emprise du polygone de tir militaire de la Direction générale de l’armement (DGA), connu pour sa dangerosité. La gendarmerie conduit une manœuvre sur le temps long afin d’encadrer étroitement ce rassemblement et constater les infractions. Le ministre de l’Intérieur s’est rendu sur place ce dimanche 3 mai 2026.
Un rassemblement musical non autorisé a débuté dans la nuit du jeudi 30 avril au vendredi 1er mai 2026 dans le Cher (18), sur les communes de Cornusse, Bengy-sur-Craon et Ourouer-les-Bourdelins, sur l’emprise du polygone de tir militaire de la Direction générale de l’armement (DGA), strictement interdite d’accès. Le site est qualifié de « très dangereux » par les autorités en raison du risque d’explosion de munitions historiques de la Seconde Guerre mondiale encore enfouies, en particulier au niveau des zones boisées périphériques.
Malgré des dispositifs de contrôle nocturne mis en œuvre dans le Cher et dans les départements voisins, conjugués aux efforts des unités de renseignement, les représentants de l’État ont dû faire face à l’afflux soudain et massif de 2 000 véhicules sur le site du polygone dans la nuit de jeudi à vendredi.
Les organisateurs et les participants ont poursuivi le rassemblement, en dépit des risques connus et réaffirmés par les autorités. Deux obus découverts depuis vendredi à proximité immédiate du site du rassemblement ont d’ailleurs nécessité l’intervention des démineurs de la DGA.
La manifestation, ayant rassemblé quelque 17 000 participants au plus fort de l’événement, se poursuit actuellement. Ce lundi 4 mai 2026, les participants quittent progressivement les lieux, sous le contrôle des gendarmes, qui maintiennent le dispositif de sécurisation.
Déploiement d’un dispositif de sécurisation solide et évolutif
Afin d’encadrer cet événement à haut risque, un dispositif renforcé et capable de monter en puissance a été déployé dès les premières heures par la Gendarmerie nationale, avec l’appui du Centre zonal des opérations (CZO) de la zone de défense et de sécurité Ouest.
650 militaires au total, associant gendarmes départementaux et mobiles, appuyés par des moyens spécialisés - équipes cynophiles, Section de protection et d’appui drones (SPAD), Lutte anti-drones (LAD), forces aériennes de la gendarmerie, etc. - sont actuellement engagés sur le terrain, sous la conduite du colonel Anthony Clerbout, commandant du Groupement de gendarmerie départementale du Cher (GGD18), et sous l’autorité du préfet. La manœuvre s’inscrit dans la durée pour prévenir tous les risques associés à cet événement, en complémentarité des autres services de l’État.
Les gendarmes ont pour mission de renseigner, d’assurer le contrôle de la zone, notamment des flux sur quatorze points différents autour du site, de réprimer les infractions et d’empêcher tout trouble à l’ordre public supplémentaire.
À cette heure, plus de 21 000 contrôles ont été effectués. Plusieurs milliers d’infractions ont été relevées. Douze individus ont été interpellés, dont cinq ont été placés en garde à vue.
Les risques et les nuisances sonores ou environnementales impactant fortement les populations environnantes, notamment les agriculteurs, sont également pris en compte par les autorités.
Déplacement du ministre de l’Intérieur sur les lieux, aux côtés des services de l’État
Arrivé sur le site du rassemblement ce dimanche 3 mai en fin de matinée, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a effectué un survol de reconnaissance de la zone à bord d’un hélicoptère de la gendarmerie. Accompagné du général de corps d’armée André Petillot, Major général de la Gendarmerie nationale (MGGN), le ministre a visité le dispositif de sécurisation et rencontré les forces engagées sur le terrain ainsi qu’au sein du poste de commandement, auxquelles il a apporté son soutien plein et entier.
Il a également rencontré les membres du dispositif de secours (45 pompiers et 30 secouristes de la Protection civile), déployés au plus près du rassemblement.
Laurent Nuñez a rappelé la détermination du gouvernement à réprimer plus fermement tout rassemblement de ce type. « Pour que cela ne se reproduise plus, il faut durcir les sanctions », a-t-il déclaré.
Malgré ce rassemblement dans le Cher qui n’a pu être évité, les gendarmes, grâce à leur engagement, parviennent régulièrement à déjouer l’organisation d’événements de ce type. Ce dimanche 3 mai, par exemple, la réactivité des militaires a permis de mettre un terme à un rassemblement musical interdit de 150 personnes sur la commune de Trigance, dans le Var.
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