Le ministre de l’Intérieur se rend sur un contrôle de flux organisé dans le cadre du dispositif « Villes de sécurité renforcée »

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 31 mars 2025
Le ministre de l'Intérieur s'entretenant avec le général de division Le Gentil.
© GEND/ RGPL

Ce vendredi 28 mars 2025, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, s’est rendu à Nantes Métropole afin de se faire présenter le dispositif « Villes de sécurité renforcée » mis en place dans l’agglomération. À cette occasion, il a pu assister à un contrôle des flux organisé par la gendarmerie en périphérie nantaise, dans la commune de Couëron.

Le 12 février dernier, le ministre de l’Intérieur avait envoyé aux préfets une circulaire pour leur demander de mettre en œuvre une nouvelle doctrine d'action contre les violences et le narcotrafic, baptisée « Villes de sécurité renforcée ». Dans la continuité des opérations « Place Nette » menées depuis plusieurs mois, cette doctrine, mise en œuvre dans des villes touchées par la violence, l’utilisation d’armes à feu dans les quartiers et le trafic de stupéfiants, s’appuie sur les outils à disposition des préfets, et notamment l’occupation de l’espace public par les Forces de sécurité intérieure (FSI). 25 villes sont concernées, dont Nantes Métropole. Les opérations sont notamment menées dans les Quartiers de reconquête républicaine (QRR) et complétées par des actions en périphérie.

Ce vendredi 28 mars 2025, Bruno Retailleau s’est justement déplacé dans l’agglomération nantaise afin de constater la mise en place de ce dispositif. Après avoir assisté aux actions menées en zone police, le ministre a poursuivi sa visite en se rendant dans la commune de Couëron, aux abords de la route nationale 444, en zone gendarmerie. Accompagné de plusieurs autorités, dont Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique, Carole Grelaud, maire de Couëron, Rodolphe Amailland, président de l’association des maires de Loire-Atlantique, le général de division Laurent Le Gentil, commandant la région de gendarmerie Pays-de-la-Loire et le colonel Benoît Tonanny, conseiller gendarmerie auprès du ministre de l’Intérieur, le ministre de l’Intérieur a pu assister à une opération de contrôle des flux d’ampleur, organisée par la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Nantes et l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de Loire-Atlantique.

Tenir la périphérie afin d’empêcher l’étalement de la délinquance

19 des 24 communes de la métropole nantaise se situent en zone gendarmerie. Bien que la majorité des Quartiers de reconquête républicaine (QRR) se trouvent en zone police, les opérations menées dans ces territoires doivent nécessairement être complétées par des actions conduites en zone gendarmerie, comme l’explique le lieutenant-colonel Cécilia Agez, commandant la compagnie.

« Le dispositif « Villes de sécurité renforcée » ne peut pas fonctionner si les opérations se concentrent uniquement sur les QRR. D’une part, les délinquants qui commettent à des infractions dans ces quartiers empruntent nécessairement le réseau routier situé en périphérie, et donc en zone gendarmerie. D’autre part, ces opérations entraînent un effet de déplacement de la délinquance vers nos territoires, qu’il est impératif de contenir. Le point que nous tenons aux abords de la RN 444 est stratégique. Il s’agit d’un nœud routier situé à l’ouest de la métropole, permettant à la fois d’accéder à deux QRR ainsi qu’à Saint-Nazaire et aux départements du Maine-et-Loire et de la Vendée. »

Sous les ordres de l’officier, pas moins de trente gendarmes contrôlent les véhicules empruntant la route nationale et les axes adjacents. Les gendarmes départementaux de la brigade de Couëron et du Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Nantes sont renforcés par les motocyclistes de l’EDSR, une équipe cynophile spécialisée dans la recherche de Stupéfiants, d’armes et de billets de banque (SAMBI), ainsi que par la Cellule de lutte contre le travail illégal et les fraudes (CELTIF).
Ce dispositif, visible et conséquent, se veut donc complémentaire aux autres actions menées sur le territoire. Ainsi, dans le même temps, outre les opérations conduites en zone police, des contrôles de flux sont organisés par les compagnies de gendarmerie limitrophes, par exemple à Rezé. « L’effet final recherché est d’interdire la libre disposition des axes aux délinquants, poursuit le commandant de compagnie. Nous cherchons à prendre l’ascendant sur l’adversaire en le mettant en insécurité par la création d’un effet de tenaille. Nous le devançons en tenant ses points de passage obligés, situation qui le contraint à avoir des comportements anormaux que l’on va pouvoir détecter dans le cadre de nos contrôles. »

Harceler les délinquants par la mise en place d’un « battle rhythm »

Ces opérations de contrôle des flux se sont multipliées ces derniers mois et ont vocation à se renforcer encore dans le cadre du dispositif « Villes de sécurité renforcée ». L’objectif est de ne laisser aucun répit aux délinquants.

« La compagnie de Nantes s’appuie sur six unités territoriales, explique le lieutenant-colonel. Nous mettons en œuvre des opérations à différentes échelles afin d’avoir une continuité d’action dans le temps et d’assurer un « battle rhythm » interdisant la libre disposition de l’espace public aux délinquants. »

Ainsi, chaque mois, la compagnie organise deux opérations d’ampleur de « Villes de sécurité renforcée » et de lutte contre la fraude. Les brigades, appuyées par le PSIG, mettent également en œuvre des contrôles à leur niveau. La police municipale peut également y être associée. « Selon la typologie de délinquance et l’effet recherché, ces opérations ont vocation à saturer les axes de la compagnie, avec une forte visibilité, ou au contraire à être plus discrètes, afin de surprendre les délinquants », résume l’officier.

L’opération menée ce vendredi a permis de relever des infractions relatives à la sécurité routière, à des faux documents et à législation sur les stupéfiants. Quelques heures plus tard, un autre contrôle organisé dans la périphérie de Saint-Nazaire a donné lieu à un refus d’obtempérer. Les gendarmes ont jalonné le véhicule qui a finalement été intercepté à Nantes par le PSIG de Rezé. L’interpellation du conducteur et de sa compagne, puis la perquisition ont permis la découverte de 14 000 euros, de deux armes de poing (9 mm et 6,35) et de produits stupéfiants (250 grammes de résine de cannabis et 130 grammes de cocaïne). « L’illustration concrète de la nécessité d’imprimer une cinétique opérationnelle « battle rhythm » intense », conclut le général Le Gentil.


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