Lutte contre le trafic de drogue : le ministre de l’Intérieur rencontre les gendarmes dans le cadre de son déplacement en Ille-et-Vilaine

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 02 novembre 2024
Table ronde organisée à l'occasion de la venue du ministre de l'Intérieur à Rennes.
© DICOM/ Florian Branchoux

Le vendredi 1er novembre 2024, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, était en déplacement à Rennes afin d’évoquer la lutte contre le trafic de drogue. Au cours d’une table ronde, la gendarmerie a pu évoquer les actions qu’elle mène déjà en ce sens.

Ces derniers mois, les règlements de compte liés aux trafics de stupéfiants sévissent sur tout le territoire national. Parmi les derniers en date, celui ayant gravement blessé un jeune garçon de 5 ans sur la commune de Pacé le 26 octobre 2024. Alors que l’enfant se trouvait à l’arrière du véhicule et que son père conduisait, ils avaient été pris en chasse par un second véhicule. Les individus cagoulés se trouvant à bord avaient ouvert le feu, touchant l’enfant à la tête à deux reprises. Bien que son état soit stabilisé, son pronostic vital est toujours engagé.
L’enquête ayant permis d’établir les liens avec le trafic de stupéfiants du quartier de Maurepas, à Rennes, le parquet de Rennes a décidé d’affecter ce dossier à sa section en charge de la criminalité organisée (JIRS) et d’adjoindre aux services spécialisés de la gendarmerie déjà saisis (section et brigade des recherches) ceux de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la police nationale de Rennes, ainsi que l’antenne de Rennes de l’Office anti-stupéfiants (OFAST), l’ensemble de ces services travaillant désormais en co-saisine sous l’autorité de la JIRS de Rennes.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Intérieur s’est déplacé à Rennes, soulignant « l’hyperviolence générée par la criminalité organisée. » Après s’être rendu dans le quartier de Maurepas, puis au commissariat de police de Rennes, le ministre a participé à une table ronde organisée en préfecture, avant d’effectuer une conférence de presse.
Étaient présents à cette table ronde, Françoise Gatel, ministre déléguée chargée de la ruralité, du commerce et de l’artisanat, Frédéric Teillet, procureur de la République, Amaury de Saint-Quentin, préfet de Bretagne et d’Ille-et-Vilaine, des sénateurs et députés, des élus de la ville de Rennes, des représentants du conseil régional et départemental, de la police nationale et de la police municipale, mais également trois responsables de la gendarmerie, le général de division Éric Chuberre, commandant en second de la région de gendarmerie Bretagne, le colonel Nicolas Bénévent, commandant le groupement de gendarmerie départementale d’Ille-et-Vilaine et le colonel Cyrille Martin, commandant la section de recherches de Rennes.

Le général de division Éric Chuberre, commandant en second de la région de gendarmerie Bretagne, le colonel Nicolas Bénévent, commandant le groupement de gendarmerie départementale d’Ille-et-Vilaine et le colonel Cyrille Martin, commandant la section de recherches de Rennes, rencontrant le ministre de l'Intérieur.
© DICOM/ Florian Branchoux

Organiser la lutte contre le trafic de stupéfiants en trois temps

Au cours de sa venue, le ministre a évoqué sa volonté d’organiser la lutte contre le trafic de drogue en trois temps.
Bruno Retailleau a d’abord souligné la nécessité d’apporter une réponse immédiate en renforçant la présence des forces de l’ordre sur le terrain. Il a ensuite mis en avant le rôle du travail d’investigation, avant de détailler les moyens permettant de briser l’écosystème du trafic de drogue à plus long terme.

Sur X, le ministre a rappelé que « pour briser l’écosystème de la drogue, c’est une riposte sur tous les fronts que nous allons déployer. Ce sera long, mais nous gagnerons cette guerre. »

Pour y parvenir, Bruno Retailleau veut frapper financièrement les trafiquants mais aussi les consommateurs, « en passant de la banalisation de la consommation à la responsabilisation de celle-ci. »

La région de gendarmerie Bretagne pleinement impliquée dans la lutte contre le trafic de drogue

Au cours de la table ronde, le général de division Éric Chuberre a notamment pu évoquer le plan d’action zonal de lutte contre les stupéfiants créé en décembre 2023 par le général d’armée Hubert Bonneau, désormais Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN).

 

Ce plan est structuré en quatre axes. Il vise à renforcer les contrôles des points d’entrée (ports, aéroports, gares, etc.), à maintenir la pression sur les flux et lieux de revente de stupéfiants, à favoriser la mise en œuvre d’une coordination inter-services et à donner les moyens matériels et d’aide à la conduite des opérations nécessaires aux groupements de gendarmerie de la région de gendarmerie Bretagne. Le général de division Chuberre a également évoqué la nécessité d’agir dans le cadre d’une coproduction de sécurité avec les élus locaux, afin de permettre une approche à la fois économique et territoriale.

Le colonel Nicolas Bénévent a illustré le propos par des actions concrètes menées en Ille-et-Vilaine et en soulignant la nécessité d’agir dans une dimension globale en raison de la porosité qui existe entre les zones urbaines et rurales. Les faits constatés et les actions menées en zone police ont des implications en zone gendarmerie, ce que la ministre Françoise Gatel a confirmé en rappelant que « les trafics s’étendent à l’ensemble des territoires. »


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