Raid humanitaire : quatre gendarmes de la brigade de Pacy-sur-Eure se préparent à prendre le départ de la 16e édition du Trophée 205

  • Par Commandant Céline Morin
  • Publié le 20 janvier 2023, mis à jour le 24 janvier 2023

Quatre participants autour d'une 205 trophée bleue

© DR

Le 1er mai prochain, quatre gendarmes de la brigade territoriale autonome de Pacy-sur-Eure prendront le départ de la 16e édition du 205 Trophée. Un raid de 10 jours et 4 000 km à travers le Maroc, alliant challenge sportif et caractère humanitaire. Rencontre !

Parcourir près de 4 000 km à travers le désert marocain en Peugeot 205, c’est le challenge que s’apprêtent à relever quatre gendarmes de la brigade territoriale autonome de Pacy-sur-Eure (Eure).

Mais en s’inscrivant à la 16e édition du 205 Trophée, Muriel, Kévin, Arthur et Cédric recherchaient, au-delà du défi sportif, une aventure humaine qui les rassemble et qui ait du sens. En cela, ce raid automobile dédié à la mythique Peugeot répondait à leurs attentes, puisqu’il n’est en rien une compétition au sens strict. En effet, pas de notion de vitesse ou de chrono, seulement de la topographie pour « coller » à l’itinéraire et surtout un volet humanitaire à travers la distribution divers matériels à des écoles et des associations sélectionnées par l’organisation de l’épreuve.

Des valeurs communes

« Un jour Kévin a lancé l’idée dans le bureau, un peu comme un défi, raconte Muriel. Après ces deux dernières années, marquées par la pandémie et la distanciation sociale, on voulait vraiment mener à bien un projet ensemble. » Et celui-ci est qui plus est porteur de valeurs communes à la gendarmerie : cohésion, entraide, résilience et dépassement de soi.

Mais avant toute chose, les gendarmes présentent leur projet à leur commandante de compagnie, afin d’obtenir son accord pour partir tous les quatre en même temps sans obérer la continuité du service, « surtout en étant trois officiers de police judiciaire ».

L’aval obtenu (avec enthousiasme), il leur faut passer à l’étape suivante, et non des moindres : trouver des véhicules ? « On pouvait soit investir dans des voitures déjà prêtes pour la course ou en trouver à restaurer, explique Kévin. Les circonstances décident pour eux : « Muriel et son mari, passionnés de véhicules, possédaient déjà une 205, et celui qui allait devenir notre sponsor principal, et au fil de l’aventure, un ami, nous a proposé une seconde 205, ainsi que l’aide technique et le matériel pour la remettre en état, lui-même ayant pour projet de participer un jour à ce raid. »

En mai 2022, ils créent leur association, du même nom que leur équipe, judicieusement baptisée « Jamais 2 sans 5 », non seulement en référence à la voiture, mais aussi à la présence d’un 5e membre, Raphaël, tout aussi investi et prêt à partir si l’un d’eux ne pouvait pas prendre le départ (en l’occurrence, Arthur devrait intégrer la formation de motocycliste au CNFSR de Fontainebleau en même temps que le raid, NDLR).

Recherche de financements

En septembre dernier, ils se lancent véritablement dans les préparatifs, s’attaquant au financement de leur projet, dont le coût global pour les deux équipes est estimé à 12 000 euros, incluant les 70 kg de dons (matériel scolaire, informatique, médical, médicaments, jouets, etc.) par véhicule.

La recherche de sponsors est « un gros morceau », mais les petits ruisseaux font les grandes rivières et les multiples soutiens reçus leur permettent d’organiser plusieurs actions : élaboration et vente d’une rondache créée par une gendarme du sud de la France, vente de viennoiseries sur les marchés de Noël de Pacy et de Menilles, loto en janvier 2023 à Pacy et peut-être une ultime action au printemps pour finaliser le budget.

« La vente de chouquettes, bretzels et muffins donnés par un boulanger partenaire nous a permis de réaliser 560 euros de gains, que nous avons investis dans l’achat des lots du loto, pour lesquels le supermarché local nous a accordé une réduction de 50 %. Les communes nous soutiennent également à leur niveau, en nous offrant par exemple les emplacements sur les marchés ainsi que l’utilisation de la salle communale pour notre loto. Nous essayons de privilégier les entreprises locales, insiste Kévin. Le projet fédère les énergies, en interne comme en externe. On a aussi le soutien à 100 % de notre hiérarchie et de nos camarades, qui nous aident à chercher des sponsors. Cela nous a rapprochés tous les quatre, mais plus largement toute la brigade. »

Atelier mécanique et conduite

Dans le même temps, les deux véhicules prennent forme, l’un entre les mains expertes de Stéphane, le patron de Top garage à Pacy, l’autre entre celles de Muriel et de son mari.

« Il y a un cahier des charges très précis à respecter. Le véhicule subira d’ailleurs un premier contrôle technique à Rouen et un dernier à Biarritz, avant le départ, explique Kévin. Stéphane réalise tous les travaux, mais on passe au garage dès qu’on peut pour mettre la main à la pâte, à l’exception de Muriel, qui joue à domicile. Cela nous permet aussi de nous former pour être en mesure de faire quelques réparations en autonomie sur le parcours : changer une roue, un cardan, les filtres, un amortisseur, faire une vidange… Mais en cas de grosse casse, les organisateurs interviennent en lien avec des mécanos locaux. Stéphane va aussi nous sensibiliser à une conduite sportive sur un terrain privé. »

Dix jours de raid dans le désert marocain

Les gendarmes quitteront Pacy-sur-Eure le 27 avril, direction Biarritz, pour un ultime contrôle technique, avant de rejoindre Almería, au sud de l’Espagne, où ils embarqueront le 29, à destination du port de Nador, au Maroc. Le départ de la première étape y sera donné le 1er mai, dans la foulée du débarquement.

Comme chaque année, le parcours réservera quelques surprises, mais les incontournables seront bien au programme de ces 10 jours de raid : les dunes de l'Erg Chebbi, puis celles de Chegaga, la traversée du Lac Iriki, la plage blanche… avant l’arrivée à Agadir et une ultime étape « récompense » jusqu’à Marrakech, où les participants passeront la nuit dans un riad.

Munis de leur road book, les équipages devront ainsi parcourir près de 400 km par jour, avec pour seule contrainte de respecter scrupuleusement l’itinéraire, sauf pour aller porter assistance à d’autres participants (l’organisation suit les participants grâce à une balise GPS, NDLR). « Administrativement, il doit y avoir un pilote et un copilote, mais concrètement on va tourner tous les jours. Au regard du tracé et des 4 000 km à parcourir, il y aura forcément des difficultés. On va rapidement arriver sur les pistes. Et dans l’Atlas, ce sera assez caillouteux. Nous aurons aussi trois jours en autonomie, avec deux nuits sous tente. Il faudra prendre en compte les écarts de température : de 20/25 degrés en journée à - 5 degrés la nuit », note Kévin.

En contact par radio VHF, les deux équipes de gendarmes, baptisées « PAM 298 » et « BGE 297 », en clin d’œil à la gendarmerie, ne « se lâcheront pas » : « On sera à 100 ou 200 mètres max. On ne fera pas une course dans la course. On a vraiment prévu de vivre cette aventure ensemble », insiste Muriel.

Et si tout se passe bien, les quatre gendarmes envisagent déjà de renouveler l’aventure !

À noter

vous pouvez d’ores et déjà suivre l’actualité de l’équipe (et la soutenir) sur sa page Facebook et son compte Instagram (jamais_2sans5_trophy), qui continueront d’être alimentés durant la course, en fonction du réseau.

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