Série d’incendies sur le territoire : les gendarmes mobilisés pour assurer la protection de la population

  • Par Lieutenante Floriane Hours
  • Publié le 10 août 2022, mis à jour le 03 février 2023
© CABCOM GIRONDE - DR

En Lozère, dans l’Aveyron, le Maine-et-Loire, le Morbihan, mais aussi en Isère, en Gironde ou encore en Charente… Une série d'incendies s’est déclarée depuis le début du premier week-end d’août, aux quatre coins du territoire. Alors que les pompiers luttent sans relâche contre le feu, les gendarmes sont eux aussi mobilisés en première ligne, pour assurer la protection de la population, habitants et vacanciers, ainsi que la sécurisation des zones évacuées.

C’est un paysage de désolation qui se dessine à Mostuéjouls, dans l’Aveyron. En deux jours, l’incendie qui s’était déclaré à Le Massegros, en Lozère, s’est étendu au département voisin, brûlant au passage plus de 700 hectares et menaçant de nombreux campings et habitations. Alors que 600 pompiers sont mobilisés pour contenir le feu, qui pour l’heure n’est toujours pas maîtrisé, plus de 50 gendarmes de la compagnie de Millau ont été déployés pour évacuer 3 000 personnes, dont 1 000 habitants et 2 000 vacanciers. Dans la nuit de lundi 8 à mardi 9 août, vers 2 heures du matin, les militaires se sont rendus dans les campings et dans les villages menacés pour pré-alerter la population et conseiller aux résidents de préparer leurs affaires en vue d’une évacuation imminente. Deux heures plus tard, à 4 heures du matin, c’est cette fois pour leur indiquer d’évacuer les lieux qu’ils sont revenus. Une opération en deux temps qui a permis à la population d’être mise à l’abri dans les meilleures conditions possible. Dans la journée de mardi et ce mercredi 10 août, les gendarmes se sont régulièrement rendus sur les sites accueillant les personnes évacuées (gymnases, salles des fêtes, etc.) afin de les rassurer et de les informer du dispositif de sécurisation mis en place dans les quartiers et campings évacués, par les militaires du Peloton de surveillance et d’intervention (PSIG), pour prévenir les atteintes aux biens.

Protéger, sécuriser

Aux quatre coins de la France, le même scénario se répète. Plus au nord, en Isère, ils sont plus de 40 gendarmes à avoir été mobilisés pour évacuer 170 personnes, sécuriser les axes routiers proches de l’incendie et fermer trois routes départementales. Parti vendredi des contreforts du massif de la Chartreuse après un impact de foudre, l’incendie a poursuivi sa course plus bas dans la vallée, sur le secteur des communes de Voreppe et de La-Sure-en-Chartreuse, brûlant au passage plus de 130 hectares de végétation. Pour le moment, le feu, qui a mobilisé quelque 300 pompiers, ne progresserait plus.

La Charente, la Drôme, la Gironde et le Maine-et-Loire vivent des situations similaires. Entre la fin du week-end et lundi, plusieurs incendies se sont déclarés dans ces départements, mobilisant à leur tour pompiers et gendarmes. Les uns pour lutter contre les flammes, les autres pour mettre à l’abri la population.

Dans la forêt du Pugle, dans le Maine-et-Loire, 1 240 hectares sont partis en fumée et 700 autres sont menacés. Sur le terrain, plus de 50 personnes ont été évacuées par 52 gendarmes départementaux, également engagés pour la protection et la reconnaissance des lieux isolés. Lundi après-midi, cet incendie a fait naître un nouveau point de vigilance. En effet, se propageant sur la commune de Beauregard, il s’est en effet rapproché d’un camp de déminage, où sont stockés des munitions et des obus de la Seconde Guerre mondiale. Le site nécessitera une surveillance accrue jusqu’au terme de l’incendie.

Plus au sud, en Charente, près de 150 hectares de forêt ont été détruits dans un incendie qui s'est également déclaré lundi en fin de journée. Alors que 220 pompiers sont à pied d’œuvre, les gendarmes de la zone ont déjà dû évacuer une trentaine de personnes, qui ont été installées dans une salle des fêtes.

En Gironde, après le traumatisme causé par les incendies de Landiras, qui a ravagé près de 13 000 hectares de forêt en juillet dernier (dans le même temps 7 000 ha partaient en fumée à la Teste-de-Buch), de nouvelles reprises de feu ont été détectées sur le secteur. Alors que les pompiers sont de nouveau au front pour éteindre l’incendie, qui a déjà brûlé 7 000 hectares, un important dispositif de gendarmerie a été mis en place. Au total, 60 gendarmes départementaux ont été mobilisés, renforcés par l’escadron de gendarmerie mobile 34/6 de Saint-Gaudens et une quinzaine de réservistes. En première ligne, les militaires ont déjà évacué plus de 6 000 personnes, notamment dans la commune de Belin-Beliet, sur la trajectoire directe de l’incendie, et sécurisé l’intégralité du secteur. De nombreuses routes départementales ainsi que l’autoroute A63 ont été fermées. Dans le département voisin des Landes, situé sur l’axe de l’incendie, la gendarmerie est aussi sur le pied de guerre pour faire face au feu, qui a déjà ravagé 5 000 hectares. Cinquante gendarmes ont ainsi été déployés, dont 15 personnels de l’EDSR (Escadron Départemental de Sécurité Routière), 35 de la compagnie de Parentis-en-Born et cinq gendarmes mobiles. Plus de 1 750 personnes ont dû être évacuées ce mercredi 10 août.

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Dans le massif du Diois, dans la Drôme, en Dordogne et du côté de la Bretagne (Morbihan et Finistère), les incendies qui s’étaient déclarés au cours du week-end sont maîtrisés, mais de nombreux pompiers et gendarmes œuvrent toujours pour stabiliser la situation dans leurs domaines d’action respectifs.

Remonter aux sources de l’incendie

Selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS), qui se base sur les images satellites, au 5 août, plus de 47 000 hectares de forêt et végétation auraient été détruits par les flammes en France. Un chiffre historique dû en partie à la forte sécheresse qui touche le territoire cette année, mais aussi à l'imprudence et à la négligence humaines, voire à des actes de malveillance.   

Pour faire la lumière sur l’origine de ces incendies, les enquêteurs de la gendarmerie interviennent dès la stabilisation de la zone, en mettant en place des cellules d’investigations, généralement composées de personnels d’unités de recherches, d’effectifs des Brigades départementales de renseignements et d'investigations judiciaires (BDRIJ) et de Techniciens en identification criminelle (TIC), qui vont chercher et analyser tout élément pouvant orienter le travail des enquêteurs (mégots de cigarette, etc.).

En fonction de la gravité de l’incendie, de la difficulté d’analyse des éléments et d’autres facteurs, une cellule d’investigations plus complète et transverse peut être déployée : la cellule Recherche des causes et circonstances des incendies (RCCI). Composée de gendarmes issus de la Cellule d'identification criminelle (CIC), de pompiers et d’agents de l’Office national des forêts, cette entité permet de croiser les expertises de chacun pour trouver les origines et très souvent les auteurs des faits.     

Cet été, le travail des enquêteurs a déjà permis d’identifier plusieurs individus. Par exemple, fin juillet, dans l’Hérault, un pyromane présumé a ainsi été arrêté par la Brigade de recherches (B.R) de Lodève. Un autre a été interpellé en flagrant délit dans la Drôme, par les gendarmes de la brigade territoriale et de la brigade de recherches de Nyons. En Côte-d’Or, un incendiaire a été interpellé en flagrant délit début août. Il serait responsable de dix autres départs de feu. Sur les incendies en cours, plusieurs enquêtes ont été ouvertes, notamment en Bretagne, par le parquet de Quimper, pour « crimes de destruction volontaire par incendie ».

Face à ces incendies historiques, qui touchent notamment des régions habituellement épargnées, la gendarmerie nationale et l’ensemble des services de l'État réitèrent les consignes de prévention. Des consignes et des conseils qui sont aujourd’hui, plus que jamais, indispensables à retenir et à mettre en œuvre.

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