La gendarmerie de nouveau récompensée par un prix d’excellence international de la sécurité

  • Par la capitaine Charlotte Desjardins
  • Publié le 14 décembre 2022, mis à jour le 03 février 2023
© D.R.

Ce jeudi 1er décembre 2022, s’est tenue, à Neuilly-sur-Seine, la remise des prix de l’excellence en matière de sécurité. Ces prix sont décernés dans le cadre des « Oustanding security performance awards » (OSPAs), remis dans plusieurs pays à travers le monde. Cette année, en France, la gendarmerie a été mise à l’honneur.

Quatre lauréats ont été honorés par les prix de l’excellence de la sécurité en cette fin 2022, parmi lesquels le général Patrick Perrot, chef du Service de la transformation (S.T.) de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), seul représentant d'une institution publique.

Ce dernier a été récompensé pour la mise en œuvre d'un système d’analyse prédictive de prévention de la délinquance de proximité, par le prix de l’initiative exceptionnelle de la police ou des forces de l’ordre, en présence des membres de l’ASIS international (American society for industry security). Cette association regroupe des professionnels de la sécurité et de la sûreté, dont plusieurs membres ont suivi le MBA de l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN).

L’analyse prédictive repose sur 4 axes principaux

L’outil d’analyse prédictive de prévention de la délinquance, fruit d’un travail collaboratif, est expérimenté en gendarmerie depuis 2017 dans 11 départements, puis s’est vu déployé en 2018 sur l’ensemble du territoire. Il s’agit d’une aide à la décision pour le commandement sur l’orientation du service, en prenant en compte la délinquance constatée au cours des dernières années, celle-ci se manifestant à l’aide de zones de chaleur sur une carte interactive.

Ces données sont prises en compte par le commandement, en complément d’autres paramètres, le tout permettant de mettre en place une stratégie en vue d’orienter le travail de prévention par les patrouilles de militaires de la gendarmerie, mais aussi de rendre plus transparente l'action des forces.

Elle repose sur quatre objectifs majeurs. Il s’agit, tout d’abord, d’orienter le service, car l’analyse prédictive est un outil mis à la disposition des chefs à différents échelons. « C’est un paramètre entrant, comme d’autres, dans la conception du service », précise le général Patrick Perrot, qui commande le Service de la transformation (S.T.), et qui est à l’initiative de ce système. Cette analyse repose sur une étude de faits antérieurs à travers l'application de méthodes mathématiques d'intelligence artificielle. Le commandement se fonde également sur la connaissance de son territoire ou la typologie de sa délinquance par exemple, pour élaborer son service. Le facteur humain, le pragmatisme et le travail de prospective du chef couplés à l’analyse prédictive permettent une prise en compte globale adaptée aux besoins qu’il rencontre sur le terrain.

Au-delà de l’aide à la décision, l’utilisation de cet outil permet également de développer la coproduction de sécurité, en associant différents acteurs du territoire : les élus, les référents, les associations locales ou encore des polices municipales, en fonction des besoins. Ce travail en réseau est une clé essentielle de la sécurité au sein des territoires, sensibilisant les autres acteurs et incitant à la remontée du renseignement. L'objet n'est pas de déplacer des militaires sur chaque zone à risque, mais bien de profiter de la collaboration avec différents partenaires pour agir proactivement à des fins de prévention.

Parallèlement à ces deux premiers piliers, l’usage de l’analyse prédictive participe aussi de la transparence de l’action des forces de gendarmerie. C’est un appui concret pour les échelons de commandement, afin d’expliquer l’action des unités à l’autorité administrative, judiciaire comme politique, mais aussi d'une façon plus globale aux citoyens. « Cet outil nous aide à expliquer les opérations de lutte contre la délinquance que l’on mène, non pour interpeller les malfaiteurs mais pour prévenir les faits », poursuit le général Perrot. Il est ainsi possible de représenter aux différents interlocuteurs les actions de prévention et de contrôle qui seront menées à plus ou moins brève échéance sur le territoire. Sa vocation première est la sécurité publique, c’est pourquoi il doit être utilisé pour faire de la prévention.

L’utilisation de l’analyse prédictive participe enfin à donner du sens à l'action et à mieux comprendre la typologie de la délinquance comme ses déplacements. Par exemple, si une série de cambriolages venait à être commise sur un secteur, sans correspondre à la saisonnalité rencontrée habituellement, il pourrait s'agir plus probablement d'une délinquance itinérante et non d'une délinquance locale. Les modes d'action à mettre en œuvre ne sont pas les mêmes.

De nouveaux enjeux pour améliorer l’analyse prédictive : la gendarmerie nationale, une institution moderne

« Parmi les critiques formulées sur ce type d'outil, revient souvent l'idée d'un simple déplacement de la délinquance. C'est effectivement le cas et même l'objectif, car c'est en se déplaçant que la délinquance, n'étant plus dans sa zone de confort, commet des erreurs. Il est ainsi essentiel, pour améliorer la sécurité d'un territoire, de perturber le cycle de la délinquance, tant sur le plan temporel que spatial. C’est tout l’objet de l’utilisation de l’outil d’analyse prédictive », explique le général Perrot.

L’idée est aujourd’hui d'élargir ces travaux à l’ensemble des interventions de la gendarmerie nationale, sans distinction. Cette évolution de l’outil pourrait être une aide supplémentaire pour les commandants d’unité, afin d’accentuer encore davantage le travail préventif mené par les patrouilles sur le terrain et diminuer le temps d'intervention.

C’est pour cette initiative en constante évolution que le général Perrot a été récompensé par un prix OSPAs, offrant ainsi une reconnaissance à l’international pour la gendarmerie, et montrant de nouveau la puissance d'innovation de l’institution, tout comme son engagement en termes de transparence de son action et de la nécessaire orientation vers la coproduction de sécurité.

Le jury des OSPAs, composé de huit membres, dont le général de division Laurent Bitouzet, commandant de l’EOGN, et le colonel de réserve Rémy Février, a également décerné trois autres prix dans d’autres catégories.

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