Château de Chambord : les cavaliers de la gendarmerie et de la Guardia Civil patrouillent côte à côte

  • Par Lieutenante Floriane Hours
  • Publié le 08 août 2022, mis à jour le 03 février 2023
© GGD 41 - DR

Loin des côtes françaises, les châteaux de la Loire séduisent de plus en plus de visiteurs. Parmi les plus fréquentés, se trouve celui de Chambord. Situé entre Tours et Orléans, cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire chaque année plus d’un million de touristes (1 130 852 en 2019), dont près de 6 000 par jour en période estivale. Des visiteurs qui viennent admirer le château, mais également les jardins et le parc forestier de 5 440 hectares, le plus grand jardin clos d’Europe.

Échanges de compétences et contact avec la population

Pour assurer la sécurité des touristes sur une zone aussi vaste, la gendarmerie nationale déploie un poste à cheval à l’année. Composé de six chevaux, il comprend trois sous-officiers, détachés de la Garde républicaine, et neuf gendarmes adjoints volontaires. Cette année, dans le cadre de la coopération européenne, et plus particulièrement du dispositif de brigades (et de commissariats) européennes, Alejandro, cavalier au sein de la Garde civile espagnole, est venu renforcer ces effectifs. Du 13 juillet au 6 août 2022, cet ancien membre des forces spéciales de la Guardia Civil, désormais affecté à l'escadron à cheval de Valdemoro (Espagne), a fait profiter le poste à cheval de Chambord de son expérience et de ses compétences linguistiques, particulièrement appréciées par les ressortissants hispanophones. Son séjour lui a également permis de se familiariser avec les méthodes de travail de la Gendarmerie nationale. Instructeur en techniques d'intervention au sein de la Guardia civil, il a ainsi eu la possibilité d'échanger avec le Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Blois au cours d'une instruction. Cette rencontre s’est avérée particulièrement instructive pour l’ensemble des participants, leur apportant une plus-value réciproque.

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Des brigades et des commissariats européens bien implantés dans le paysage

Depuis les décisions de Prüm, en 2008, visant à renforcer la coopération transfrontalière entre les autorités policières et judiciaires des pays de l’Union européenne, et plus particulièrement avec la mise en place des brigades et des commissariats européens (BECE), ces échanges de personnels entre les différentes forces de sécurité intérieure européennes et la gendarmerie nationale sont devenues monnaie courante.

Aujourd’hui, toute unité territoriale peut ainsi demander à bénéficier du renfort d'un agent de police ou d'un militaire de la gendarmerie issu d’un autre pays de l'Union européenne, afin d'intégrer et de renforcer temporairement (de 1 à 31 jours) ses effectifs, dès lors qu'il s'agit de missions de sécurité publique (prévention de proximité notamment).

Désormais bien ancré dans le paysage, ce dispositif est largement utilisé en France, notamment dans le cadre des DEPP (Dispositifs Estivaux de Protection des Populations), mis en place dans les zones où la présence de touristes étrangers est particulièrement forte, ou encore à l’occasion de grands événements.

Développer les patrouilles européennes

Pour renforcer ce dispositif de BECE et en démultiplier les potentialités, la cellule des Brigades et commissariats européens de la division Union européenne, sous-direction Europe de la DCIS (Direction de la Coopération Internationale de Sécurité), en charge de ces questions, a signé, le 15 juin dernier, un projet de développement des patrouilles européennes, appelé « Eu-patrols ». Porté par la DCIS, grâce à un Fonds pour la Sécurité Intérieure (FSI), il rassemble six partenaires, parmi lesquels les forces de sécurité intérieure françaises (gendarmerie et police nationales), ainsi que la Croatie et la Police du Portugal (PSP).

L’objectif du projet « Eu-patrols » est donc de faciliter le recours au dispositif existant, en permettant notamment aux différents partenaires de se faire rembourser par l’U.E. jusqu'à 75 % de leurs dépenses éligibles, sous couvert du respect d’un certain nombre de règles. Il s’agit parallèlement d’en développer l’emploi, en rappelant qu’en plus d’être un outil de sécurité publique, basé sur le contact avec la population et les échanges de compétences, ces patrouilles européennes sont également un levier d’action pour lutter contre le terrorisme et la grande criminalité organisée transfrontalière.

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