Cybermenaces : « Une véritable prolifération des outils d’attaque »

  • Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
  • Publié le 08 avril 2026, mis à jour le 08 avril 2026
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Des réseaux de cybercriminels et les « hackeurs de cité » siphonnent les données personnelles de millions de Français, titre Le Figaro (crédit photo Adobe Stock / Tayler Derden).

Pas une semaine ne passe sans qu’une fuite massive de données personnelles liée à une cyberattaque fasse l’actualité, comme le récent piratage d’un logiciel ayant touché 15 millions de Français. Face à cette menace croissante, l’Unité nationale cyber est au cœur de la riposte.

« Nous sommes face à une massification des attaques qui peut, par certains aspects, donner le vertige », avertit le général de brigade Hervé Pétry, commandant de l'Unité nationale cyber (UNC), dans un entretien publié par Le Figaro le 6 avril. Ces cyberattaques se multiplient, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’inquiétant dès 2024 de constater que « le nombre de violations touchant plus de 1 million de personnes a doublé en un an, passant d’une vingtaine à une quarantaine d’attaques réussies »

La cybercriminalité s'industrialise

Le quotidien rappelle qu'une récente attaque informatique a permis de compromettre les données de 15 millions de Français via le piratage d'un logiciel de la société Cegedim Santé. Ces derniers mois, les cyberattaques ont aussi provoqué la fuite de données concernant 1,6 million de jeunes via France Travail, 774 000 étudiants à travers une plateforme de logements, ou encore 1,5 million de victimes après l'attaque du Secrétariat général de l'enseignement catholique.

« Loin d’être une affaire de geeks solitaires, le phénomène cybercriminel s’industrialise avec l’emploi, à grande échelle, de logisticiens mais aussi de “petites mains” de l’informatique qui manipulent une large gamme d’outils mis à disposition sur le marché pour commettre des infractions », affirme le général. 

« Jour après jour, nos spécialistes observent une véritable prolifération des outils d’attaque, accessibles au plus grand nombre, sans nécessairement requérir une grande compétence technique », poursuit-il.

Faire face à la cyberisation de la criminalité

Les cyberenquêteurs classent les pirates en deux catégories : d'un côté, des groupes de cybercriminels structurés au sein de communautés telles que The Com, de l'autre, des « hackeurs de cités », souvent jeunes et autodidactes, parfois repérés et recrutés par de « vrais délinquants ». Majoritairement issus de l’immigration, ils apprennent l’informatique en pratiquant seuls et vivent « en autarcie ».

Lorsque certaines informations confidentielles se retrouvent sur « un même fichier clandestin superpuissant, elles peuvent valoir de l’or et aiguisent les appétits des groupes criminels », souligne le général Hervé Pétry. Il assure que « la gendarmerie a anticipé très tôt (...) la cyberisation de la criminalité », avec un constat : des passerelles se créent entre les hackeurs et des voyous, comme l'illustre le nombre croissant d'enlèvements et de séquestrations visant des individus détenant des cryptomonnaiesL'UNC, « forte de ses 26 antennes », comme le note Le Figaro, verra ses effectifs se multiplier d'ici 2028 pour renforcer la lutte contre ce fléau.

Lire aussi : « Il est de plus en plus facile de se doter d'outils de cyberattaque »

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