Agresseurs sexuels et zoocriminels : ces violences ont-elles un lien ?

  • Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
  • Publié le 21 juillet 2026, mis à jour le 21 juillet 2026
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Le général Ludovic Ehrhart, chef de l'OCLAESP, a introduit le colloque (crédit photo : BCOM / UNPJ).

L'Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (OCLAESP) a invité chercheurs, scientifiques, psychiatres, criminologues, magistrats et avocats pour débattre des convergences entre les auteurs de violences sexuelles commises sur les animaux et sur les humains. 

Plus de 150 personnes ont assisté début juin à l'université Paris Panthéon-Assas à un colloque intitulé « Zoocriminalité et agresseurs sexuels : état des connaissances, enjeux criminologiques et impacts opérationnels ». L'événement a été organisé par la Division nationale de lutte contre la maltraitance animale de l'Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (OCLAESP), aux côtés de l'Institut de criminologie et de droit pénal de Paris et de l'Institut de hautes études du ministère de l'Intérieur (IHEMI).

Réunissant des représentants des forces de l'ordre, de la justice, du monde académique ou de la science, cette journée d'études a porté sur les liens entre les violences sexuelles sur les animaux et sur les personnes. « Un sujet qui m'est apparu au départ très original et qui s'est avéré particulièrement intéressant », confie l'intervenante Aurélie Cappello, maître de conférences en droit et sciences criminelles à l'université de Bourgogne.

« C'est quelque chose de peu connu et on a décidé de s'y atteler »

Devant l'assistance, le général de brigade Ludovic Ehrhart, chef de l'OCLAESP, explique la genèse de ce colloque, initié à la suite d'un signalement sur la plateforme gouvernementale de signalement des contenus et comportements en ligne illicites Pharos « montrant des choses peu ragoûtantes de personnes faisant des actes abjects avec des animaux ». Il confesse qu'une discussion a eu lieu en parallèle au sein de son service sur l'affaire du médecin Joël Le Scouarnec, zoophile et auteur de plusieurs centaines de viols et d'agressions sexuelles. Après des recherches, la division de l'OCLAESP note des liens potentiels entre la zoocriminalité et les actes d'agressions sexuelles sur les personnes. « C'est quelque chose de peu connu et on a décidé de s'y atteler en impliquant la recherche universitaire », précise Ludovic Ehrhart. « Il faut semer cette réflexion à la fois dans la recherche, dans les services d'enquête et au niveau des magistrats (...) pour cerner les auteurs et protéger les victimes », poursuit le général.

Approfondir les connaissances sur les auteurs de violences sexuelles

Les débats ont fait émerger plusieurs constats, notamment celui de l'observation d'une co-occurrence entre les violences animales et les violences interpersonnelles, à l'instar des violences conjugales ou des maltraitances contre les enfants. Les intervenants ont souligné qu'un vécu traumatique durant l'enfance est associé à un risque accru de maltraitance animale.

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© BCOM / UNPJ

Une conclusion a été unanimement partagée : les auteurs de délits et crimes sexuels sur les animaux et/ou les personnes profitent de la vulnérabilité de la victime, d'autant plus quand elle ne peut pas parler. Il faut donc disposer d'outils pour protéger les victimes et mieux identifier les auteurs. Les échanges ont dessiné des pistes de réflexion pour proposer des évolutions dans les pratiques de tous les acteurs concernés. 

L'OCLAESP est un office central rattaché à l'Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie (UNPJ).

Lire aussi : « Un trafic international de chiens entre la Serbie et la France démantelé (VIDÉO) »

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