Réservistes : un soutien essentiel au service de la vérité
- Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
- Publié le 23 juillet 2025, mis à jour le 23 juillet 2025

Le Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale emploie chaque jour des réservistes, au sein de l'Institut de recherche criminelle et du Service central de renseignement criminel. Qu’ils soient experts dans une discipline ou novices, les profils sont divers.
Qualiticiens, scientifiques ou affectés au renseignement criminel, les réservistes occupent une place importante au sein du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN). Retraités ou toujours en activité professionnelle dans le civil, ils peuvent être sollicités pour répondre à un accroissement d'activité, pour apporter leur expertise dans un domaine précis ou pour leur expérience au sein d'un service, que ce soit à distance ou en présentiel.
Sans eux, à titre d’illustration, le projet de recherche et développement Minutia aurait pris davantage de temps à aboutir. Cette innovation intègre une intelligence artificielle permettant aux techniciens en identification criminelle (TIC et TIC de proximité) de déterminer l'exploitabilité d'une trace papillaire issue d'une scène d'infraction.
Le lieutenant-colonel Philippe Malaquin, chef de la Section du pilotage et contrôle de la qualité (SPCQ), a fidélisé des réservistes experts de la trace, deux anciens traceurs du Département fichier automatisé des empreintes digitales (Dfaed). Ils ont travaillé pendant 200 jours en deux ans et ont ainsi « entraîné » l’intelligence artificielle Minutia pour la rendre applicable sur le terrain. Au sein de la SPCQ, le lieutenant-colonel a également engagé un ancien TIC, pour sa réputation d’« excellent pédagogue ». Connaissant les besoins sur le terrain, il a participé à créer des tutoriels adaptés aux actuels TIC sur les nouveaux dispositifs informatiques. Une tâche qu'il a réalisée à distance dans le Vaucluse.
Le réserviste, une réelle plus-value
La réserve offre aussi la possibilité de profiter des talents d’une population civile toujours active. Philippe Malaquin a pu recruter, de manière ponctuelle, un spécialiste combinant une expertise dans le domaine juridique et informatique. Celui-ci est responsable sécurité des systèmes d’information et délégué à la protection des données pour une institution publique. Il a permis de préparer les éléments nécessaires pour mettre les applications de demain en conformité avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Technicien de laboratoire dans la vie active, Paul Delgado propose ses services dans la réserve depuis huit ans au sein du Dfaj (crédit photo : PJGN).
L’expertise est globalement recherchée au sein du PJGN. À la Division du renseignement (DR), certains renforts sont employés pendant quelques jours en raison de leurs connaissances sur une thématique, comme celle des zones portuaires. Dans cette veine, l’expérience d’un retraité, anciennement de la gendarmerie maritime, apporte à la DR une vision technique et une analyse précise d’un phénomène lié à ladite thématique.
Au Département des fichiers des antécédents judiciaires (Dfaj), le besoin est constant et journalier. Dans sa gestion du vivier, le lieutenant Lucien Gourio cherche avant tout des profils fidèles pouvant régulièrement apporter leur concours au service. Hormis des retraités ayant exercé auparavant au Dfaj, les recrues sont formées sur une à deux journées. Les missions consistent à réceptionner, contrôler et appliquer les suites judiciaires de l'ensemble des tribunaux français. Chaque année ce sont près de 130 000 de ces suites qui arrivent sur les bureaux du Dfaj. En moyenne, ce sont trois réservistes qui épaulent quotidiennement le personnel pour mettre à jour les données présentes dans le Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ) : cela peut être la suppression d’un profil qui a été enregistré ou le maintien dans TAJ, uniquement dans un cadre judiciaire. Ce fichier de police est utilisé lors des enquêtes judiciaires, administratives et de renseignement. Les réservistes permettent de tenir des délais courts pour l’application des décisions de justice, conformément aux demandes de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Leurs profils sont variés, allant de l’étudiant au major de gendarmerie, en passant par le douanier.
Les plus expérimentés peuvent aussi prêter main-forte dans les missions de contrôle qualité, ce « deuxième rideau » vérifiant la bonne application de la suite judiciaire dans TAJ.
Des réservistes salués pour leur engagement
Au sein de l’Institut de recherche criminelle (IRCGN) - au-delà des militaires ayant servi l’Institut et ayant rejoint la réserve après avoir quitté le service actif - les réservistes sont principalement issus des métiers de la santé, en particulier dans les missions d'identification des victimes de catastrophes. Le colonel Laurent Chartier, directeur adjoint de l’IRCGN, loue leur dévouement et leurs qualités humaines. Certains ont été déployés sur des événements de grande envergure comme le tsunami en Thaïlande en 2004 ou le crash de l’A320 de Germanwings en 2015 dans les Alpes du sud. La mission en Thaïlande a duré approximativement 10 mois. Des réservistes médecins légistes et des dentistes ont aidé au renouvellement des équipes dans l’identification des victimes. Le colonel estime que cet événement tragique a constitué « un tournant » pour l’IRCGN. L'institut a alors dû faire évoluer ses capacités au sein de la réserve, un vivier qu’il faut « constamment entretenir et prendre soin ». D’une grande motivation, ils sont en effet prêts à fermer leur cabinet privé quelques jours ou semaines pour proposer leurs services sur les missions du PJGN. « La réussite des missions sur l’identification des victimes de catastrophes reposent en partie sur nos réservistes », appuie Laurent Chartier. Une relation de confiance s’est d’ailleurs nouée entre le vivier et l’IRCGN, si bien que de nombreux réservistes sont déterminés et volontaires pour partir du jour au lendemain sur des missions internationales. L’IRCGN les emploie aussi pour des tâches ponctuelles, que ce soit dans le secteur numérique, l’anthropologie ou la balistique. Au Département environnement, incendies, explosifs (DEIE), les renforts permettent par exemple de mettre à niveau un projet ou à jour la documentation. Dans le Département balistique, les réservistes aident notamment dans la vie quotidienne du service, en apportant leurs connaissances, facilitant le suivi de la collection d’armes et participant à la recherche et développement. Le colonel insiste : « Les réservistes sont des personnes extrêmement fières de servir, sans attendre une grande reconnaissance en retour. »« À nous de les récompenser pour leurs investissements », conclut-il.
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