Record des violations de données personnelles : « Tout le monde est une cible potentielle » (VIDÉO)
- Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
- Publié le 21 mai 2026, mis à jour le 21 mai 2026

Les vols de données et les cyberattaques se multiplient année après année. Le général Hervé Pétry de l'Unité nationale cyber appelle chacun à la vigilance. Les hackers sont souvent des adolescents ou de jeunes adultes ayant baigné depuis l'enfance dans les outils numériques et les jeux vidéo.
Invité sur RTL, le général de brigade Hervé Pétry, commandant l'Unité nationale cyber (UNC), avertit que « tout le monde est une cible potentielle » du vol de données sensibles. Et pour cause : leur nombre ne fait que s'accroître année après année selon la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Aucun individu ni aucune entité ne sont épargnés, qu'il s'agisse des administrations, des entreprises et d'organismes de toute taille et de tout secteur.
La santé, une cible privilégiée par les hackers
Parmi les cibles des criminels, le secteur de la santé est particulièrement touché, à l'instar de certains hôpitaux régulièrement victimes de cyberattaques. « Les données de santé sont extrêmement précieuses, confidentielles et intimes. Ces données peuvent se monnayer pour faire du chantage ou pour faire pression sur des gens », explique le général de l'UNC, un office rattaché à l'Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la Gendarmerie nationale.
Hervé Pétry estime que les enjeux de cyberprotection et de cybersécurité doivent être au cœur des réflexions au sein des entreprises, administrations et à titre individuel. Il appelle à renforcer la protection des paramètres de sécurité des systèmes d'information et à « l'hygiène numérique, c'est-à-dire l'appropriation par tout un chacun des règles élémentaires de sécurité ».
Éviter de donner des informations à des intelligences artificielles étrangères
Revenant sur le pirate de 15 ans ayant contribué à la fuite de données au sein de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), Hervé Pétry constate que ce profil est « caractéristique deshackers, avec une moyenne d'âge très basse ». « Ce n'est pas le produit du hasard, ces [jeunes individus] sont nés dans ce monde » où le numérique et le « gaming » (ndlr : jeux vidéo) sont omniprésents, affirme-t-il.
Classiquement, les données volées sont monétisées et revendues sur le dark web ou sur des boucles de messagerie. Le général note une évolution dans la pratique. « Ce à quoi on assiste aujourd'hui - on le voit notamment avec les cryptorapts - ces fuites de données sont aussi un outil de ciblage», précise-t-il, évoquant une augmentation notable des enlèvements et séquestrations d'individus et de leurs proches sur fond de cryptomonnaies, à l'image de l'affaire médiatique Ledger. Il souligne que le « mythe » selon lequel le cryptoactifserait « un outil de blanchiment intraçable et commode est une idée fausse »,. La Gendarmerie nationale parvient à remonter les flux, à tracer les cryptomonnaies puis à récupérer l'argent dérobé avec in fine l'arrestation des auteurs.
Concernant l'explosion de l'intelligence artificielle et des internautes confiant des informations à des outils IA, Hervé Pétry recommande de donner des informations uniquement aux « acteurs français comme Mistral » afin d'éviter les manipulations des données sensibles par des entités étrangères.
Lire aussi : « Cybermenaces : "Une véritable prolifération des outils d’attaque" »
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