« La gendarmerie, pionnière dans l’analyse comportementale en France » (Entretien avec Fabien Olicard)

  • Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
  • Publié le 20 janvier 2025, mis à jour le 20 janvier 2025
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Fabien Olicard a interviewé Audrey Renard (crédit image : chaîne Youtube de Fabien Olicard, « la deuxième chaîne »).

La chef d'escadron au sein du PJGN, Audrey Renard, a été interviewée par le mentaliste Fabien Olicard afin d'explorer le métier d'analyste comportemental (ou « profiler »). Elle a notamment évoqué l'« ouverture d’esprit » de la gendarmerie dans l'enquête criminelle, avec la création d'un département dédié à l’analyse comportementale dès le début des années 2000.

Le célèbre mentaliste Fabien Olicard a invité dans son podcast la chef d'escadron Audrey Renard, analyste comportementale au Département des sciences du comportement (DSC), intégré au sein du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN).

Durant cette interview, elle explique que son métier adopte une approche « scientifique » et « méthodologique », avec des « protocoles structurés pour soutenir, conseiller et aider les enquêteurs dans une enquête judiciaire complexe ». L’éventuel « désordre vestimentaire » est par exemple la première chose étudiée par les analystes comportementaux sur une scène de crime. Ils décortiquent celle-ci pour « essayer de comprendre le passage à l’acte et l’interaction violente ». Il s'agit aussi de détecter « des éléments d’identification de l’auteur [afin de] donner des indices et des pistes de travail aux enquêteurs », quitte à les « réorienter » si le passage à l’acte a été « mal jugé ».

De la scène de crime à la garde à vue

S'ils sont sollicités, les analystes comportementaux « élaborent une stratégie d’audition » pour aiguiller les enquêteurs lors de la garde à vue d’un suspect. Durant celle-ci, les analystes comportementaux peuvent être des observateurs et délivrer leurs conseils. « Si vous comprenez [l’auteur d’un crime], prenez le temps de le comprendre et de l’écouter et si vous avez mis le doigt sur sa motivation... il vous parle », assure Audrey Renard.
Interrogée par Fabien Olicard sur le parcours scolaire idéal pour parvenir à ce métier, elle note qu’il n’y a pas de voie royale et toute tracée pour devenir analyste comportemental en France : « Tant qu’aujourd’hui on ne développera pas un cursus licence/master/doctorat en criminologie, les étudiants et professionnels de la discipline devront faire leur parcours en commençant soit par de la psychologie, soit par du droit, […] la criminologie étant au cœur de ces deux matières. »
Dans un article, le PJGN a récemment détaillé des cursus permettant aux cinq analystes comportementaux de la gendarmerie d’intégrer le DSC. Durant leur intégration, tous ont d’ailleurs reçu une formation dans les locaux du FBI aux États-Unis.

Audrey Renard souligne en outre que la gendarmerie présente une véritable « ouverture d’esprit », en donnant « sa chance à l’analyse comportementale au début des années 2000 ». Elle affirme ainsi que l’institution a fait figure de « pionnière » en intégrant cette spécialité au sein des enquêtes criminelles.

Lire aussi : Comment devient-on profiler en France ?

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