Déterminer les causes d'un accident

Chute d'un véhicule dans un ravin, véhicule retrouvé immergé avec conducteur noyé : dans ces deux cas d'espèces, le véhicule se retrouve au centre des investigations qui permettront d'établir la vérité. L'IRCGN est alors en mesure de projeter ses experts qui vont « autopsier » le véhicule pour tenter de diagnostiquer un éventuel dysfonctionnement. Tels des médecins légistes, ils vont devoir plonger au cœur du véhicule.

Le département Véhicules de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale s’appuie sur de nombreux experts notamment en mécanique automobile (véhicules légers, deux roues, poids lourds, etc). Ces spécialistes en sciences forensiques ont pour mission de diagnostiquer des véhicules impliqués dans des accidents pour tenter d'en déterminer les causes.

Les cas les plus fréquemment rencontrés sont :

     - L'immersion (accident, suicide ou homicide?) ;

     - La perte de contrôle et la chute de véhicules.

   

Cas des véhicules immergés

Dans le cas des véhicules retrouvés immergés, avec un ou plusieurs occupants encore dans l'habitacle, l'enquêteur ou le magistrat cherche à savoir si le moteur tournait au moment de la mise à l'eau.

Pour tenter de répondre à cette question, les experts vont procéder au démontage du moteur afin notamment d'examiner les bielles. Si ces dernières présentent une déformation conséquente, la conclusion du rapport affirmera l'état de marche du moteur lors de l'immersion du véhicule.

Bielle intacte
Bielle déformée

Quand un moteur tourne, le piston effectue des mouvements de type aller-retour dans le corps du cylindre. Si le véhicule s'immerge, l'eau pénètre le cylindre. Étant un liquide quasi-incompressible, la résistance opposée par ce flot va alors déformer la bielle.

    

Cas de chute et de perte de contrôle des véhicules

Dans les cas de chute de véhicule ou de perte de contrôle, il est fréquent de remettre en cause le système de freinage. Les experts procédent à l'examen complet de tous les organes de la chaîne de freinage pour rechercher d'éventuels dysfonctionnements.

Prenons l'exemple de la perte de contrôle d'un bus suivi de son retournement ayant entraîné le décès du chauffeur. Lors de l'examen scientifique, les experts notent de nombreuses irrégularités dans l'entretien du véhicule.

Après reconstruction du système de freinage, certains dispositifs du moteur se sont révélés inopérants. L'ensemble de ces éléments permet donc d'étayer l'hypothèse selon laquelle il y aurait eu un dysfonctionnement au moment où le chauffeur a voulu freiner entraînant une perte de contrôle du véhicule et par conséquent l'accident.

Si nécessaire, le département Véhicules fera appel à un laboratoire externe pour expertiser le liquide de frein et mesurer son taux d'humidité. Les résultats de cette analyse permettront de dire s'il est susceptible d'y avoir eu un phénomène de « Vapor Lock » (ou tampon de vapeur) qui aurait entraîné une absence de freinage lors de l'appui sur la pédale.

Mais qu'est-ce que le « Vapor Lock » ? Pourquoi dégrade-t-il voire supprime-t-il le freinage d'un véhicule ?

   

Explication du phénomène de Vapor Lock

Le liquide de frein est un liquide hydrophile, c’est-à-dire qu’il a tendance à absorber l’eau par son bocal ou par ses flexibles. Son point d’ébullition est voisin de 250°C. A cette température, des vapeurs d'eau apparaissent dans le circuit hydraulique or le liquide de frein est incompressible alors que la vapeur d'eau ne l’est pas. Dans ce cas, un allongement important et brutal de la course de la pédale pouvant aller jusqu’au plancher est constaté, ayant pour conséquence l'inefficacité totale des freins.

Ainsi, en vieillissant, le liquide de frein peut voir son point d'ébullition baisser, il est donc fortement recommandé de le changer selon les prescriptions du fabricant.

    

En conclusion

Les experts du département Véhicules de l'IRCGN sont tous les jours confrontés à de multiples sollicitations concernant des véhicules accidentés. Grâce à leurs connaissances spécialisées en mécanique, ils sont capables d'en déterminer les causes. Mais leur mission ne consiste pas uniquement en la recherche des causes d'un accident, ils ont également d'autres unités d'expertises et couvrent alors d'autres domaines de compétences. Cela fera alors l'objet d'autres articles à paraître.

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