2010 : La création du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale

Des premiers relevés anthropométriques d’Alphonse Bertillon, à la police technique et scientifique telle que nous la connaissons aujourd’hui, plus de 130 ans se sont écoulés. Cette révolution a été possible grâce aux progrès constants de la science et aux veilles techniques et technologiques assurées par les personnels, soucieux d’être à la pointe de la technologie, voire en avance sur la créativité des criminels.

Ainsi, le 28 décembre 2009, le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN) voit le jour. Il regroupe deux entités majeures : l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) et le Service Central de Renseignement Criminel (SCRC).

 

Mise en place du Pôle Judiciaire

L’aveu n’est plus la reine des preuves. De part l’accélération des progrès scientifiques et technologiques, le recueil, le traitement et l’interprétation de la preuve sont aujourd’hui indispensables à la résolution des enquêtes. Les technologies évoluent mais parallèlement de nouvelles méthodes de délinquance émergent aussi élargissant le champ d’action des criminels. Ainsi, pour lutter contre ces menaces, le système doit intégrer trois enjeux stratégiques indispensables à la conduite des enquêtes : la criminalistique, le renseignement criminel et la lutte contre les criminalités numériques. C’est autour de ces trois piliers, dans l’esprit des pôles d’expertise de nos homologues du FBI américain et du BKA allemand, que le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale a été pensé et créé.

 

Entre expertise et proximité

L’expertise au cœur du PJGN

Le PJGN a vocation à animer et à coordonner, sur un même lieu, des compétences pointues en matière de renseignement, de technologie numérique et de criminalistique. Il est composé de trois entités spécifiques :

  • l’Institut de Recherche Criminelle (IRCGN), laboratoire de criminalistique, il compte aujourd’hui une vingtaine de domaines faisant appel aux sciences de la physique et de la chimie, à l’ingénierie-numérique, à la médecine légale, à l’identification humaine et à la biologie génétique;
  • le Service Central de Renseignement Criminel (SCRC), récemment renommé (ancien Service Technique de Recherches Judiciaires et de Documentation) pour prendre en compte des compétences élargies. En effet, il ajoute, au traitement de l’information à finalité judiciaire qu'il pratique depuis trente années, l’intégration de nouveaux outils de traitement de données de masse et de modèles d’analyse prédictive ;
  • le Centre de lutte contre les CyberCriminalités Numériques (C3N) assure le pilotage ainsi que l’appui spécialisé contre la cybercriminalité et les criminalités numériques et surveille les espaces publics de l’Internet.

 

Cet ensemble de compétences permet au PJGN de satisfaire aux missions de transversalité et de projection qui lui sont caractéristiques. Plusieurs domaines d’activités peuvent intervenir sur un même dossier aisément, les compétences étant toutes réunies au même endroit. Tous les experts peuvent également se déplacer en tout lieu et en tout temps (métropole, outre-mer et international) afin de réaliser des actes techniques ou pour aider les premiers intervenants.

 

Former et être formé

Le PJGN est également coordinateur des chaînes territoriales criminalistiques, cybernumériques et de renseignement criminel qui l'alimentent et font appel à son expertise. Plusieurs réseaux, dont « Cybergend », relient ainsi l'ensemble des 2 000 enquêteurs cyber de la gendarmerie répartis aux niveaux central et territorial.

 

Le PJGN joue également un rôle majeur dans la formation continue des techniciens en identification criminelle. Ces gendarmes spécialistes, couvrant tout le territoire national et outre-mer, ont pour mission la gestion de scène de crime et son interprétation avec notamment la réalisation des prélèvements. Sont également formés les spécialistes N’Tech, enquêteurs spécialisés en technologies numériques, pour une mise à jour des dernières nouveautés numériques et des possibilités d’examen associés.

 

Sa localisation privilégiée, proche de l’Université de Cergy-Pontoise, lui offre également de créer de nouveaux partenariats assurant ainsi une formation continue des experts.

 

Favoriser les échanges

La création du PJGN a constitué une étape décisive dans la modernisation du ministère de l’Intérieur. Outre ses compétences d’expertise, il s'insère au sein du dispositif ministériel de sécurité et est acteur de l'avenir grâce à son personnel scientifique et à ses capacités de développement.

 

Ainsi :

 

Cette coordination au niveau national se prolonge au niveau international. En effet, les échanges sont nombreux au sein de la communauté scientifique et notamment réguliers avec certaines unités de police des pays étrangers. Par exemple, le SCRC entretient des relations étroites entretenues avec le FBI et la Sûreté du Québec pour l’analyse comportementale, ainsi que pour les techniques d'aide à l'audition développées depuis plus de 10 ans au sein du SCRC. Les experts de l’IRCGN font également partie de l’ENFSI (European Netwok of Forensic Science Institute) qui regroupe actuellement 63 laboratoires provenant de 36 pays européens. Le PJGN noue également des liens avec d’autres entités telles que Interpol, Europol, Eurojust ou encore la commission européenne.

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