Lauréat du prix histoire - Édition 2025
- Par la rédaction du site CRGN
- Publié le 03 juillet 2025, mis à jour le 03 juillet 2025
Le prix histoire de l’édition 2025 du prix de la gendarmerie a été attribué à Jean-François Chavard, pour son Master 2, soutenu en 2024 sous la direction de Laurent Coste, intitulé La Maréchausséeen Guyenne à la fin de l’Ancien Régime : le portrait de la compagnie de Maréchaussée de Guyenne entre 1750 et 1789.
Cette approche historique apporte un éclairage inédit sur cette ancienne province du Sud-Ouest de la France à laquelle Vanina Bedel avait déjà consacré en 2004 une thèse de droit à l’Université Bordeaux 4, intitulée La Maréchaussée dans la généralité de Guyenne au XVIIIe siècle : 1720-1790. Cette étude territoriale complète également les travaux de Pascal Brouillet dont la thèse sur la maréchaussée d’Ile-de-France devrait paraître prochainement.
S’intéresser à l’une des plus anciennes institutions militaires de la France apporte une meilleure compréhension du processus d’affirmation de l’État face aux pouvoirs locaux à travers son implantation au cœur des territoires. Les fonctions de police et de justice de la maréchaussée de l’époque rendent cette observation plus pertinente encore. De même, sa militarisation progressive au cours du siècle est synonyme de professionnalisation.
La compagnie de maréchaussée de Guyenne s’installe dès 1720 au cœur de la généralité de Bordeaux. C’est une force bien modeste, avec ses 95 hommes en 1750 et 105 hommes en 1780, loin des 1 900 hommes et femmes de la gendarmerie actuelle de Gironde. Pour la même période, la population de Bordeaux passe de 55 000 habitants à 111 000. Mais, de même que pour la gendarmerie d’aujourd’hui, les missions ne manquent pas pour ces cavaliers de maréchaussée de Guyenne.
Grâce au maillage territorial initié en 1720, les brigades sont disposées le long des voies de communication pour en contrôler les flux déjà conséquents. La consultation des archives locales fait ressurgir d’anciennes affaires, comme celle du Grand Théâtre, révélatrice des rivalités locales qui cristallisent les rancœurs entre maréchaussée de Guyenne et jurade bordelaise. Cette plongée dans les archives permet aussi de retrouver des parcours individuels, tout en confirmant l’exigence de ce métier à l’époque, comme pour Antoine-Philippe Puberelle, cavalier à Blaye. « Crachant le sang », il demande à être incorporé à l’Hôtel Royal des Invalides à tout juste 46 ans.
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