La coopération franco-italienne a permis le démantèlement d’un vaste réseau de blanchiment international

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 24 septembre 2025, mis à jour le 24 septembre 2025
© Gendarmerie nationale

Au terme d’une enquête ouverte pour blanchiment aggravé de stupéfiants et association de malfaiteurs menée par la section de recherches (SR) de Marseille en collaboration avec la Guardia di Finanzia (GDF) de Milan, 8 personnes ont été interpellées sur le territoire français et une neuvième en Italie ce mardi 23 septembre 2025.

Après moins d’un an d’enquête en étroite collaboration entre la SR Marseille et la Guardia du Finanzia italienne, une nouvelle série d’interpellation a eu lieu mardi 23 septembre 2025, en complément de celle s’étant déroulée le 7 septembre dernier.

Fin décembre 2024, la Section de Recherches de la gendarmerie nationale Marseille -PACA était informée par la Guardia di Finanzia (GDF) de Milan de l’activité d’une importante organisation criminelle basée à Milan et spécialisée en blanchiment d’argent.
Les éléments communiqués faisaient état d’un vaste réseau international piloté par des individus kosovars et moyen-orientaux qui centralisaient en Italie des sommes de numéraires très conséquentes, avant de les convertir en or et de les exporter sous cette forme vers le Kosovo puis la Turquie. La récupération du numéraire en France et son transport vers l’Italie étaient assurés par des équipes composées de Syriens et de Maghrébins utilisant des voitures avec des caches aménagées très sophistiquées. Ces collectes, dont le montant total pour la période d’octobre 2024 à août 2025 était estimé à plus de 30 millions d’euros, avaient lieu chaque semaine, principalement à Marseille et ses environs, mais aussi à Lyon, paris et en Italie.

Un travail de coopération

Le 6 janvier 2025, le parquet de la JIRS de Marseille ouvrait une enquête préliminaire des chefs de blanchiment aggravé de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de 10 ans d’emprisonnement confiée à la Section de Recherches de Marseille.
Une information judiciaire était ouverte visant à déterminer l’origine des fonds côté français et à mettre au jour l’ensemble des parties prenantes à ce réseau international. Une équipe commune d’enquête était créée entre la France et l’Italie, en lien avec le parquet national anti-Mafia de Rome et le parquet de Milan, avec le soutien d’EUROPOL et d’EUROJUST. Les investigations menées en France, qui ont mobilisé une centaine de gendarmes des SR de Paris, Strasbourg et Chambery, ainsi que du GIGN, révélaient un réseau de collectes composé de nombreuses personnes, ayant effectué les remises d’argent aux Syriens. Certaines d’entre elles, connues notamment pour trafic de produits stupéfiants apparaissaient comme étant directement liées à la DZ Mafia marseillaise.

Un démantèlement en deux étapes

Le 7 septembre 2025, sept personnes étaient interpellées sur commission rogatoire des juges d’instruction français, une opération déclenchée suite à la détection d’un convoi entre l’Italie et l’Espagne. Les perquisitions effectuées permettaient de saisir 55 kg d’or 24 carats sous la forme de 55 lingots de 1 kilo et de plus de 2 400 000 euros en espèces, pour un montant total de huit millions d’euros.
Ces sept personnes étaient mises en examen des chefs de blanchiment aggravé de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de 10 ans d’emprisonnement et placées en détention provisoire.
Hier, le 23 septembre 2025, en lien avec le parquet anti-Mafia de Milan, une seconde opération était lancée à Marseille et dans les Bouches du Rhône (Vitrolles, Marignane, Martigues et Berre l’Etang), ainsi qu’en Italie. Huit personnes éteint interpelées et placées en garde à vue sur le territoire français, ainsi qu’une neuvième en Italie, sur la base d’un MAE. Les dix-sept perquisitions réalisées amenaient à la découverte de 219 000 euros en numéraire, de 5 véhicules et de nombreux éléments de maroquinerie et de joaillerie de luxe.
Dans le même temps, côté italien, 4 personnes étaient interpelées et de nombreuses saisies réalisées.

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