Dans le labo des « experts » de la cocaïne
- Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
- Publié le 14 avril 2026, mis à jour le 14 avril 2026

Alors que la consommation de cocaïne se propage en France, Le Parisien a interviewé les chimistes du Département toxicologie de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Le laboratoire analyse des scellés pour déceler des stupéfiants dans le cadre d'affaires judiciaires.
« La cocaïne inonde désormais l’Europe… et la France est sa porte d’entrée », écrit Le Parisien dans un article faisant état d'une forte hausse de la consommation de cette drogue avec des prix qui ont « considérablement baissé ». En parallèle, se dessine une augmentation du « petit trafic, via des messageries cryptées comme Snapchat ou Telegram », les clients pouvant ainsi être « livrés discrètement à tout moment, sans avoir à se rendre sur un point de deal ». Le quotidien a rencontré les chimistes du Département toxicologie (DT) de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) qui étudient près de 1 500 échantillons chaque année. Ces experts y détectent également de l'héroïne, des champignons hallucinogènes, des PTC (« Pète ton crâne »), de l'ecstasy ou du LSD.
Environ 30 % des billets portent des traces de cocaïne
L'un d'eux explique que « le cliché du consommateur trader à La Défense, c’est terminé (...) La cocaïne est partout, aussi bien à la campagne que dans les grandes villes ». Le Département estime à environ 30 % le nombre de billets portant des traces résiduelles de cocaïne. « Si l’on s’aperçoit que des liasses saisies au cours d’une enquête présentent un taux anormalement élevé, il y a de grandes chances qu’elles soient liées au trafic de stupéfiants », poursuit une experte. Le DT travaille sur réquisition d’un enquêteur ou sous ordonnance de commissions d’experts pour les besoins d’une instruction.
« La première question que l’on doit se poser, c’est : est-ce que le produit est classé stupéfiant ou non ? Il est impossible d’identifier un produit à l’œil nu, et on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Quelques milligrammes de fentanyl suffisent à tuer un adulte », avertit l'un des chimistes du DT.
Le Département toxicologie de l'IRCGN : un laboratoire unique
Le Parisien souligne le professionnalisme du département où « rien n’est laissé au hasard » : « Chaque
instrument est vérifié, chaque geste, effectué selon un protocole très strict. La procédure
d’expertise doit être irréprochable afin d’écarter tout risque de remise en cause ultérieure
devant un juge. » Le journal précise que le laboratoire de l’IRCGN est le seul en France à pouvoir effectuer le profilage chimique de la cocaïne.
Grâce à un financement de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), il travaille en collaboration avec le DEA (l’agence américaine de lutte contre le trafic de drogue) afin de développer une méthode permettant de déterminer l’origine géographique de la cocaïne. L'Objectif est double : améliorer la compréhension des flux de trafic et renforcer l’efficacité des dispositifs de lutte contre les réseaux de narcotrafiquants.
Lire aussi : « Lutte contre le narcotrafic : "Faire en sorte que le crime ne paie plus !" (VIDÉO) »
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