L’UNI : le nouveau bras armé de la gendarmerie contre le crime organisé
- Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
- Publié le 02 mars 2026, mis à jour le 02 mars 2026

Créée par la gendarmerie pour lutter efficacement contre les réseaux criminels, l’Unité nationale d’investigation monte en puissance et renforce progressivement ses effectifs. Depuis septembre, elle a développé des expertises reconnues, notamment dans les affaires d’enlèvements et de séquestrations.
Opérationnelle depuis le 1er septembre 2025 au sein de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la Gendarmerie nationale, l’Unité nationale d’investigation (UNI) a pour mission d’enquêter en priorité sur le haut du spectre de la criminalité, ciblant plus particulièrement sa forme organisée. Sous le commandement de la colonelle Christelle Tarrolle, ses enquêteurs ont dernièrement été à la manœuvre lors du démantèlement médiatisé d’un réseau serbe de blanchiment d’argent, marqué par la saisie spectaculaire de cinq millions d’euros.
Faire preuve d’innovation pour démanteler les réseaux
L’UNI incarne sur le terrain la doctrine portée par l’UNPJ, en adoptant une approche globale, en attaquant les réseaux par leurs failles logistiques et patrimoniales. « Auparavant, on pouvait traiter un dossier de trafic de stupéfiants, en ne traitant que la partie “stupéfiants”. Désormais, l’approche globale consiste à cibler le volet patrimonial pour démanteler un réseau », souligne le lieutenant-colonel Yann Wanson, numéro deux de l’UNI. Pour blanchir l'argent sale, les criminels « utilisent des prête-noms, saucissonnent les sommes, font transiter les fonds par l'étranger, produisent de fausses factures, recourent aux crypto-monnaies ou exploitent des mécanismes type Hawala », détaille-t-il. Dans une approche rénovée des phénomènes criminels, l’UNI s'attèle aussi à « travailler davantage sur les personnes ».
L’UNI apporte également une plus-value par sa capacité de projection. En octobre 2025, un trafic international de produits stupéfiants entre l’Hexagone et La Réunion a été démantelé. Sous l’autorité du parquet de Saint-Denis de La Réunion, la Section de recherches du département Outre-mer a pu compter sur l’UNI pour gérer le volet sur l’Île-de-France, aboutissant à des saisies et des perquisitions fructueuses.
Polyvalents, ses enquêteurs sont en mesure de traiter des dossiers relevant aussi bien de la corruption que des vols en bande organisée, de la recherche de fugitifs ou des trafics d’armes.
Enlèvements-séquestrations sur fond de cryptomonnaies : l’UNI au cœur de la lutte contre ce fléau
Ces derniers mois, l’Unité nationale d’investigation a acquis une expertise dans les enquêtes sur les enlèvements et séquestrations, traitant plusieurs dossiers emblématiques dont l’affaire de Valence, dans laquelle un jeune ressortissant suisse a été pris pour cible. L’immense majorité de ces faits sont liés aux cryptomonnaies. Face à l’ampleur du phénomène, une part importante des effectifs de l’UNI se concentre sur ce type d’affaires. Au point que le commandant de l’UNPJ, le général de division Sylvain Noyau, en a fait une priorité, avec la création d’une task force dédiée, coordonnée par l’unité.
L’UNI soulage les équipes sur le terrain, en prenant notamment en charge certaines dimensions techniques des enquêtes, un volet géographique du dossier voire une partie de l’enquête. « Cela peut être des enquêteurs se chargeant de tout l’aspect téléphonie, comme du volet blanchiment », explique le lieutenant-colonel Yann Wanson.
Il complète en mentionnant que l’UNI peut d’ailleurs être engagée pour « coordonner le dispositif entre l’UNPJ et les sections de recherches face à un phénomène criminel émergent », en dirigeant une task force dédiée, en centralisant le renseignement de plusieurs enquêtes judiciaires, en réalisant une analyse criminelle globale sur la zone gendarmerie, en participant aux instances de prévention de ce phénomène ou en assurant la liaison et la coordination avec la Direction nationale de la police judiciaire de la police nationale (DNPJ) et avec le tout nouveau Parquet national de lutte contre la criminalité organisée (Pnaco).
Le pari de la jeunesse
Pour autant, l’UNI ne repose pas uniquement sur des enquêteurs expérimentés. « Le choix de la jeunesse est assumé, c’est très intéressant d’avoir de jeunes gendarmes pour leur dynamisme et leur souplesse intellectuelle, qui suivent énormément de formations », avance le lieutenant-colonel. L’UNI projette régulièrement des équipes mixtes, dans l’objectif de faire monter rapidement en compétence les plus jeunes : « On enverra toujours un jeune moins expérimenté avec un enquêteur qui a déjà une longue expérience d’unité de recherche. Il apprendra à son contact par capillarité. »
Lors d’une projection, l’UNI apporte donc une réelle valeur ajoutée. Elle sert de point de contact, relayant les besoins de l’unité locale pour mobiliser l’ensemble des compétences de l’UNPJ (expertises scientifiques, cyber, liées au renseignement criminel, etc.).
La criminalité organisée ignorant les frontières, l’UNI s’attache à développer son réseau international. « La motivation est très simple, c'est de nous faciliter la vie dans les enquêtes parce que, parfois, les éléments de réponse ne se trouvent pas en France », précise Yann Wanson. L'autre motivation pour l’UNI : développer des partenariats privilégiés avec des services étrangers lorsque leurs dossiers comportent un volet français, afin de traiter cette élongation nationale.
Dès à présent, l’UNI est active avec des sections de recherches dans plusieurs équipes communes d’enquête, diligentées avec les forces de sécurité intérieure de la Confédération helvétique et de la Belgique. Actuellement forte de 50 enquêteurs, l’unité doit voir ses effectifs fortement augmenter d’ici 2028.
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