Trafic d'armes : de l'impression 3D aux modèles factices modifiés, de nouvelles menaces en France ? (Vidéos)
- Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
- Publié le 17 juin 2026, mis à jour le 17 juin 2026

Face à la multiplication des saisies d'armes artisanales et modifiées en France, Antoine Museau, expert en balistique à l'Institut de recherche criminelle, apporte son éclairage sur un phénomène qui inquiète les autorités, de l'impression 3D aux filières de revente en ligne.
Mi-juin, un atelier de fabrication d'armes à feu en 3D a été débusqué par la la police judiciaire de Toulouse et de Pau. Quatre individus de 17 à 21 ans ont été interpellés, transformant un garage en usine à armes à feu grâce à une imprimante 3D. Ces armes étaient ensuite vendues sur Internet par colis.
Pour France info, Antoine Museau, expert en balistique à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), explique que « les notices - permettant la fabrication d'armes en 3D - sont en source ouverte sur internet ».
Selon lui, les armes 3D en France restent un phénomène « à la marge ». L'acheteur peut y voir un avantage, car elles ne possèdent pas de numéro de série. Néanmoins, un projectile, comme une munition, laisse pour sa part des traces, identifiables par les experts en balistique.
Il affirme que les armes 3D restent encore peu « fiables », puisque même les armes hybrides ont une résistance limitée, « avec un risque d'éclatement au niveau du tir ». « Quelqu'un qui cherche des armes fiables n'ira pas vers la 3D », ajoute Antoine Museau.
La crainte des autorités : une évolution des matériaux, et donc de la résistance, dans l'impression 3D des armes à feu, « avec la possibilité d'imprimer avec du métal ». Si le phénomène demeure aujourd’hui limité, les évolutions technologiques et l’amélioration constante des matériaux en font un sujet particulièrement inquiétant.
Le phénomène des armes factices transformées en armes à tir réel
Au-delà de la technologie 3D, la France - qui « reste un grand pays d'armes » de par la circulation de millions de modèles comme les armes de chasse ou de reliques des guerres mondiales - fait face à une autre menace : la modification d'armes factices.
Le 16 juin, un trafic international d'armes, de stupéfiants et d'êtres humains a été démantelé dans les Alpes-Maritimes. 10 personnes ont été interpellées. Les perquisitions ont permis de saisir des armes de poing et des munitions, ainsi que 31 000 euros en espèces, des véhicules de luxe ou de nombreux objets de valeur.
L’opération a été pilotée par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille. Les enquêtes ont notamment été menées par la Section de recherches de Fréjus. Le réseau était dirigé par un homme incarcéré en Turquie, pays surveillé de près qui serait, selon France 2, au cœur d'une « filière nouvelle et inquiétante » dans la vente d'armes en ligne.
Des armes à blanc modifiées pour être utilisées comme des armes de poing pour l'utilisation de munitions réelles sont en effet l'objet de vastes trafics, car facilement accessibles via Internet et les messageries en ligne. « La Turquie arrive à mettre sur le marché européen des armes de très bonne fabrication et résistantes, même après modifications», précise Antoine Museau. Certaines sont partiellement en acier, les rendant plus résistantes lors du tir. France 2 souligne que la marque Ekol Voltran, située à Istanbul, est prisée. Elle ne fabrique officiellement que des armes factices, mais serviraient aussi aux malfaiteurs.
Lire aussi : « Trafic d'armes : la gendarmerie en Outre-mer se forme à l'UNPJ »
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence
Ces contenus peuvent vous intéresser
Janus : le jumeau numérique des scènes de crime au service de la justice
Le projet Janus permet à des enquêteurs, experts et magistrats de s'immerger...
Article
Une plate-forme départementale d'identification criminelle
Dans chaque département, le groupement de gendarmerie départementale...
Article

