Affaire Flactif : 20 ans après, la parole est aux experts

  • Par la rédaction du site UNPJ - Unité nationale de police judiciaire
  • Publié le 18 février 2026, mis à jour le 19 février 2026
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Le colonel Francis Hermitte a été interviewé par la radio Ici (image d'archive / crédit photo : UNPJ).

La radio Ici a interviewé plusieurs experts de l'Institut de recherche criminelle pour évoquer l'affaire Flactif. Cette affaire criminelle avait causé la mort de cinq personnes. L'ADN jouera un rôle central pour identifier le meurtrier.

La tuerie du Grand-Bornand en 2003 a défrayé la chronique et marqué les esprits par sa violence et la complexité de l'enquête, qualifiée d' « hors norme » par la radio Ici (anciennement France bleu). Aussi surnommée affaire Flactif, cette histoire révélera le meurtre de cinq personnes dans un chalet de Haute-Savoie.

Dans plusieurs podcasts, la radio a interviewé des experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), notamment ceux qui ont permis de « faire parler le chalet ».

Au début des années 2000, Philippe Esperença développe le pôle de la morpho-analyse des traces de sang, « une discipline de criminalistique pour répondre à la question : "Pourquoi j'ai des traces de sang ?"», explique l'expert. Cette discipline permet de comprendre comment celles-ci se sont créées, avec l'usage ou non d'outils.

Le Bluestar, une technologie utilisée pour la première fois dans une affaire criminelle

Il élabore un mélange qui va révolutionner les enquêtes criminelles : le Bluestar. Ce produit sera utilisé pour l'affaire Flactif. Le colonel Francis Hermitte, chef de la Division criminalistique biologie génétique (DCBG) à l'IRCGN, explique que « c'est l'une des premières affaires criminelles médiatiques où cette technologie a été utilisée pour révéler des traces de sang ».

Le Bluestar révèle en effet des indices, notamment la révélation de traces de sang, invisibles à l’œil nu, au sein du chalet. La réaction chimique dévoile des quantités de sang répandues sur une grande partie du logement, nettoyé avant l'arrivée des gendarmes. Grâce à son expertise dans la morpho-analyse, Philippe Esperença assure également que plusieurs de ces traces de sang ont été créées à la suite de « percussions », révélant qu'au moins une personne a été frappée.

Plusieurs traces de sang sont prélevées sur les quatre étages pour une analyse au sein des laboratoires de l'IRCGN. Sur les six profils ADN retrouvés, cinq appartiennent aux Flactif. Le sixième correspond au principal suspect, ciblé par les enquêteurs : David Hotyat, un voisin de la famille. Celui-ci sera condamné en 2006 à la réclusion criminelle à perpétuité. 

L'IRCGN poursuit ses innovations

Comme le souligne Francis Hermitte, cette affaire est l'illustration des capacités de l'IRCGN, pouvant projeter et déployer des personnels spécialisés sur le terrain pour pouvoir « apporter un savoir-faire et des compétences complémentaires aux camarades qui réalisent des investigations ».

Le chef de la DCBG est revenu sur les évolutions de l'analyse ADN (comme les technologies de l'ADN rapide) et mis en lumière le Service central de préservation des prélèvements biologiques de l'IRCGN, dans le but de « conserver les scellés, à partir desquels une trace ADN a été déterminée (...) jusqu'à 40 ans pour pouvoir retravailler sur un scellé en cas de contre-expertise ou de nouvelle expertise ». Dans ses activités de recherche et développement, l'IRCGN s'intéresse actuellement à l'ADN bactérien « pour faire de la caractérisation de fluides biologiques », particulièrement utile sur les affaires d'agressions sexuelles et de viols. Il ne s'agit pas simplement de connaître la personne à l'origine du profil génétique, mais de savoir d'où vient ce profil génétique : est-ce par exemple une trace de contact, de sperme ou de fluide vaginal ? « La flore bactérienne permet d'apporter des réponses à ces questions », affirme Francis Hermitte.

Retrouvez l'intervention du colonel Francis Hermitte sur le site d'Ici.

 

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