FOCUS interview de reconverti accompli !

Lieutenant-colonel de gendarmerie en retraite, Jean-Philippe Berillon est aujourd’hui directeur Métier Sécurité du groupe SAMSIC. Il nous confie son parcours éloquent en matière de sécurité et nous partage, fort de son expérience, de précieux conseils pour mener à bien sa transition professionnelle.

Quel a été votre parcours et temps fort(s) en gendarmerie ?

Mon parcours en gendarmerie est très riche et commence en 1989 par une prise de commandement marquante en tant que premier lieutenant à l’escadron de gendarmerie de Marseille pendant 3 ans. J’y ai commandé le peloton VBRG et l’Equipe d’Intervention. La deuxième année, j’ai eu la chance d’être détaché en Amérique centrale comme chef de secteur opérationnel pour les Nations Unies dans le cadre de la mission ONUSAL.  J’ai vécu des expériences très fortes mais en particulier lors de cette mission mémorable où à la suite d’une intervention j’ai négocié dans le cadre d’une prise d’otage dans une prison salvadorienne, l’extraction de 9 prisonniers promis à la mort lors d’une rixe entre prisonniers de droits communs et prisonniers politiques (ex-escadrons de la mort) qui avait déjà fait 12 victimes. Le moment où nous avons dû, avec deux de mes observateurs entrer dans l’enceinte des détenus pour concrétiser la libération, avec comme sauf conduit la parole du meneur, reste un moment particulier.

J’ai ensuite alterné entre prises de commandement en région et à la Direction Générale (Escadron de gendarmerie mobile de Grasse, et compagnie gendarmerie départementale de Beauvais) et Assistance technique à l’étranger (Sénégal).  Puis j’ai eu un poste en administration centrale pendant deux ans à la DGGN. Durant cette période, j’ai passé et réussi l’école de guerre. Toutefois à l’issu de ma scolarité, j’ai eu envie de faire de la mobilité interministérielle et lorsqu’un poste de conseiller s’est ouvert chez Gaz de France, j’y ai été positionné pendant 3 ans en tant qu’officier satellite.

Pour quelle raison avez-vous effectué une transition professionnelle ?

GDF SUEZ m’a proposé de les rejoindre à l’issue de mon détachement, sur un autre poste et c’est ce nouveau challenge qui m’a plu. On m’a proposé de créer une direction sur un périmètre mondial qui s’occupait de la santé & sécurité au travail, sûreté, protection de l’information (cyber sécurité) et gestion de crise. J’ai monté cette direction que j’ai organisée et pilotée pendant 6 ans, jusqu’à ce que le groupe se réorganise, je suis alors allé créer une direction de la sûreté basée à Dubaï, sur le périmètre Moyen-Orient, Asie Centrale et du Sud et Turquie.

Fondamentalement, je ne me suis pas engagé dans la gendarmerie en pensant la quitter un jour. Je pensais au contraire faire toute ma carrière au sein de l’institution, mais le challenge de découvrir un monde nouveau et de créer un projet de toute pièce était intéressant. Pendant trois ans, j’ai défendu un modèle en matière de sécurité au sein du groupe, le fait de passer de la conception à sa mise en œuvre opérationnelle  a été passionnant. Puis, j’ai rencontré des personnes de chez SAMSIC avec qui j’ai eu envie de travailler, c’est un groupe familial, c’est un choix humain basé sur des valeurs qui me correspondent, en partie comme celles que j’ai connu en gendarmerie. Depuis janvier 2020, je suis donc Directeur du Métier Sécurité et j’ai aussi le suivi des Grand Comptes sur EMEA.

Quelles sont les qualités en gendarmerie qui sont appréciées des employeurs ?

Notre sens de l’organisation et de l’adaptation en gendarmerie aide beaucoup pour intégrer une entreprise. Les commandements sont tous différents, les interlocuteurs extérieurs sont nombreux et variés, donc le sens de l’adaptation est fort. Il y a également les valeurs humaines qui motivent le commandement et l’engagement auprès des gendarmes, ce sont des valeurs particulièrement utiles à l’entreprise. Tout n’est pas économique, la première richesse d’une ce sont d’abord ses salariés. Les entreprises se recentrent aujourd’hui mieux sur l’humain comme axe fort de développement de leur politique RSE, or c’est une chose assez naturelle en gendarmerie, de vouloir former, transmettre et faire grandir. Nous avons donc quelque chose à apporter, à partager.

J’ai la chance d’avoir fait de la sécurité un peu partout dans le monde, c’est une grande richesse aujourd’hui d’avoir observé comment la mettre en œuvre et de quelle façon elle est appréhendée dans certains pays. Les facteurs humain et culturel sont déterminants dans le monde des affaires et en général, c’est quelque chose qu’on apprend bien en gendarmerie. Quand on prend un commandement en gendarmerie départementale ou mobile, on découvre des unités qui ont leurs spécificités et on s’adapte à son unité, à ses hommes, tout en donnant sa marque personnelle. Aujourd’hui, l’entreprise découvre le leadership… Les armées et la gendarmerie, façonnent leurs chefs au leadership depuis longtemps, nous avons donc quelque chose à transmettre.

Avez-vous un message à destination des candidats à la reconversion ?

Un départ se prépare, je pense qu’il faut deux années pour mettre en œuvre un projet, faire mûrir sa réflexion afin de partir avec une prise de décision qui sera bien construite. Il est important de partir en étant prêt, sans regrets ni rancœur. On est entré en gendarmerie avec un réel engagement, très fort, aussi fort que celui d’un mariage peut-être. Ce n’est pas rien de passer à autre chose. Je crois aussi qu’il faut s’appuyer sur l’institution, des candidats sont envoyés au réseau et nous qui sommes déjà dans le civil, pouvons aider à la recherche de postes. L’institution et le réseau des reconvertis sont là pour aider les candidats.

Sur ce que l’on veut faire, il ne faut pas avoir d’idée préconçue (on peut faire autre chose que la sécurité), il est bon de bien travailler son choix et surtout d’être conscient du marché de l’emploi. En revanche, il est important de rester ouvert, ne pas se couper des opportunités, éviter de se focaliser sur un niveau de rémunération, ne pas hésiter à rencontrer les personnes et à élargir les contacts. Les points clefs sont de prendre le temps de partir, avant d’accepter un emploi, bien comprendre le poste rencontre les personnes avec qui on va travailler. Il ne s’agit pas que d’un poste et d’un salaire mais d’un environnement dans lequel on doit être certain de pouvoir s’intégrer.

La richesse de mon parcours aujourd’hui est d’avoir balayé l’ensemble du spectre de la sécurité le régalien, au sein d’un groupe comme donneur d’ordres et maintenant du côté prestataire sécurité au sein de SAMSIC FACILITY. C’est une grande chance d’avoir vécu ces trois mondes qui s’apprécient différemment, surtout d’avoir été bien formé en gendarmerie, il ne faut pas oublier cela.

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