Série : À chaque crime, il y a une technique pour confondre le coupable

Quelques traces d’ADN, une goutte de sang, un peu de peinture, une mouche particulière… À chaque crime, il y a une technique pour confondre le coupable : « Les Jours » ont pu se glisser sous le microscope de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) pour raconter de l’intérieur les plus grandes enquêtes sur des meurtres que la science a aidé à résoudre. Les experts : gendarmerie, c’est parti.

Par Catherine Mallaval & Mathieu Nocent // illustrations Clara Dealberto & Jules Grandin

> Episode 1 : Laetitia Perrais, les gendarmes et les quatre scènes de crime

« Les Jours » s’installent dans le labo de la gendarmerie, pour raconter de l’intérieur comment la science aide à résoudre les meurtres.

"Je prenais régulièrement ma voiture personnelle pour remonter à Rosny-sous-Bois les scellés qui contenaient les éléments à analyser dans le cadre de l’enquête » explique, comme s’il s’agissait d’une évidence, le major Jean-Michel Erceau. La cinquantaine, le gendarme, coordinateur de la chaîne criminalistique (Cocrim) au cours de l’enquête sur le meurtre de Laëtitia Perrais, insiste : « J’étais le garant de ces scellés. Je me devais de m’assurer qu’ils arrivaient à bon port. » Sens de la responsabilité palpable jusque dans sa posture très droite, le major n’a jamais lésiné sur les kilomètres pour mettre ses indices en sécurité. Les destinataires desdits scellés ? Les scientifiques de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), alors situé dans son fort historique de Rosny (Seine-Saint-Denis), et désormais installé dans des bâtiments ultra-modernes à Pontoise (Val-d’Oise). Il ne se doute pas encore que l’affaire va les mobiliser comme jamais.

 

Le major Erceau comprend très vite qu’il va avoir besoin de l’aide des experts scientifiques de la gendarmerie pour retrouver Laëtitia Perrais (...)

 

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> Episode 2 : L'affaire Kulik, un "cold case" craqué grâce à l'ADN

Près de dix ans après le meurtre, un gendarme a l’idée d’explorer une technique, alors inédite en France, de comparaison d’ADN. Banco.

Un corps en partie calciné. Un mégot. Un préservatif usagé. La scène de crime présentait de sérieux indices. L’affaire a pourtant bien failli rester un « cold case ». Les faits : dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, à 0 h 21, Élodie Kulik, 24 ans, directrice d’une agence bancaire à Péronne dans la Somme, appelle les pompiers au secours. La communication est brusquement interrompue après des hurlements. Une demi-heure plus tard, son véhicule, une Peugeot 106 rouge, est signalé accidenté à quelques kilomètres avant Péronne sur la D45. Le lendemain, un agriculteur découvre la dépouille carbonisée d’Élodie Kulik dans une décharge sur la petite commune de Tertry, toujours dans la Somme. À ses côtés, un mégot et un préservatif.

Les indices placés sous scellés sont acheminés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), alors à Rosny-sous-Bois, dont le colonel Christian Fillon est actuellement le directeur adjoint. Banco : les scientifiques trouvent des traces d’ADN du suspect (et de la victime) sur le mégot et surtout dans le préservatif. Le sperme est particulièrement riche en ADN. Le département de biologie établit le profil génétique de l’homme. Las. Le « code-barre » du suspect tape dans le vide lorsqu’il est comparé à celui des criminels ou délinquants enregistrés dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). L’homme qui a violé Élodie Kulik est un inconnu. L’affaire ne va pas être simple à résoudre.

Lorsque je suis nommé responsable de la division “atteintes aux personnes”, mon chef Robert Bouche me dit : “Je ne pige rien à tes histoires d’ADN, mais j’ai besoin qu’un œil neuf se penche sur le dossier Kulik.” Le lieutenant-colonel Emmanuel Pham-Hoai

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> Episode 3 : Toutes les larves de son corps

En 2005, le cadavre d’une femme est retrouvé dans une valise. La date du décès ? Inconnue… jusqu’à ce que des mouches entrent en scène.

La science ne peut pas tout », souffle Alexandra Lidove quand Les Jours viennent l’interroger sur une disparition mystérieuse. Celle de Valérie Avril, retrouvée morte en 2005, repliée dans une valise. Une affaire « dans laquelle la famille n’a pas eu justice », désespère l’adjudante. Le dossier est clos. Il renferme pourtant une information d’ordinaire cruciale pour les enquêteurs : un rapport permettant de dater la mort de la victime. Une expertise établie par son département Faune et flore forensiques (le FFF), rattaché à la division criminalistique identification humaine de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

Alexandra Lidove, petite quarantaine, boit son café dans un mug décoré d’insectes. Invite à prendre place dans une salle où des diptères et des coléoptères épinglés mettent un peu de couleur sur les murs blancs, petites taches d’un vert métallique, gris, bleu poussiéreux… Elle montre des armoires ventilées dans lesquelles dorment d’impressionnantes collections de petits invertébrés desséchés, dont les fameuses mouches des cercueils, au thorax bossu. C’est une spécialiste de l’entomologie légale. Sa mission : contribuer à établir le délai post mortem, soit le temps qui s’est écoulé entre le décès et la découverte du corps. Et ce grâce à des indices pour le moins naturels : des insectes nécrophages, surtout des mouches, qui répondent aux noms savants de Lucilia sericata (la lucilie soyeuse, une mouche verte), Sarcophaga carnaria (la mouche à damier ou mouche grise), Calliphora vomitoria (la mouche bleue)…

De sacrées mouchardes, objets de toute une science devenue vraiment opérationnelle en 1992 (...)

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