Liban : une task force d'experts projetée par la gendarmerie

24 experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), spécialisés dans l’identification de victimes de catastrophes, ont décollé hier de Paris, pour prêter main-forte au gouvernement libanais. Cette manœuvre s’inscrit dans un dispositif global, qui inclut tous les acteurs du ministère de l’Intérieur, mais aussi des Armées.

« Le Liban n’est pas seul », écrivait hier, jeudi 6 août, le président de la République, Emmanuel Macron, sur son compte Twitter. « Nous serons là dans la durée aux côtés de toutes celles et ceux qui sauvent, aident, guérissent, reconstruisent (…) ». Depuis le drame qui a éventré Beyrouth en début de semaine, l’aide française envers ce pays frère ne cesse de croître, avec notamment l’envoi, hier, de 24 militaires de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) au sein de l’UNIVC (Unité Nationale d'Identification des Victimes de Catastrophes).

Composée de gendarmes et de policiers, experts de pointe dans leur domaine, cette unité mixte non-permanente est spécialisée dans l’identification des victimes de catastrophes. Elle peut être engagée partout dans le monde, notamment lorsque des Français figurent parmi les victimes, comme ce fut le cas l’année dernière en Éthiopie, lors du crash d’un Boeing 737-800 de l’Ethiopian Airlines. C’est donc aussi le cas pour cette catastrophe survenue au Liban, au cours de laquelle 40 Français ont été blessés et un autre tragiquement décédé, selon le bilan provisoire.

Identifier les victimes

Sur place, la mission des experts de l’ UNIVC est de « fournir un appui technique aux Libanais, à la demande du gouvernement », explique le colonel Franck Marescal, directeur de l’IRCGN. « Nous allons mettre en œuvre tout notre savoir-faire pour identifier les victimes, qu’elles soient françaises, libanaises ou de toute autre nationalité. »

Le premier volet de cette intervention consiste à collecter des renseignements Post-mortem (P.M.) sur les corps, « c’est-à-dire recueillir des indices permettant d’identifier les victimes, comme les dents, les empreintes digitales et de l’ADN », détaille l’officier. Dans son détachement, il emmène donc des médecins légistes, des dentistes, « car les dents sont l’un des premiers vecteurs d’identification », ainsi que deux experts en empreintes digitales et d’autres en ADN, qui « permettront de faire le lien avec les personnes disparues. »

Le second volet concerne la mise en place d’une cellule Ante-mortem (A.M.), dont la mission est de collecter, auprès des proches, des renseignements et des éléments de comparaison ADN datant du vivant de la victime. « Il s’agit de prélever tous les éléments qui auraient été en contact avec la victime avant son décès et nous permettraient de parvenir à son identification, comme des rapports dentaires, des vêtements, une brosse à dents, etc. », précise le colonel Marescal.

Le ministère de l’Intérieur pleinement mobilisé

Ces 24 experts ont donc décollé hier à 20 heures pour Beyrouth, de la base aérienne 107, de Vélizy-Villacoublay. À bord de l’A400M Atlas de l’escadron 1/61 Touraine de l’Armée de l’Air, spécialement affrété, avaient également embarqué une vingtaine de policiers, des marins-pompiers, de nouveaux membres de la sécurité civile ainsi que des éléments de la Croix-Rouge et un personnel du ministère des Affaires étrangères, envoyé pour renforcer l’ambassade française.

Cette projection d’aide française fait suite à une première, la veille. Mercredi 5 août, 55 militaires de l'Unité de sécurité civile n.1 de Nogent-le-Rotrou, spécialistes en sauvetage et déblaiement, ainsi que des experts des risques technologiques, sont en effet partis de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle avec 15 tonnes de matériels. Le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre est quant à lui attendu jeudi prochain au large des côtes libanaises.

Les explosions qui ont ravagé Beyrouth auraient fait, selon un dernier bilan provisoire du ministère de la Santé libanais, au moins 137 morts et plus de 5 000 blessés.

En ce qui concerne les ressortissants français, le bilan fait pour l’heure état d’un décès et de 40 blessés, selon le parquet de Paris, qui a ouvert une enquête ce mercredi, pour « blessures involontaires » et « homicides involontaires », auprès du pôle accidents collectifs, au titre de sa compétence en matière de faits commis à l’étranger impliquant des victimes françaises. « Le parquet de Paris a conjointement saisi la gendarmerie et la police dans le cadre d’homicides involontaires, d’où l’envoi de policiers spécialisés dans le domaine judiciaire », explique le général Bernard Thibaud, nouveau sous-directeur de la police judiciaire de la gendarmerie, présent hier à Villacoublay, où il représentait le major général à l’occasion du départ du détachement.

 

article dans la presse :

Le Parisien

 

Crédit photo : SIRPA GENDARMERIE / MAJ BALSAMO

Article Gend'info : https://www.gendinfo.fr/actualites/2020/liban-une-task-force-d-experts-projetee-par-la-gendarmerie

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