Une femme et des véhicules

M., jeune femme de 29 ans est ingénieur et contractuelle de catégorie A au sein du département Véhicules depuis 4 ans. Embauchée en 2016 à l’issue d’un Master 2 en Physique Chimie Fondamentales et un passage dans les laboratoires de la Marine Nationale, elle est également réserviste en Gendarmerie depuis 7 ans.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer le PJGN ?

Master 2 Physique Chimie Fondamentales dont une partie du cursus faite en Angleterre, puis un projet de recherche au LASEM (Laboratoire de la Marine Nationale) de Toulon via un CAJ (Contrat Armée Jeunesse).

Qu'est ce qui a motivé ce choix de carrière dans le domaine judiciaire ?

Réserviste en Gendarmerie depuis 7 ans, j’ai été amenée au cours de renforts en brigades à assister des Officiers de Police Judiciaire pour requérir des analyses auprès de l’IRCGN. C’est alors que je me suis intéressée plus en avant aux activités de l’Institut et que j’ai découvert l’étendue de son champ de compétences. Mon souhait d’intégrer l’IRCGN s’est forgé au fil des années et de l’évolution de mes études et était dans mes premiers choix de carrière.

Quelles sont les missions de votre service ? Vos activités quotidiennes ?

Au sein du département Véhicules, je fais partie de l’unité Peintures et Polymères. Nos missions sont essentiellement des missions de comparaison et d’identification de peintures (types aérosols ou véhicules) grâce à des bases de données partagées au niveau européen. Mon quotidien est rythmé par la spécificité de chaque scellé judiciaire qu’il faut traiter en laboratoire, le contact avec les requérants, et la rédaction des dossiers.

Pensez-vous que votre profession vous contraint dans votre féminité ?

La spécificité de l’IRCGN réside en le fait que la majorité des personnels qui l’arme sont des militaires, d’où leur capacité de projection opérationnelle. Être une femme dans un milieu militaire n’est pas des plus simples et peut s’avérer assez challengeant au quotidien.

De façon plus personnelle, au-delà des stéréotypes liés à la féminité, j’estime que, bien qu’être une femme au sein de l’Institut ne soit pas chose aisée, la féminité est quelque chose qui n’est pas en relation avec toutes ces manifestations extérieures. C’est quelque chose que l’on a en soi et qui n’a pas nécessairement besoin de se manifester sur le lieu de travail. Au-delà de l’expression de la féminité, c’est le respect et la considération sans distinction de genre qui sont fondamentaux.

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

Rigueur, détermination et une grande adaptabilité.

Quels sont les défis que vous avez dû relever en tant que femme lors de votre prise de fonction ?

Le plus grand d’entre eux a été de prouver que j’avais ma place et les compétences pour le poste pour lequel on m’avait recrutée. Ensuite, sur le plan humain, le challenge a été de me faire accepter et respecter sans être 100% conforme au moule souhaité, c’est-à-dire en restant fidèle à moi-même.

Pensez-vous qu'être une femme soit un désavantage ou une force ?

Si la question est dans le sens « est-ce qu’être une femme apporte quelque chose de supplémentaire ou pas sur son lieu de travail ? », j’estime que l’égalité des genres ne vient pas par la domination de l’un ou de l’autre. Et donc qu’être un homme ou une femme n’est pas plus une force ou une faiblesse que de pouvoir soulever quelque chose de lourd ou savoir être à l’écoute car aucun de ces exemples ne détermine un genre en particulier.

Par contre si la question repose plus sur une comparaison de la considération homme-femme dans le milieu professionnel, alors c’est actuellement un désavantage d’être une femme car, pour un même poste, il nous faut fournir plus de travail que nos pairs masculins pour obtenir la même considération.

Une affaire vous a-t-elle plus particulièrement marquée, notamment en tant que femme ?

Pas particulièrement.

Comment voyez-vous votre avenir ? Pensez-vous qu’il aurait été différent si vous aviez été un homme ? 

Mon avenir sera tel que je souhaite qu’il soit. Cela aurait été plus facile si j’avais été un homme, et pas seulement sur le plan professionnel, mais la finalité sera la même.

Auriez-vous un conseil à donner aux jeunes femmes actives ?

Ce ressenti par rapport aux femmes dans le milieu professionnel est commun à beaucoup de milieux, que ce soit l’armée ou d’autres. Dès l’instant où vous choisissez une voie qui est historiquement majoritairement masculine, il faut avoir à l’esprit que les choses seront plus compliquées pour une femme. Cela ne devrait pas être une norme, mais pour autant c’est quelque chose que j’aurais souhaité entendre durant mon cursus scolaire. Quoiqu’il en soit, je pense qu’il est important d’aller à l’encontre des stéréotypes bien ancrés dans notre société quant aux métiers que l’on peut exercer ou pas selon notre genre (par exemple, les femmes sont faites pour être secrétaires tandis que les hommes sont excellents en maçonnerie).

Mon conseil : si vous aimez ce que vous faites et que votre travail vous apporte satisfaction, continuez, qu’il soit conforme ou pas aux stéréotypes. Mais surtout, permettez-vous d’avoir des perspectives de carrière qui sortent des sentiers battus si vous pensez que cela vous épanouirait.

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