Un choix professionnel pour une vie de famille

S., 38 ans, sous-officier, est Maréchal-des-Logis Chef depuis 5 ans, depuis son arrivée au PJGN. Elle est enquêteur Police Judiciaire au sein du Service Central de Renseignement Criminel, la Division Opération Atteintes aux biens. , SCRC, DO, atteintes aux biens.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer le PJGN ?

J’ai travaillé dans le secteur privé avant mon incorporation. Je suis entrée en gendarmerie tardivement, vers 26 ans. J’étais déjà maman de deux petits garçons de 4 et 5 ans à l’époque. J’étais mère célibataire. C’est d’ailleurs ce qui m’a motivé à intégrer la Gendarmerie. Sortie d’école, j’ai été affectée en Ile-de-France, j’étais volontaire pour cela. J’ai œuvré pendant 8 ans à la Brigade Territoriale Autonome de MONTFORT- L’AMAURY dans le 78 (compagnie de Rambouillet). J’y ai passé l'examen d'Officier de Police Judiciaire. Puis j’ai répondu à l’appel à volontaire du Service Technique de Renseignement Judiciaire et Documentation (ancien SCRC) pour lequel j’ai été retenue et où j’y ai passé quelques mois avant de déménager avec lui à PONTOISE.

Qu'est ce qui a motivé ce choix de carrière dans le domaine judiciaire ?

Honnêtement : une 3ème grossesse. Déjà mère célibataire sur le terrain, à l’arrivée d’un 3ème enfant, je me suis dit que ce n’était plus envisageable. J’y aurais laissé ma tranquillité et ma solde. A dire vrai, avant cette grossesse, je m’étais fixée un tout autre parcours : toujours dans le domaine judiciaire mais je visais la Section de Recherches de Versailles.

Quelles sont les missions de votre service ? Vos activités quotidiennes ?

Je suis à la Division des Opérations au SCRC, j’interviens en soutien des unités de Police Judiciaire. Mon domaine de prédilection, étant affectée au département des atteintes aux biens, est le « vol au préjudice des personnes âgées ». L’ensemble des faits commis sur tout le territoire me remontent et de ce fait, je suis en mesure de cibler des équipes ou de révéler des phénomènes.

Pensez-vous que votre profession vous contraint dans votre féminité ?

Absolument pas, même lorsque j’étais sur le terrain. C’était même une force dans bien des cas (notamment pour désamorcer des situations).

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

L’empathie. Puis la rigueur et l’enthousiasme. Toujours garder à l’esprit qu’on travaille pour les victimes.

Quels sont les défis que vous avez du relever en tant que femme lors de votre prise de fonction ?

Mon sexe ne m’a jamais causé de problème dans mon métier.

Pensez-vous qu'être une femme soit un désavantage ou une force ?

Je pense que c’est un avantage. L’uniforme fait de nous un militaire mais notre sexe nous rend plus humain. Encore une fois, je pense terrain. Au PJGN, il n’y a, à mon sens, aucune différence. Nous n’avons plus de contact avec les victimes. Quant aux mis en cause, nous sommes trop nombreux lors des interventions pour qu’ils voient la différence.

Une affaire vous a-t-elle plus particulièrement marquée, notamment en tant que femme ?

Je ne sais pas si c’est en tant que femme, mais chaque mort à laquelle j’ai eu à être confrontée m’a fait de la peine. Je sais que je fais souvent preuve de beaucoup d’empathie. Est-ce à cause de ma condition de femme ? Je ne sais pas. Je répondrai donc par la négative à votre question, pas en tant que femme.

Comment voyez-vous votre avenir ? Pensez-vous qu’il aurait été différent si vous aviez été un homme ? 

Quand mes enfants auront grandi, je pense retourner en Unité de Recherche sur le terrain. Je pense plus à une Brigade de Recherches qu’à une Section de Recherches. Il est évident qu’il aurait été différent. En effet, la maternité change indéniablement une carrière. C’est une question de choix et n’est pas soumis à jugement.

« Si j’étais un homme,  je serai capitaine », sûrement… ou pas car je ne serais pas entrée en Gendarmerie.

Auriez-vous un conseil à donner aux jeunes femmes actives ?

Ne faites pas de votre sexe quelque chose de discriminant, de manière négative, tout comme de manière positive. Vous êtes gendarme, point.

Actualités


Un accident mortel avec délit de fuite élucidé en moins de 24 heures

Vendredi 28 août, dans le nord de la Charente, un chauffard percute deux...

Equidés mutilés : le commandant du SCRC sur BFM

Lundi 21 septembre 2020, le colonel Bouillie commandant le service central...

Opération de recrutement au PJGN

Le mercredi 23 septembre 2020, le Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale...