Sur les empreintes d'une femme gendarme

M., 44 ans, est adjudant et adjointe au chef du groupe Traces au sein du Département Fichier Automatisé des Empreintes Digitales (DFAED) du Service Central de Renseignement Criminel. Elle est mariée et mère de 3 enfants.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer le PJGN ?

Je suis sortie de l’École de Gendarmerie de MONTLUCON le 16 février 2000 après 1 an de formation. J’ai été affectée à la Brigade Territoriale de MAYET (72) jusqu’au 16 avril 2006. Je suis alors mutée à la COB de MONTREUIL-BELLAY (49) jusqu’au 1er aout 2013, date de mon arrivée au DFAED.

Qu'est ce qui a motivé ce choix de carrière dans le domaine judiciaire ?

Sur le terrain, après avoir passé l’examen d'Officier de Police Judiciaire, j’ai décidé de devenir Technicien en Identification Criminelle de Proximité (TICP). A la mise en place de cette formation, très peu de gendarmes de terrain pouvaient le devenir. Je me suis alors intéressée à la Police Technique et Scientifique. Le FAED, qui traite des empreintes digitales, me paraît alors une bonne continuité dans ma formation.

Quelles sont les missions de votre service ? Vos activités quotidiennes ?

Le FAED est le Fichier Automatisé des Empreintes Digitales. Nous sommes répartis en deux groupes. Un groupe traite les insertions des relevés décadactylaires et palmaires des individus mis en cause dans des délits ou crimes ainsi que les vérifications d’identité. Le second groupe, dont je dépends, traite les traces prélevées par les TIC ou  les TICP sur les scènes d’infractions ou sur les plateaux techniques des Cellules d'Identification Criminelle (CIC). Nous devons coder puis comparer les traces avec tous les encrages de doigts de personnes présentes dans la base FAED. Le but est d’identifier les auteurs des infractions. Étant l’adjointe au chef de groupe, je dois dans ma mission le seconder, répondre aux demandes des magistrats et des enquêteurs, principalement les TIC, gérer les plannings des 13 personnels du groupe et effectuer un contrôle de leur travail. Dans le cadre de ma formation, je suis également TIC.

Pensez-vous que votre profession vous contraint dans votre féminité ?

Mon poste actuel n’a aucune incidence dans ma féminité. Je peux concilier sans difficulté ma vie familiale et ma vie professionnelle.

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

Il faut être avant tout être passionné par le recherche des auteurs. Nous participons pleinement à l’enquête judiciaire. Il faut être patient, organisé, avoir le goût du travail en équipe, avoir l’envie de transmettre le savoir au nouveau personnel affecté au groupe Traces.

Quels sont les défis que vous avez du relever en tant que femme lors de votre prise de fonction ?

Au FAED, le fait d’être une femme n’a jamais été une difficulté. J’ai tout de suite été très bien acceptée par mes collègues. Ma prise de fonction en tant qu'adjoint du chef de groupe n’a posé aucun problème. Sur le terrain, je n’ai pas non plus senti que mes collègues faisaient une différence. Sur le terrain, c’est moi qui ait ressenti des difficultés en tant que femme au niveau physique lors des interpellations ou des interventions. Au cours de mes affectations et de mes différents postes, je n’ai pas ressenti que le fait d’être une femme soit une contrainte.

Pensez-vous qu'être une femme soit un désavantage ou une force ?

Le fait d’être une femme est un désavantage dès que nous devons faire usage de la force car nous impressionnons moins qu’un homme. Cependant, une femme victime va sûrement plus se confier à un personnel féminin que masculin. Nous abordons également les affaires avec une sensibilité différente qu’un homme. Dans les affaires avec des enfants victimes, les enfants ont également plus de facilité à se confier à une femme.

Une affaire vous a-t-elle plus particulièrement marquée, notamment en tant que femme ?

Ce n’est pas parce que j’étais une femme gendarme que les affaires m’ont marqué. C’est plus parce que j’étais une maman et une femme mariée. En effet pour moi, le plus traumatisant a été d’aller annoncer le décès d’un enfant ou d’un mari à une femme.

Comment voyez-vous votre avenir ? Pensez-vous qu’il aurait été différent si vous aviez été un homme ? 

Je suis bien dans mon emploi actuel et dans ma fonction. J’espère pouvoir prétendre dans quelques années à prendre la fonction de chef de groupe traces et donc d’obtenir ainsi un grade supplémentaire. Je ne pense pas que si j’avais été un homme, mon avenir aurait été différent.

Auriez-vous un conseil à donner aux jeunes femmes actives ?

Il ne faut surtout pas vouloir un traitement différent de la part des chefs, des responsables parce que nous sommes des femmes. Nous devons faire le même métier que les hommes avec les mêmes contraintes, pour des postes et des métiers équivalents.

 

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