H., âgée de 40 ans, est actuellement adjudant et personnel qualifié au sein de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale. Elle est affectée au département Balistique depuis le 1er janvier 2016.
Je suis entrée en Gendarmerie le 27 octobre 2003 à l’école de Montluçon. J’ai ensuite été affectée comme Gendarme Adjoint Volontaire en communauté de brigades dans les Landes (40). J’y ai servi jusqu’à mon entrée à l’école des sous-officiers le 08 novembre 2005. Je suis ensuite arrivée en brigade autonome dans l’Essonne (91) ou j’ai appris mon métier de gendarme en passant le Certificat d'Aptitude Technique (CAT) puis l'examen d'Officier de Police Judiciaire (OPJ).
Servant dans une brigade ayant une forte activité, j’ai eu la chance de travailler régulièrement avec les Techniciens en Identification Criminelle de mon groupement. J’ai également pu effectuer plusieurs détachements en Brigade de Recherches, ce qui a développé mon goût pour la police judiciaire et pour son aspect technique et scientifique. La rencontre avec certains enquêteurs et techniciens passionnés, ayant su me faire partager leur vision de leur activité, m'a conduite à faire ce choix.
Mon service a pour mission, d’une part des études techniques en laboratoire et, d’autre part, des assistances terrain, pour la Gendarmerie ou la justice. Les activités sont variées (étude d’armes, de munitions, trajectographie, distance de tir, comparaison balistique, assistance à autopsie, reconstitution judiciaire, PTS…) et dépendent de la matière à traiter. Il n’y a pas de journée-type.
Oui forcément, d’une part, afin de rester professionnelle et militaire, il est nécessaire de conserver une tenue adaptée aux contraintes techniques et de terrain (uniforme mixte). Et d’autre part, dans un domaine plutôt masculin, afin de garder une crédibilité au regard des autres, (camarades et personnels extérieurs) un minimum de sobriété est nécessaire.
Il faut à mon sens adhérer aux valeurs de la Gendarmerie. Rechercher la justice et avoir un goût prononcé pour la criminalistique. Posséder une grande capacité d’adaptation et être curieux, ne pas hésiter à donner de son temps pour progresser dans notre domaine.
Pour ma part, le plus gros défi a été de devoir faire mes preuves non seulement dans le travail, mais aussi en tant que femme dans un domaine essentiellement masculin tout au long de ma carrière.
Les deux. Même si au cours de ma carrière j’ai ressenti une évolution de la considération des femmes en Gendarmerie, je pense qu’elles doivent toujours montrer davantage leur engagement et leur capacité à tenir leur emploi.
Oui : J’avais une courte expérience en brigade lorsque je suis intervenue à la suite du suicide d’un enfant de 13 ans. Ce qui m’a particulièrement marqué c’est de devoir entendre la maman et la famille le lendemain à leur domicile.
Dans les années à venir je me vois progresser dans mon domaine en passant expert. Je ne pense pas que le fait d’avoir été un homme aurait changé quoi que ce soit à ma carrière. Je pense qu’être une femme en Gendarmerie n’est pas un frein à l’évolution de carrière mais nécessite constamment de prouver sa légitimité professionnelle.
Restez motivées et continuez à démontrer que nous avons notre place dans tous les domaines d’emplois que l’on peut rencontrer dans notre institution.