Le plateau d’investigation des objets connectés (PIOC)

Alors que l'usage des objets connectés est en plein développement, les risques de cybercriminalité augmentent parallèlement d'autant. C'est pourquoi les cyber-gendarmes du PJGN ont mis en place un plateau qui leur est dédié : le plateau d'investigation des objets connectés (PIOC). 

Des personnes mal intentionnées peuvent faire preuve d’une imagination débordante pour commettre leurs forfaits : une mini-caméra dissimulée dans un flacon de gel douche pour espionner une ex-compagne dans son intimité, un système radiofréquences planqué dans un déodorant à bille pour y stocker des images pédopornographiques, ou encore un micro-émetteur caché dans une peluche pour manipuler un enfant à distance, y compris dans son sommeil… telles sont quelques-unes des « dérives technologiques » que ces délinquants et ces criminels utilisent pour arriver à leurs fins.

Les objets connectés se multiplient dans nos foyers, avec leurs lots de dangers. A tel point que les cyber-enquêteurs du PJGN ont mis en place un plateau spécialement dédié aux objets connectés : le PIOC (plateau d'investigation des objets connectés). 

Créé officiellement le 1er janvier 2019 au sein du pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale, mais issu d’une expérimentation commencée dès 2015, le PIOC regroupe des techniciens :

  • du centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), véritable unité « cyber » de la gendarmerie ;
  • du département Informatique-Electronique (INL), chargé de l’expertise judiciaire ;
  • de la division du renseignement du service central de renseignement criminel de la Gendarmerie nationale (SCRCGN) pour ce qui est la remontée de fiches et des alertes ;
  • et enfin, de l’observatoire central des systèmes de transport intelligents (OCSTI), en charge d’étudier les interactions entre les objets et les véhicules connectés.

Ainsi armé, le plateau d’investigation offre à l’ensemble des enquêteurs de terrain les moyens techniques pour l’expertise criminalistique sur tous ces nouveaux objets du quotidien, autres que les téléphones, les ordinateurs et les tablettes.

Outre la mission de fixer, pour l’ensemble des forces de la gendarmerie, la doctrine de prise en compte des objets connectés dans la lutte contre la criminalité numérique, le PIOC effectue également de la recherche et du développement. Il s’agit d’apporter des solutions à des besoins pour lesquels les industriels ne sont pas en mesure de répondre, puisqu’il n’y a pas d’appréhension globale des dérives d’usage et des détournements criminels des objets connectés.

Avec plus de 500 missions opérationnelles effectuées depuis 2015, en appui des enquêteurs, ils sont confrontés à l’usage sans cesse croissant d’objets connectés détournés de leur fonction initiale, souvent faciles à modifier, à des fins délictuelles ou criminelles. Principalement mobilisés sur des affaires de pédophilie ou dans le cadre de divorces compliqués, avec menaces, pressions et intimidations, les gendarmes du PIOC sont amenés à déjouer des stratagèmes parfois machiavéliques, impossibles à repérer et à déceler dans le cadre d’une perquisition classique.

 

Mais une fois "démasqués" par les enquêteurs, ces objets trahissent leurs auteurs, démontrant l’indispensable utilité de se prémunir de ces dérives technologiques, quelle que soit leur nature. S’agissant des délits, comme le vol d’un téléphone portable lorsqu’il est associé à une montre connectée par exemple, le PIOC, lorsqu’il est saisi, permet d’orienter efficacement l’enquête, dès la pré-plainte en ligne – en indiquant les éléments techniques qu’il convient de signaler ou de recueillir-, jusqu’à l’exploitation des données ». En matière criminelle, les cyber gendarmes sont également en capacité de déterminer une chronologie précise de certains mouvements ou évènements par l’exploitation des objets connectés présents sur et aux abords de la scène de crime. Enfin, le PIOC apporte une expertise accrue en matière d’actes cyber, du détournement d’installations électroniques ou de domotique, au phénomène de ransomware. Les objets connectés sont souvent des points faibles. Ils sont faciles à pirater, peu sécurisés de base, et rarement mis à jour.

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? », s’interrogeait Lamartine. Ce qui est sûr, c’est que les gendarmes du PIOC savent les faire parler.

 

> Les gendarmes du PIOC sous les feux des projecteurs au FIC 2020

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