Comment placer et régler un dispositif de vidéoprotection ?

Un dispositif de vidéoprotection pour être efficace et utile, doit répondre à des exigences techniques minimales assurant une correcte exploitation des images enregistrées en cas d’événement. Un des facteurs dimensionnant pour le système, et qui doit garantir une qualité minimale des images, est celui de la résolution spatiale, qui doit être choisie en fonction de l'objectif stratégique ou la mission à remplir pour chaque caméra du dispositif.

Par conséquent, il est vivement conseillé de procéder, le plus tôt possible dans la démarche de la mise en place d'un système de vidéoprotection, à un diagnostic de l'ensemble de l'installation. Cette démarche est constituée de différentes étapes :

     - L'inventaire des menaces,

     - La définition des points d'observation et des zones filmées,

     - La définition des missions que doivent remplir chaque caméra,

     - Le dimensionnement du système.

1- Inventaire des menaces

Préalablement à l’installation du système de vidéoprotection, un diagnostic doit être réalisé. Ce dernier dresse le bilan des menaces auxquelles peut être confrontée l'infrastructure à protéger.

Les menaces à prendre en compte sont liées à l'environnement lui même, mais aussi au contexte dans lequel vient s'insérer le dispositif de vidéoprotection (par exemple : sécurité des biens, sécurité des personnes, troubles à l'ordre public, etc...).

Cet inventaire, qui doit être le plus exhaustif possible, doit prendre en compte la probabilité de survenue des menaces, leur impact ainsi que les zones sensibles de l'infrastructure.

 

Conseil pratique : l'inventaire peut être matérialisé par un plan de l'infrastructure enrichi des résultats du diagnostic.

Exemple de plan d'infrastructure

 

2- Points d'observation et zones filmées

A l'issue de l'étape précédente, les zones présentant un intérêt au regard des menaces identifiées sont connues.

Compte tenu de l'infrastructure et de son environnement, les points d'observation où les caméras peuvent être installées, sont déterminés.

En fonction des caractéristiques techniques des caméras (focale, taille du capteur), et de leur orientation, seuls certains volumes sont filmés. Le système, dans son ensemble, doit filmer des volumes couvrant l'ensemble des zones d'intérêts définies.

 

Conseil pratique : plusieurs caméras peuvent être utilisées pour couvrir une large zone d'intérêt, pour laquelle une seule caméra ne suffirait pas.

 

3- Missions remplies par chaque caméra

La définition de l'objectif stratégique à atteindre pour chaque caméra n'est pas à négliger, car il va influencer directement le choix de la résolution spatiale et donc in fine le choix de la caméra et son réglage.

Le dispositif doit donc être dimensionné pour réduire la probabilité des menaces, leur impact ou encore faciliter le déroulement des investigations judiciaires en permettant la matérialisation des infractions et l'identification des auteurs.

Les différentes missions qui peuvent être assignées aux caméras :

     - Prévenir ou dissuader,

     - Détecter une activité suspecte,

     - Déclencher et guider une intervention,

     - Matérialiser une infraction,

     - Lire une plaque d'immatriculation,

     - Identifier les auteurs.

  

Conseil pratique : il convient d'être vigilent dans les objectifs assignés à une caméra. En effet, si une caméra est en mesure d'identifier une personne à une certaine distance, elle pourra bien évidemment également remplir une tâche qui ne nécessite pas plus de qualité à distance égale. Par contre, si elle est réglée pour détecter une activité suspecte, elle ne permettra pas d'identifier des auteurs ou lire une plaque d'immatriculation.

 

4- Dimensionnement du système

Une fois les missions définies pour chaque caméra, il convient de régler techniquement le dispositif, pour atteindre ces objectifs.

Comme indiqué plus haut, un autre élément essentiel à prendre en compte et qui va découler des objectifs à atteindre, est la résolution spatiale. Pour un capteur numérique, elle peut être définie comme étant le nombre de pixels par ligne et par unité de longueur dans la scène. La résolution spatiale est mesurée en pixels par mètre.

Plus la résolution spatiale augmente, plus la scène filmée est décrite avec un niveau de détail important.

La résolution spatiale diminue quant la distance à la caméra augmente ; et par conséquent, il faudra, à focale constante, des capteurs munis de davantage de pixels pour produire une résolution spatiale identique à une distance plus grande.

 

Conseil pratique : il faut trouver le bon compromis entre le champ de vision (lié à la focale réglée de la caméra) et la résolution spatiale. En effet, à capteur identique, plus on augmente la distance focale, plus la résolution spatiale augmente, mais plus le champ de vision se rétrécie.

 

Par exemple, sur une image, on mesure 26 pixels entre les yeux d'un individu. Sachant que, pour un homme, l'écart moyen entre les deux yeux est de 6,5 cm, la résolution spatiale dans le plan du visage de cet individu est de l'ordre de 400 pixels par mètre.

Les caméras se voient donc assigner des missions ou des fonctions, nécessitant un niveau de détail minimal dans les images, pour remplir ces fonctions. Le tableau ci-dessous dresse les résolutions spatiales minimales pour atteindre les objectifs fixés aux caméras.

 

Objectif à atteindre par la caméra

Résolution spatiale minimale (en pixels/cm)

Prévenir ou dissuader

10

Détecter une activité suspecte

30

Déclencher et guider une intervention

100

Matérialiser une infraction

100

Lire une plaque d'immatriculation

200

Identifier des auteurs

400

 

Si le dispositif de vidéoprotection est connecté à un système d'enregistrement, il convient d'examiner la résolution spatiale des images récupérées à partir du dispositif d'enregistrement et non plus celle de la caméra.

 

  

Conseil pratique : pour aider au choix de la caméra, les formules suivantes peuvent être utilisées :

focale x champ de vision = taille du capteur x distance de travail (le tout en mm)
définition image (pixels) = 2x (champ vision en mm) / (1/résolution spatiale (pixels/m) x 1000)

 

La taille du capteur ainsi que la focale sont données dans les caractéristiques techniques de la caméra. Des formules ci-dessus, il est donc possible de vérifier que la définition proposée par une caméra est suffisante pour atteindre le niveau de résolution spatiale envisagée en fonction du but à atteindre par cette caméra.

 

Le tableau ci-dessous montre quelle définition minimale devrait avoir la caméra en fonction des valeurs saisies de résolution, focale, taille du capteur et de distance de travail.

Résolution spatiale (pixel/m)

200

Focale caméra (mm)

12

Taille capteur (mm)

9.4

Distance de travail (mm)

6100

Définition horizontale image

1911.33333

  

Ainsi, avec une caméra 1080P, possédant une focale variable de 2,8 à 12 mm, un capteur d'une taille de 9,4 mm, il sera possible de possible d'identifier une plaque d'immatriculation (résolution spatiale requise de 200 pixels/m) à 6,1 mètres, si la focale de la caméra est réglée sur 12 mm.

En effet, dans ce cas, la définition horizontale d'image nécessaire est 1912 pixels. Et une caméra 1080P, possédant une définition de 1920x1080 pixels, elle dispose donc d'une définition horizontale suffisante.

Cependant, la même caméra, dont la focale sera réglée sur 2,8 mm, pourra détecter une activité suspecte (résolution spatiale requise de 30 pixels/m) à une distance maximale, mais ne pourra pas lire une plaque d'immatriculation à 5 mètres par exemple.

 

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