Département Biologie (BIO)

Créé en 1989, le département Biologie réalise des identifications par empreintes génétiques selon les standards scientifiques en vigueur. Le département est accrédité par le COFRAC depuis le 1er novembre 2013.

Les traces biologiques exploitables correspondent à des substances issues des êtres vivants, échangées ou laissées sur une scène de crime. Le sang, le sperme, les cheveux et les poils sont les supports biologiques privilégiés des enquêteurs lors de l’investigation des lieux. De même, la salive ou les traces dites de contact et tous types de supports et objets (vêtements, mégots, chewing-gum, verres, etc.) sont aussi prélevés à des fins criminalistiques.

Le laboratoire saisi devra déterminer si la trace est de nature biologique et en extraire l’ADN. Ensuite, après avoir mis en évidence la présence d’ADN par quantification, la dernière phase de l’analyse consiste à déterminer le profil génétique de la personne à l’origine de la trace puis à le comparer à ceux des victimes et suspects dans l’affaire.

  

L’empreinte génétique

En science forensique, le typage de l’ADN a été considéré comme la découverte la plus extraordinaire du vingtième siècle. Cette technique, baptisée également par son inventeur «d’empreinte génétique», permet d’identifier des individus à partir de l’analyse de leur patrimoine génétique.

La double hélice d’ADN (acide désoxyribonucléique) contenue dans toutes les cellules nucléées du corps humain est le support de l’information génétique. La structure chimique de l’ADN est différente pour chaque personne, ce qui est la clé de notre individualité. Seuls les vrais jumeaux, ou jumeaux « univitellins », provenant par définition d’un seul œuf fécondé, qui s’est ensuite divisé en deux, possèdent le même ADN.

Tout au long de l’ADN, des séquences répétées, dont le nombre de répétitions est très variable d’un individu à l’autre, ont été découvertes. L’analyse de plusieurs de ces motifs (ou STR : Short Tandem Repeat) de notre génome permet de caractériser un individu. Ils peuvent être mis en évidence par électrophorèse capillaire et apparaissent sous forme de pics sur des électrophorégrammes.

  

Les techniques d’analyse

En 1980, D. BOTSTEIN et son équipe furent les premiers à exploiter de petites variations de l’ADN entre des populations, mais c’est seulement en 1984 qu’Alec JEFFREYS découvrit la possibilité d’appliquer l’étude de ces petites variations de l’ADN génomique (appelée RFLP pour Restriction Fragment Length Polymorphism) à l’identification des personnes.

Cette nouvelle technique utilisant les RFLP prit le nom de « DNA fingerprint » ou « empreinte génétique ». Elle fut modifiée et adoptée par les laboratoires de criminalistique en 1985/1986 aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Cette technique des RFLP permit à la biologie de faire ses preuves en tant que discipline criminalistique.

Cependant, elle était longue à mettre en œuvre, (plusieurs semaines) et possédait des limites non négligeables car requérait de grandes quantités de matériel biologique de bonne qualité (un nombre très important de cellules bien conservées).

 

   

Ces limites furent reculées grâce à l’avènement en 1985/1986 d’une technique qui permet de travailler sur de très faibles quantités d’ADN (quelques nanogrammes) et qui tolère une relative dégradation du matériel biologique puisque les régions étudiées de l’ADN sont beaucoup plus petites. Cette technique dite d’amplification génique ou PCR (Polymerase Chain Reaction) permet donc de travailler sur des échantillons inaccessibles à la technique des RFLP : un cheveu, un timbre sur une enveloppe, une petite tache de sang, salive ou sperme, etc. Elle s’est peu à peu affinée, permettant de gagner en rapidité, en sensibilité et de s’affranchir des inhibiteurs qui la pénalisaient à ses débuts. Actuellement, tous les laboratoires de criminalistique la mettent en œuvre en routine et peuvent étudier simultanément en une seule analyse jusqu’à 16 régions différentes de l’ADN.

Il existe une contrepartie à l’évolution des techniques qui permettent aujourd’hui de déterminer un profil génétique à partir de quelques cellules qui ne sont pas visibles lorsqu’on les prélève. Il faut à la fois s’entourer de grandes précautions pour éviter les contaminations mais aussi obtenir un travail accru des experts pour interpréter les résultats de l’analyse et des enquêteurs pour expliquer comment ces quelques cellules ont pu se retrouver à cet endroit.

Depuis 1995, l’utilisation d’une autre technique, moins informative, reposant sur le séquençage de l’ADN mitochondrial permet d’exploiter des prélèvements très dégradés (cadavres anciens, ossements, taches anciennes, etc.). Elle est utilisée en complément voire en substitution pour certains échantillons, en particulier lorsqu’il s’avère impossible de travailler sur de l’ADN génomique.

Les progrès constants de la médecine ouvrent sans cesse de nouveaux horizons aux analyses génétiques et celles-ci seront sans nul doute encore révolutionnées dans les années à venir.

 

   

Dans le domaine des enquêtes criminelles, l’une des principales applications de ces techniques est l’identification ou l’exclusion des suspects par comparaison de leur profil génétique avec celui ou ceux déterminés à partir des traces prélevées sur la scène de crime. Elles peuvent s’appliquer à une multitude de situations, par exemple une tache de sang retrouvée sur les lieux d’un homicide, une trace de sperme prélevée sur la victime après un viol, des cheveux arrachés sur un assaillant, un tissu humain retrouvé sur un véhicule après un accident avec délit de fuite, une découverte de cadavre, etc.

Ainsi, l’empreinte génétique permet d’identifier un individu et de prouver sa présence sur les lieux d’un crime. Avec la mise en place du Fichier national automatisé des empreintes génétiques en 2002, cette activité déjà incontournable de la criminalistique a pris encore une autre dimension.

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