Tags haineux visant les forces de l'ordre : la peinture et l'écriture ont parlé

Au printemps 2019, des tags haineux visant les forces de l’ordre avaient été constatés sur les murs de la gendarmerie de Landivisiau (Finistère). Après plus d’un an d’enquête, les gendarmes ont interpellé trois suspects qui ont reconnu les faits. L'affaire a été élucidée notamment grâce à l'analyse des prélèvements par grattage de la peinture recueillie sur les murs tagués ainsi qu'à la comparaison des écritures avec celles des prévenus.

Rappel des faits

Le matin du 22 avril 2019, les gendarmes de la brigade de Landivisiau (Finistère) découvrent des inscriptions aux messages explicites sur la façade de leur unité : « Flics suicidé à moitié pardonnés », « suicidez-vous », « la police vous protège sa crève les yeux », pouvait-on lire, avec des fautes d'orthographe, ou encore « ACAB » (pour « all cops are bastards », signifiant « tous les policiers sont des salauds ») ainsi qu'un « A » encerclé symbolisant l’anarchie. 

Des faits « inacceptables » qui avaient suscité de nombreuses réactions indignées chez les gendarmes mais aussi du ministre de l'Intérieur de l'époque (Christophe Castaner), d'élus locaux et d'une grande majorité de la population. 250 personnes s'étaient rassemblées dans la commune, en soutien aux forces de l’ordre.

 

Action / Réactions / investigations

Le parquet de Brest avait aussitôt ouvert une enquête pour « dégradations graves sur un bien d’utilité publique » et « outrages sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». La Brigade de recherches (B.R.) de Plourin-lès-Morlaix avait été saisie. Les inscriptions, écrites à la bombe de peinture vraisemblablement dans la nuit", avaient été découvertes par des gendarmes vers 7 h 45.

Sur place, les enquêteurs avaient alors effectué, sous l'autorité du procureur de la République de Brest, des constatations photographiques et des prélèvements de peinture pour les transmettre à l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale #IRCGN avant que les tags soient effacés par la mairie.

Les enquêteurs de la BR cherchaient quant à eux du côté des activistes d’extrême gauche, connus pour employer régulièrement l’acronyme «ACAB » car dans la même période, des tags similaires (même écriture et même peinture aérosol noire) étaient retrouvés dans la commune et aux alentours.

 

Résolution de l'enquête

Après plus d’un an et demi d’investigations, les enquêteurs ont accumulé suffisamment de preuves pour interpeller une femme de 22 ans et deux hommes de 23 et 33 ans. Lundi 5 octobre 2020 matin, ils comparaissaient pour outrage et dégradation devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Brest. 

Ces tags sont "une atteinte à toute la société" pour la procureure, qui demande des peines de troisquatre et six mois d'emprisonnement et 300 euros d'amende pour les prévenus, qui ont déjà un petit casier judiciaire. Le jugement a été mis en délibéré au 19 octobre 2020.

 

> lire aussi : comment les experts analysent la peinture aérosol des tags

> Lire aussi : comment les experts analysent les écritures manuscrites

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