Mort de Victorine : la gendarmerie scientifique au service de l'enquête

Reportage de BFM TV sur quelques techniques d'enquête employées par les experts de la Gendarmerie scientifique dans le cadre d'une enquête comme celle de l'affaire Victorine Dartois dont le corps a été retrouvé immergé dans un ruisseau à Villefontaine-en-Isère le 28 septembre 2020.

Par Justine Chevalier le 07/10/2020 à 12h20 - Une cellule d'enquête de la gendarmerie a été créée pour élucider la mort de Victorine, cette jeune femme dont le corps a été retrouvé immergé dans un ruisseau à Villefontaine-en-Isère.

 

Ils sont désormais 10 enquêteurs à se consacrer intégralement à l'enquête sur la mort de Victorine. Alors qu'une information judiciaire contre X a été ouverte, une cellule d'enquête de la gendarmerie a également été constituée pour tenter d'élucider la mort de cette jeune fille de 18 ans dont le corps a été retrouvé immergé dans un ruisseau à proximité de l'étang de Saint-Bonnet, à Villefontaine-en-Isère, deux jours après sa disparition signalée samedi 26 septembre.

Ce jour-là, Victorine, qui rentre d'un après-midi shopping, rate le dernier bus qui doit la ramener au pied de son domicile dans le quartier des Fougères à Villefontaine. Vers 19 heures, la jeune fille croise des amis et leur indique qu'elle va rentrer à pied chez ses parents.

Un kilomètre la sépare du domicile familial qu'elle peut rejoindre en empruntant un chemin dans une zone boisée sans éclairage. Elle passe un dernier coup de fil à sa sœur puis disparaît. L'alerte est donnée à 21 heures.

130 témoins auditionnés

La seule certitude des enquêteurs provient de l'autopsie du corps de Victorine qui a révélé que la jeune fille, dont les obsèques se déroulent ce mercredi, est morte noyée. L'intervention d'un "tiers" ne fait aucun doute, a précisé le parquet de Grenoble, qui écarte formellement la piste accidentelle, tandis que les chaussures et le sac à main de la jeune fille ont été découverts à proximité du corps. Aucune trace de violence sexuelle n'a été constatée. Pour l'instant, ni la date, ni l'heure, ni le lieu exacts de la mort de Victorine n'ont été déterminés.

Dans les premières heures des investigations, les gendarmes se sont attachés à l'enquête de voisinage. 662 personnes ont été contactées dans le cadre de cette enquête et 130 témoins ont été auditionnés. Les enquêteurs sont aussi entrés en contact avec 1100 automobilistes et 63 piétons samedi 26 septembre, entre 18 et 20 heures, dans le secteur de la disparition de la jeune Victorine, dans l'espoir de recueillir des témoignages complémentaires.

"Il faut faire vite, il faut faire dans toutes les directions", analyse sur BFMTV le général Jacques-Charles Fombonne, ancien commandant du centre national de formation de la police judiciaire.

 

Recueillir le maximum d'éléments

Selon l'ancien gendarme, deux aspects dictent l'enquête: l'organisation avec la constitution d'une cellule dédiée à cette affaire avec des officiers habitués aux homicides mais aussi d'autres implantés localement, et la méthodologie avec l'engrangement de données. Depuis la découverte du corps, les gendarmes ont également recueilli le maximum d'éléments possibles, notamment là où le corps de Victorine a été retrouvé.

"Dans le cas présent, on peut utiliser des drones pour avoir la vue de la scène de crime et pour pouvoir détecter des chemins d’approche éventuels et ensuite rechercher les traces et indices sur ces chemins qui nous permettraient d’identifier à la fois le cheminement de la victime mais aussi les éléments laissés par l’auteur sur ce cheminement", commente Mickaël Petit, chef de l’unité d’investigations et d’identification à l’IRCGN.

C'est à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale basé à Pontoise, en région parisienne, que tous les scellés ont été envoyés. Parmi les scellés, il y a les affaires de la jeune fille mais aussi des modelages et les relevés réalisés sur les lieux de la disparition de Victorine et de la découverte du corps. Les bandes de vidéosurveillance de la ville, des commerces ou des stations-service sont également analysées. Les données immatérielles, comme la vie numérique de la victime, ont aussi été étudiées.

"C’est la première chose qui a été faite au service central de renseignement criminel, explique le général Patrick Touron, commandant du pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale. L’espace numérique a été exploité très rapidement, en lien avec la famille bien sûr, de manière à voir et de discerner s’il y avait des personnes qui s’étaient manifestées contre la victime."

Travailler pour l'avenir

L'une des difficultés pour les enquêteurs réside dans l'isolement du lieu de la disparition de Victorine, un chemin dans un bois sans éclairage et sans vidéosurveillance. Ils ont toutefois réussi à en maîtriser une deuxième: la découverte du corps dans l'eau.

C’est un milieu qui peut être délicat quelques fois, reconnait Jean-Bernard Myskowiak, chef du département faune et flore à l’IRCGN. D’où la nécessité d’élaborer des protocoles très stricts, de façon à bien nous enfermer dans une technique qui ne risque pas de nous faire dériver. Dans un cas comme celui-ci, ça ne présente aucune difficulté."

Si pour l'heure, aucune piste ne semble être privilégiée par les enquêteurs, où, en tout cas, dévoilée par le procureur de la République de Grenoble, ce travail considérable et minutieux accompli par les gendarmes doit servir pour l'avenir.

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