Les Echos du 23 avril 2020 : des dépistages massifs par la gendarmerie scientifique

La gendarmerie scientifique réalise, pour le compte de l'APHP, jusqu'à 1.000 tests quotidiens de Covid 19 grâce à son laboratoire mobile. 

Par Alain Piffaretti - Les Echos

Publié le 23 avr. 2020 à 9h02 Mis à jour le 23 avr. 2020 à 9h06 - voir en ligne

Le Lab'Unic (bus de la gendarmerie scientifique transformé en en laboratoire mobile) stationne jour et nuit depuis début avril dans l'enceinte de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches de l'APHP. A l'intérieur et dans des chapiteaux blancs dressés à proximité, les gendarmes spécialisés de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) peuvent réaliser jusqu'à 1.000 tests moléculaires Covid par jour.

A Garches, cinq militaires (techniciens, experts docteurs en génétique…) sont en permanence sur place pour que le laboratoire fonctionne sans discontinuité. En tout trente agents volontaires se relaient tous les deux jours entre l'hôpital de Garches et l'Institut de recherche. Car dans le même temps, le travail d'identification de victimes se poursuit dans les locaux de Pontoise siège de la gendarmerie scientifique. Hors crise sanitaire, le bus-laboratoire est en effet utilisé pour des enquêtes portant sur des catastrophes de grande ampleur : crash aérien, scènes de crimes de masse… Les agents de l'IRCGN ont notamment utilisé leur matériel de pointe permettant l'identification des victimes par tests ADN, lors de l'attentat de Nice. « Nous réalisons environ 200.000 analyses ADN par an, via des instruments haut débit. Le laboratoire mobile, accrédité par le Cofrac (comité français d'accréditation), selon la norme ISO 17025 a été adapté pour analyser cette fois-ci non pas de l'ADN humain, mais l'ARN du virus »

Les gendarmes de l'IRCGN mobilisés pour aujourd'hui pour le dépistage covid travaillent en étroite liaison avec les chercheurs du laboratoire de microbiologie de l'hôpital de Garches qu'ils connaissent bien. Ils ont en effet l'habitude de travailler avec eux en matière criminalistique. « La coordination est totale entre la gendarmerie et le laboratoire de microbiologie de l'hôpital. Les tests sont réalisés dans les conditions réglementaires de la biologie médicale et validés par des médecins », souligne le professeur Antoinette Lemoine, biologiste médicale et directrice du département médico-universitaire de l'APHP Paris-Saclay (regroupant notamment les hôpitaux Raymond Poincaré, Ambroise Paré, Paul Brousse, Kremlin-Bicètre, etc). Les tests réalisés dans le cadre de cette collaboration permettent notamment un dépistage massif des Ehpad et des établissements médico-sociaux (tant pour les résidents que pour les soignants).

Alain Piffaretti

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