ADN, fémur et tableurs : le travail de «fourmi» des gendarmes de la division «cold cases»

Le PJGN a ouvert ses portes à une équipe de l'#AFP intéressée par la division Cold-cases....Voici la dépêche qui a été diffusée vendredi 29 janvier 2021.

Par AFP - Dépêche publiée le 29 janvier 2021 - Tous droits réservés

 

L'odontologue en quête de la vérité

Au sous-sol, un anthropologue examine un fémur. A l'étage, des analystes épluchent d'imposants dossiers judiciaires vieux de 20 ans : près de Paris, la nouvelle «division cold cases» de la gendarmerie nationale mène un travail de «fourmi» pour tenter de donner, enfin, «une réponse» aux familles des victimes.

Plus de 225.000 prélèvements biologiques porteurs de traces ADN conservés

Le Centre de préservation des prélèvements biologiques #CPPB, c'est un vaste bâtiment ultra-sécurisé, un « bunker » dans un coin du site du pôle judiciaire de la gendarmerie (PJGN) à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), où l'AFP a pu avoir un accès inédit. Il renferme plus de 225.000 prélèvements biologiques porteurs de traces ADN : des bouts de vêtements, de meubles, des stylos ou des préservatifs. Emballés dans du papier kraft, ils sont rangés, classés et numérotés dans de grandes armoires métalliques, conservés à 19°C et à l'abri de la lumière du jour.

A l'intérieur du service central de préservation des prélèvements biologiques au PJGN

Leur particularité ? Ils ont été prélevés sur les scènes de crimes ou délits de ces vingt dernières années, sans auteur identifié. Leur préservation, loin des rayons UV ou de l'humidité susceptibles de les dégrader, est un «enjeu essentiel», explique le lieutenant-colonel Frédéric Brard, chef du service central de préservation des prélèvements biologiques, l'un des services auquel la division peut faire appel.

Le but de cette minutieuse conservation : « se laisser une chance de pouvoir résoudre les +cold cases+ de demain en ayant la possibilité d'analyser ces traces », à la lumière de futurs progrès scientifiques ou de nouvelles techniques d'enquête, ajoute le lieutenant-colonel.

Labos d'extraction ADN, de relevé d'empreintes digitales : au Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale, les gendarmes sont souvent titulaires d'un doctorat en biologie ou d'un master de biochimie ou de génétique et enfilent charlotte et blouse blanche sur leur uniforme bleu.

 

Cliquer ici pour regarder la vidéo sur YOUTUBE @AFP

 

Création d'une division "cold-cases"

Officiellement lancée à l'automne 2020 pour tenter d'améliorer la gestion critiquée des «cold cases» en France, la section rassemble un «noyau» de 15 à 17 enquêteurs, psychocriminologues ou analystes, auxquels peuvent s'ajouter des experts en balistique, automobile, etc, en fonction des dossiers.

Comme l'Office central de répression des violences contre la personne (OCRVP) côté police, elle a pour mission de conduire de nouvelles analyses ou de repérer une piste non-exploitée dans des dossiers de viols, meurtres ou disparitions non-élucidés.

- «10.000 pages de procédure» -

La section travaille sur six dossiers «à temps complet» et «veille» sur 80 autres, dans lesquels elle peut être amenée à réaliser des actes d'enquête afin de repousser la prescription des faits, explique le colonel André Brothier, commandant en second le service central de renseignement criminel.

C'est lui qui a piloté le projet, hanté par le meurtre du petit Joris Viville, 9 ans à Port-Grimaud en 1989, pour lequel Francis Heaulme a été condamné. Il était alors jeune enquêteur à la brigade de recherches de Toulon.

«Ce qui nous anime, ce sont les victimes», lâche l'officier. «Celles enterrées dans un champ ou dans un endroit que l'on n'a pas encore trouvé ou celles, déjà inhumées, qui attendent la vérité». Il pense aussi aux familles: elles ont «besoin de savoir qu'elles ne sont pas seules avec leur peine, qu'on est toujours là, qu'on travaille pour leur apporter une réponse».

La division peut également s'appuyer sur une équipe d'analystes capables de brasser, avec le logiciel Anacrim, des milliers de procès-verbaux d'auditions ou de longs tableurs de données bancaires.

Un travail de «fourmi» qui a pour objectif de permettre aux enquêteurs de ne pas passer à côté d'une information «perdue dans la masse» ou de déceler des «incohérences» entre les déclarations et les relevés téléphoniques d'un suspect, explique la cheffe d'escadron Léa Jandot, à la tête du département Sciences de l'analyse criminelle.

 

Actualités


Les experts du PJGN à Satory pour l’Edition spéciale du 14 juillet sur France2

VU SUR FRANCE 2 : " Reconstitution d'une scène de crime en direct"

Le PJGN impliqué lors de contrôles coordonnés d'envergure

Le 9 juin 2021 était organisée une vaste opération de contrôle...

Des travaux de recherche universitaires co-financés par la Gendarmerie : pourquoi pas le vôtre ?

La Gendarmerie a décidé de co-financer des travaux de recherche universitaires...