Et si vous appreniez les techniques d’enquête criminelle avec les gendarmes ?

Militaires et biologistes ouvrent un diplôme universitaire en criminalistique à l’université de Cergy Paris. Destinée à des publics sensibilisés, la formation payante de 100 heures débutera le 27 janvier.

Via LE PARISIEN - Par Julie Ménard - Le 16 janvier 2020

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au vendredi 24 janvier. Le diplôme universitaire criminalistique proposé par CY Cergy Paris Université, conçu avec le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN), accueillera ses premiers stagiaires dès le 27 janvier. Cette formation unique en France existait depuis plusieurs années au sein de l'Université Paris-Descartes à Paris. Désormais c'est donc à Cergy qu'elle sera dispensée, sous une nouvelle formule, pour 3400 euros.

Ouvert à tous les publics ayant un niveau bac + 2, le seul critère de sélection pour intégrer ce diplôme universitaire est d'avoir un projet personnel ou professionnel en lien avec les sciences forensiques, c'est-à-dire l'ensemble des méthodes d'analyses pouvant servir au travail d'investigation. Magistrats, journalistes, médecins, personnels des forces de l'ordre, d'entreprises de sécurité ou de compagnies d'assurances sont notamment ciblés.

Une première approche de la police scientifique

« C'est une bonne préparation à une orientation vers la police scientifique, ou bien un complément d'acquis, résume le commandant Pascal Lambert au pôle judiciaire de la gendarmerie nationale. C'est une présentation large des activités qui se passent dans nos laboratoires. Il n'y a pas d'ateliers pratiques mais les intervenants peuvent présenter des cas concrets. »

Réparties en cinq sessions de trois jours, les 100 heures de cours de cette formation permettent d'aborder plusieurs thématiques. L'histoire de la police technique et scientifique d'abord, puis les études menées sur le corps de la victime et la scène de crime. « On va expliquer comment une technique est utilisée, les informations qu'elle permet d'obtenir, reprend le commandant Lambert. Par exemple : ce que l'analyse d'un ADN peut révéler. On fait en sorte que la formation soit la plus attrayante possible pour susciter des intérêts. »

 

«L'objectif est de comprendre leurs techniques de travail»

Ancien pompier professionnel, Freddy Rigaux est aujourd'hui gérant d'un cabinet d'expertise et de conseil en incendie. Il intervient régulièrement auprès de la Cour d'appel de Rouen (Seine-Maritime) en tant qu'expert de justice en incendie et explosion. À 38 ans, cet habitant d'Évreux dans l'Eure, fait partie des premiers inscrits.

« Dans le cadre de procédures pénales, j'interviens sur des scènes en même temps ou après d'autres officiers de police judiciaire ou experts. L'objectif est de comprendre leurs techniques de travail pour leur apporter des éléments qui leur seront utiles. Quelle quantité de produit je dois prélever, dans quel type de contenant le mettre… Ça va faciliter le travail de chacun. C'est aussi un moyen d'élargir son champ de connaissances à d'autres domaines. »

Côté intervenants, les gendarmes du pôle judiciaire se relayeront avec les chercheurs biologistes de l'université. « C'est l'occasion de vulgariser et transmettre les innovations au public apprenant, indique Stéphanie Le Marec, en charge de la conception de la formation pour CY. Les chercheurs publient habituellement des papiers dans des revues spécifiques, souvent en anglais. Alors que leurs avancées peuvent permettre d'investiguer sur une preuve. » Ce partenariat pourrait donc également susciter des vocations du côté des étudiants biologistes, formés à utiliser le même matériel que la police judiciaire, mais pas forcément au fait des techniques liées à l'investigation.

De nouvelles formations à la rentrée

Cergy Paris Université et le PJGN n'en sont pas à leur première collaboration. Début 2019, une formation « analyse de documents » s'est ouverte pour les gendarmes et les particuliers souhaitant maîtriser la détection de faux documents ainsi que l'étude des écritures. En décembre, un cursus nommé CoCrim a été mis en place. Réservé aux personnels de gendarmerie, il permet d'apprendre à investiguer une scène de crime.

Le diplôme universitaire « criminalistique » est donc le troisième volet de ce rapprochement. Et certainement pas le dernier. « Nous sommes en train de développer une offre de formations liée aux sciences de la sécurité pour la rentrée de septembre 2020, annonce Stéphanie Le Marec. Certains métiers sont sous tension dans ce domaine. Avec les Jeux olympiques en 2024 et le développement d'un nouveau terminal à l'aéroport de Roissy, les besoins en sécurité vont continuer à croître. »

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