Une femme à la tête d'une Division

D., lieutenant-colonel, est un officier recruté sur titres, elle occupe actuellement le poste d'adjoint à la Division Criminalistique Biologie Génétique.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer le PJGN ?

J'ai effectué des études universitaires en biologie (BAC+5) ainsi qu'une année de droit avant mon entrée en Gendarmerie en 2000. J'ai eu plusieurs statuts, initialement recrutée sous le statut d'Aspirant Gendarmerie Issu du Volontariat (AGIV), j'ai ensuite été Officier sous Contrat (OSC) avant de devenir Officier de carrière par la voie du concours d'Officier recruté sur Titres (ORT).

Qu'est ce qui a motivé ce choix de carrière dans le domaine judiciaire ?

J'ai toujours voulu être gendarme, depuis mon plus jeune âge, quand bien même je suis la première militaire de ma famille...sûrement une vocation !? Et puis, pour la sphère criminalistique, c'est la Gendarmerie qui a ciblé mes diplômes scientifiques et m'a orientée rapidement vers l'IRCGN.

Quelles sont les missions de votre service ? Vos activités quotidiennes ?

  • Travail d’adjoint à la Division (volets RH, financier, gestion des matériels et des équipements)
  • Participation au Conseil de direction, Officier d'Astreinte Direction
  • Point de contact sur le thème de la biométrie pour l'Institut de Recherche Criminelle en lien avec le Service Central de Renseignement Criminel et la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale
  • Pilotage d'un projet de Recherche & Développement en génétique
  • Expertise judiciaire en empreintes génétiques

Pensez-vous que votre profession vous contraint dans votre féminité ?

Absolument pas.

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

Rigueur, organisation, envie d’apprendre, aimer le relationnel humain.

Quels sont les défis que vous avez du relever en tant que femme lors de votre prise de fonction ?

Démontrer que ma condition féminine n'obérait en rien mes qualités ou mes compétences professionnelles et qu'aucune différence ne devait être faite entre moi et un militaire masculin.

Pensez-vous qu'être une femme soit un désavantage ou une force ?

Personnellement je pense que c’est une force. Pour le désavantage, je vous laisse poser la question aussi bien à ma hiérarchie qu’à mes subordonnés !

Pour l'anecdote, j'ai toujours gardé en tête une phrase qui m'a été dite par un de mes cadres lors de mon incorporation en Gendarmerie : "Ici, nous ne formons pas des Hommes, nous ne formons pas des Femmes, mais nous formons des militaires." Il m'est arrivée de la reciter...

Une affaire vous a-t-elle plus particulièrement marquée, notamment en tant que femme ?

Non, je n’ai jamais rencontré de situations bloquantes en rapport avec ma condition féminine, même si depuis mes débuts, j'ai fait l'objet de plusieurs allusions mais surtout des "non-dits" plus qu'explicites en ce sens.

Comment voyez-vous votre avenir ? Pensez-vous qu’il aurait été différent si vous aviez été un homme ? 

Je compte poursuivre ma carrière classiquement, dans la continuité d’un parcours officier. Non, je ne suis pas convaincue que ça aurait été différent si j'avais été un homme. Je ne me pose pas la question. Je suis une femme et fière de l’être. De plus, au risque de faire "très cliché" : les femmes ont une capacité, qui les différencient bien des hommes, à pouvoir gérer plusieurs choses de front. 

Auriez-vous un conseil à donner aux jeunes femmes actives ?

Restez vous-même, ne vous travestissez-pas, en particulier sous l’influence masculine. Si toutefois, vous rencontriez des situations où vous étiez remises en question sur votre condition féminine, je vous conseillerai de ne pas y prêter "trop" d'attention et de persévérer dans le chemin que vous avez choisi :" Goutte après goutte, l'eau finit par creuser le marbre". Et puis, pour finir sur une petite note d'humour et de provocation, en cette journée de la femme 2020 : "Si les hommes aiment les femmes silencieuses, c'est parce qu'ils sont persuadés qu'elles les écoutent."... Et c'est un homme qui l'a dit!

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