Gendarme et balisticien

A travers cet article, nous vous proposons de découvrir le portrait de Ronan, sous officier du département Balistique, passionné par les armes et munitions depuis son plus jeune âge. Découvrez ses choix et ses missions au sein de l'institut.

Quel a été votre parcours avant d’avoir intégré l’IRCGN ?

Après une courte expérience de la vie professionnelle civile, je me suis rapidement orienté vers le métier pour lequel je ressentais une réelle vocation. J’ai donc enchainé une préparation militaire en 2001 à l’école des Sous Officiers de Gendarmerie de Châteaulin en 2004.

Après ma sortie d’école j’ai eu la chance de servir durant sept ans à l’escadron de gendarmerie mobile de Clermont Ferrand où j’ai passé sans aucun doute certaines des plus belles années de ma carrière.  

Comment avez-vous intégré l’IRCGN?

Mon intégration au département balistique a fait suite à l’obligation de changement de subdivision d’arme à compter de sept ans de service révolus et imposé aux gendarmes mobiles n’ayant pas pour ambition de faire carrière dans leur arme d’origine.

Pour combler le départ imminent du gestionnaire de la collection d’arme du département à l’école des officiers de gendarmerie, un appel à volontaire a été lancé. C’est un ancien camarade mobile,  affecté en gendarmerie départementale et à qui  je serai éternellement redevable, qui me l’a transmis.

Passionné dès mon plus jeune âge par le domaine des armes et des munitions c’est donc naturellement que j’ai fait le choix d’y répondre. J’ai alors passé une journée à l’institut durant laquelle j’ai pu apprécier la vision de chacun des membres du département tout en essayant de faire valoir mes qualités.

Quelle est votre activité au sein de l’IRCGN ?

Ma formation initiale au département fut pour moi une vraie révélation, dans le sens où la vision criminalistique des armes et munitions m’était alors totalement inconnue.

Il y a une réelle différence entre être capable de confectionner et tirer 10 000 cartouches par an à titre sportif et être capable de réaliser un examen scientifique. Un vrai travail de remise en question de mes acquis a donc été nécessaire pour pouvoir remplir pleinement mon rôle de technicien balistique.

J’ai également rapidement pris en main la Collection Nationale des Armes et Munitions. Sa gestion est aujourd’hui mon activité principale avec plus de 4000 armes supplémentaires depuis mon arrivée en 2012.

J’interviens également sur des perquisitions où nous apportons notre aide aux enquêteurs pour qui les armes ne sont pas la spécialité. En effet, la balistique est un domaine technique et législatif complexe.

Au quotidien j’essaye également d’apporter une aide matérielle aux techniciens du département, dans le cadre d’expertises ou d’examens scientifiques.

Enfin, il m’arrive d’intervenir auprès d’unités ou de personnels spécialisés pour dispenser des formations sur les armes et les munitions.

Comment voyez-vous votre avenir au sein de l’institut?

J’appréhende avec sérénité la tâche qui sera la nôtre après le départ des anciens du service, c'est-à-dire :

  • continuer à accumuler le savoir et l’expérience, car on n’a jamais fini d’apprendre, de se remettre en question.
  • servir au mieux l’institution et les enquêteurs, dont les réquisitions restent notre raison d’être.

Même une fois partis, les balisticiens du département demeureront des mentors, tous dans leurs domaines respectifs. Ces derniers auront su démontrer une exemplaire complémentarité qui s’est peu à peu transmise à la nouvelle génération.

Me concernant, j’aime les échanges et la transmission du savoir, j’espère donc renvoyer cette image dans le futur.

Un conseil à donner ?

La balistique, comme tous les domaines techniques, impose de savoir rester humble devant les exceptions qui finissent presque par faire la règle. Il faut également ne pas être trop péremptoire dans ses conclusions pour rester crédible dans son jugement. C’est d’ailleurs un principe que l’on pourrait facilement transposer dans la vie quotidienne.

Pour finir, la gendarmerie est une très belle arme, où rien n’est impossible et où la chance nous tend régulièrement les bras si on sait la provoquer, il faut simplement parfois oser.

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