Femme et Ingénieur : Témoignage d'une civile au sein de la Gendarmerie 

Diplômée d’École d’Ingénieurs en Chimie, voici l'interview d'une des nouvelles recrues de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale.

Femme dans un milieu à majorité masculine. Civile dans un monde militaire. Jeune diplômée entourée d'experts en criminalistique dont certains inscrits près la cour d'appel. Voici ce qui rend son parcours à l'IRCGN atypique.

Comment avez-vous intégré l’IRCGN?

J'ai eu l'opportunité d'effectuer mon stage de fin d'études au sein du département Environnement Incendies Explosifs de l'IRCGN. J'ai travaillé sur un sujet confidentiel innovant. L'autonomie et la confiance qui m'ont été accordées m’ont permis d'en apprendre énormément. Le milieu "gendarmique", la recherche et le développement, le fonctionnement de certains appareils analytiques, leur maintenance, le système qualité de l'Institut... Ce fut une expérience vraiment complète, tant humainement que professionnellement. A la fin de ce stage, mon tuteur de stage a évoqué une opportunité d’emploi au sein de son département, et plus particulièrement, au sein de l'unité Incendie. Ayant eu l'opportunité d'évaluer mes compétences professionnelles à l'occasion du stage, il a décidé de me retenir pour le poste.

  

Vous dites que c’est un rêve depuis quelques années, comment avez-vous fait pour le concrétiser ?

C’est poussée par la curiosité que, dès le lycée et les épreuves de TPE, ma binôme et moi avons obtenu un rendez-vous à la PJ de Versailles. En quelques minutes d’entretien c’était clair pour moi… ce milieu serait celui de mon métier.

Après l'obtention du baccalauréat scientifique, j'ai choisi d'intégrer l’Ecole d’ingénieurs chimiste à Compiègne, l’ESCOM qui propose un cursus avec des classes préparatoires intégrées. L’avantage de ce cursus, était surtout l’opportunité d’effectuer des stages chaque année. C’est une partie pratique que j’ai utilisé pour côtoyer la réalité des laboratoires de chimie analytique.

Pour ma première expérience c’est le service Pharmacologie-Toxicologie de Poincaré qui m’a ouvert ses portes. La toxicologie fait partie des disciplines que l’on retrouve dans les sciences forensiques et une expérience de technicienne dans le domaine semblait un atout indéniable. Cela a aussi été "l’instant découverte" : des techniques analytiques évidemment, mais aussi de la maintenance et des processus qualité. J’ai tout de suite flirté avec cet aspect devenu indispensable pour le rendu de résultats fiables et pourtant mal connu du public.

Puis je file en Suisse, toujours en Toxicologie. J'y renforce mes compétences pratiques, mais on me propose surtout d’assister à une autopsie et c'est ce qui va rendre ce stage personnellement déterminant. Cela n’a fait qu’asseoir un peu plus mon désir de faire des sciences forensiques car c'est la recherche de la vérité au service de la justice mais aussi des familles de victimes, que j'appréhende concrètement avec cette expérience et qui donne un sens à tout ce que nous faisons ici au laboratoire.

Aujourd'hui, je me dis que c'est mon stage de fin d’études, effectué au sein de l’IRCGN qui m’a permis de réellement mettre un pied dans ce monde.

  

Quelle est votre activité au sein de l’IRCGN ?

Je suis affectée au sein du département Environnement Incendies Explosifs de l’IRCGN, et plus précisément, à l’Unité Incendie. Ma mission première consiste en la recherche de produits accélérants dans des résidus d'incendie. Nous recevons des prélèvements provenant de toute la France, et Outre-Mer.

Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à lire cet article qui en parle un peu plus en détails.

Il faut généralement entre douze à dix-huit mois pour obtenir une habilitation à signer des examens scientifiques en son nom. Aujourd'hui je peux donc prendre en charge les scellés depuis leur arrivée à l’Institut jusqu’à l’interprétation des résultats.

  

Comment s’est passée votre intégration ?

On me demande souvent si le fait d’être une femme n’est pas plus difficile puisque c’est un milieu militaire. A vrai dire, cela ne change pas grand-chose. On ne me fait pas moins confiance, on ne doute pas non plus de mes capacités. J’ai été engagée pour mes diplômes et mon expérience. Il y a des codes, des règles, une hiérarchie particulière liée au milieu "gendarmique", certes, mais en soi, c'est semblable à toutes les entreprises.

Concernant mon intégration au sein de l’Unité, cela s’est fait tout naturellement aussi. Je connaissais déjà tout le monde grâce à mon stage, et civile ou non, il n’y a pas de différence dans les rapports entre collègues.

  

Comment voyez-vous votre avenir ?

Vaste question... J'ai 25 ans. Je viens de débuter dans la vie active. J'aime mon métier. J'ai certains objectifs professionnels, notamment devenir experte. J'espère donc que l'IRCGN me permettra de les atteindre.

Pour le moment, je profite de ce qu'il m'est donné d'apprendre, de découvrir afin de me perfectionner toujours un peu plus dans mon domaine. J'apporte ma pierre à l'édifice à mon niveau pour faire avancer ce que je peux, tout en participant à divers projets transverses.

  

Un conseil à donner ?

Poursuivez vos rêves ! Donnez-vous les moyens de faire ce que vous aimez. La vie offre une multitude de possibilités et de chances. Saisissez-les !

Et si vous souhaitez absolument rentrer à l’IRCGN ? Là encore vous avez plusieurs choix. Vous pouvez décider d’embrasser une carrière de Gendarme. Il y a des concours pour devenir sous-officier ou officier de la Gendarmerie. Les diplômes seront également importants, mais l’IRCGN est un laboratoire pluridisciplinaire qui compte en ses murs des experts en génétique, biologie, balistique, en chimie bien sûr, mais aussi en électronique et informatique, en mécanique, ... Toutes les sciences sont représentées !

Ou vous pouvez décider de tenter un recrutement en tant que civil. Des postes sont proposés sur le site de la BIEP.

http://www.fonction-publique.gouv.fr/biep/bienvenue-sur-la-bourse-interministerielle-de-lemploi-public 

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