De la littérature policière à l'analyse criminelle

P., âgée de 47 ans, est lieutenante. Elle exerce la fonction d’adjointe au chef du département Science de l’Analyse Criminelle au sein du Service Central de Renseignement Criminel.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer le PJGN ?

Entrée en Gendarmerie en 1996, après 1 année passée à l’Ecole des Sous-Officiers de Gendarmerie de Montluçon (03) et 3 ans en brigade territoriale en Seine-Maritime (76), j’ai intégré le département Signal-Image-Parole de l’IRCGN de 2000 à 2005 pour effectuer principalement des expertises de comparaisons de voix. Afin de me rapprocher de mon conjoint, j’ai ensuite fait le choix d’effectuer 11 ans à la BDRIJ de Melun en Seine-et-Marne où j’ai pu, dès 2006, être formée à l’analyse criminelle opérationnelle (ANACRIM) et aux nouvelles technologies (enquêteur NTECH), fonctions que j’ai principalement exercées durant cette période. En 2015, désirant retourner au niveau central, j’ai intégré le SCRC au sein du département Analyse Stratégique, puis au département Science de l’Analyse Criminelle le 01/08/2017 en tant qu’adjointe. Adjudant-chef depuis 2011, et voulant continuer d’évoluer en fonctions et responsabilités, j’ai intégré le corps des officiers par le rang le 01/08/2019 au sein du même département.

Qu'est ce qui a motivé ce choix de carrière dans le domaine judiciaire ?

De formation scientifique, j’ai toujours été attirée par la littérature policière, ce qui m’a sûrement influencée pour aimer la criminalistique et l’appui aux enquêteurs afin de leur apporter les éléments matériels permettant de les aider à qualifier les infractions dans le cadre de leurs procédures.

Quelles sont les missions de votre service ? Vos activités quotidiennes ?

Saisi dans le cadre d’une procédure judiciaire, la mission du département Science de l’Analyse Criminelle consiste à apporter aux enquêteurs et aux magistrats de nouvelles hypothèses de travail et de nouvelles investigations à effectuer. Mes activités quotidiennes consistent à suivre l’avancée des dossiers des analystes du département, à résoudre les problèmes techniques rencontrés et à effectuer une prospective sur les nouvelles méthodes d’analyse criminelle utilisées par d’autres services nationaux et internationaux ou sur de nouveaux outils.

Pensez-vous que votre profession vous contraint dans votre féminité ?

Non.

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

Si le Centre National de Formation à la Police Judiciaire (CNFPJ) permet aux futurs analystes criminels d’acquérir un socle technique assez complet, l’analyste criminel doit rester curieux et savoir se remettre en cause par rapport à de nouvelles techniques d’analyse. L’humilité et la rigueur sont par ailleurs indispensables pour parfaire ses compétences.

Quels sont les défis que vous avez dû relever en tant que femme lors de votre prise de fonction ?

Je n’ai pas eu de défi particulier à relever dans mon cas et à ma connaissance.

Pensez-vous qu'être une femme soit un désavantage ou une force ?

Je pense qu’avant tout, nous sommes militaires avec des droits et devoirs, des qualités et des défauts, et des compétences à entretenir ou améliorer pour effectuer un travail de qualité. Commencer à se demander si être une femme est une force ou un désavantage est le début d’une discrimination.

Comment voyez-vous votre avenir ? Pensez-vous qu’il aurait été différent si vous aviez été un homme ? 

Mon avenir sera constitué comme cela l’a toujours été, d’un juste équilibre entre la vie professionnelle, que l’on veut épanouie, et la vie personnelle, qui est à préserver mais qui ne doit pas être un frein à un épanouissement professionnel. Je ne pense pas qu’être un homme aurait modifié quelque chose.

Auriez-vous un conseil à donner aux jeunes femmes actives ?

J’aurais un conseil à donner, c’est celui de considérer qu’on l’on a droit aux mêmes carrières que les hommes, sans oublier que l’essentiel est de savoir concilier une vie professionnelle et une vie personnelle épanouies.

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