1987 : La naissance de la Section Technique d'Investigations Criminelles de la Gendarmerie Nationale

Suite à l’affaire Grégory non élucidée à ce jour, la prise de conscience est collective. La France est touchée par ce drame et les pouvoirs en place amorcent une révolution de la police technique et scientifique. Dès lors, en 1987, la Gendarmerie se dote de son premier et unique laboratoire de criminalistique : la Section Technique d’Investigation Criminelle de la Gendarmerie Nationale.

Acteurs principaux de ce tournant

Au départ, seule une poignée d’hommes sont présents afin d’insuffler un vent nouveau sur la criminalistique en Gendarmerie. Le premier, le lieutenant Serge Caillet, polytechnicien licencié en droit, convainc sa hiérarchie de la nécessité d’ouvrir systématiquement un volet scientifique dans les enquêtes traditionnelles de Gendarmerie. La Section Technique d’Investigation Criminelle de la Gendarmerie Nationale voit alors le jour en 1987 sous sa direction.

 

A l’époque, il existe déjà cinq laboratoires de criminalistique, dirigés par la Police Nationale dans les grandes villes de France (Marseille, Lille, Lyon, Toulouse et Paris) et répartis en fonction par spécialité. Le lieutenant Caillet choisit une autre dimension : regrouper en un seul centre technique toutes les compétences scientifiques.

 

 

Aidé d’une quinzaine de collaborateurs, il s’installe dans les locaux du fort de Rosny-sous-Bois. L’expertise et la contre-expertise sont des arguments qu’il avance afin de mener à bien son projet. « Sur avis motivé d’un magistrat, et s’il n’y a pas d’autre expert disponible, on peut faire appel à un spécialiste qui prête serment, pour procéder à des examens scientifiques et à des expertises au profit des enquêteurs. C’est l’acte de naissance du laboratoire de la Gendarmerie ! » explique le général Jacques Hébrard en 2011, directeur de l’Institut.

Les premiers membres de son équipe technique sont des sous-officiers réalisant déjà des actes de police judiciaire au sein du Service Technique de Recherches Judiciaires et de Documentation (STRJD). Il recrute également des sous-officiers docteurs en biologie et en géologie.

 

 

Plateforme technique en développement 

Les vieux bâtiments du fort de Rosny-sous-Bois doivent être aménagés et modernisés. Un tunnel de tir est prévu ainsi qu’un réseau de gaz pour alimenter le futur parc analytique. Le Lieutenant Caillet, inspiré par un déplacement au sein du laboratoire de police scientifique de Jérusalem, décide de faire construire une « chambre sourde » semblable à celle qu’il a pu observer là-bas. Entièrement capitonnée, aucun son n’y est réfléchi. Cette salle permet de se couper de tout bruit extérieur pour effectuer notamment les comparaisons de voix mais également de faciliter les échanges lors de travaux en collaboration avec des enquêteurs. Un garage pour les examens automobiles complète les aménagements.

Après avoir pris possession des bâtiments et aménagé les laboratoires, il était nécessaire de recruter d’autres personnels compétents pour réaliser les analyses. Ainsi, il fait appel à des officiers ainsi qu’à des sous-officiers possédant des diplômes scientifiques. Quelques années plus tard, la Section Technique d’Investigation Criminelle prendra le nom d’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale. D’une poignée d’hommes au début de l’aventure, c’est actuellement, plus de 260 hommes et femmes, gendarmes et civils qui participent à la réalisation des actes techniques et scientifiques nécessaires à la conduite des enquêtes judiciaires.

 

Actualités


Un nouveau labo mobile et deux covid-box au PJGN

Fort de son expérience en projection sur scène de crise tels que le...

la gendarmerie scientifique répond présent pour préserver la santé des Français

La revue "European Journal of Clinical Microbiology & Infectious Diseases (2020)...

Un nouvel écusson pour le SCRCGN

La création en 2015 du service central de renseignement criminel (SCRC) en...