La réalité augmentée au service de la justice

Lors du Forum international de la cybersécurité (FIC), le capitaine Hervé Daudigny, officier criminalistique à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a eu la possibilité de présenter au Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, les avancées technologiques de la réalité augmentée. Le ministre a notamment pu visualiser un crâne reconstitué via une tablette. Le Capitaine Hervé Daudigny a également répondu à l’interview de Thibaut Chevillard, journaliste au périodique 20 minutes qui s’intitule Enquête : « La réalité augmentée permettra de replacer virtuellement un corps sur une scène de crime ».

La réalité augmentée est une technique numérique qui fait appel à la superposition d’éléments calculés par un système informatique en temps réel. Elle ne doit pas être confondue avec la réalité virtuelle. En effet, la réalité virtuelle remplace le monde réel par un monde virtuel, tandis que la réalité augmentée fusionne un monde virtuel avec le monde réel. Les applications de ces technologies numériques sont multiples et peuvent toucher plusieurs domaines comme le cinéma, l’aviation ou encore le médical. Dans le domaine judiciaire, l’utilisation de la réalité virtuelle commence à être actée, tandis que la réalité augmentée est encore en phase de développement.

 

Au sein de l’IRCGN, la réalité augmentée est une technique développée par le département image signal et parole (SIP). Par la suite, elle pourra être utilisée dans plusieurs cas. Par exemple, lorsqu’un technicien en identification criminelle (TIC) de la gendarmerie arrivera sur une scène de crime, il pourra se munir de cette technologie afin de retransmettre les images à des experts de l’IRCGN qui eux se trouveront à Pontoise. Ainsi les experts pourront aider les techniciens dans leurs choix de  prélèvements. De même, lors de reconstitutions ou de procès la réalité augmentée pourra également s’avérer très utile en replaçant un objet ou un corps sur une scène de crime ou au tribunal. Dans le cas par exemple d’un crash aérien, un réacteur défectueux pourra être modélisé et visualisé lors d’un procès alors qu’en réalité, il est impossible de déplacer cette pièce puisqu’elle pèse plus d’une tonne et mesure environ 3 mètres.

 

 

Actuellement la réalité augmentée est déjà opérationnelle au sein de l’IRCGN. La modélisation débute par l’élaboration d’un modèle 3D de l’objet comme par exemple une arme ou un corps. La présence d’une cible sur la scène de crime reconnue par l’application smartphones, lunettes ou tablettes permet ensuite de visualiser l’objet modélisé dans l’espace. Le département SIP développe maintenant des modules complémentaires afin de répondre parfaitement aux besoins du terrain. Ils seront par la suite testés, afin de rendre disponible sur le terrain la réalité augmentée d’ici deux à trois ans.

 

Vous pouvez retrouver l’interview du Capitaine Hervé Daudigny sur le site de 20 minutes.

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