Les acteurs de l'Innovation (1/2)

L'innovation est un défi à tous les niveaux : pour la société, les organisations, les individus et qui nécessite de réelles synergies afin de pouvoir être menée à son terme. Indénombrables, les contributeurs à l'innovation présentent chacun leur spécificité et ne peuvent être tous mentionnés, nous ferons donc un petit focus sur les acteurs évoqués par le rapport "Innovation de Défense : dépasser l'effet de mode" (dont un résumé est disponible ici) et qui soutiennent les efforts en matière d'innovation.

La DARPA & le DIUX

La Defense Advanced Research Projects Agency est l’agence de l’innovation du Ministère de la Défense des Etats-Unis d’Amérique. Dotée d’un budget de $3Mds par an, elle est composée de 200 scientifiques de très haut niveau avec un turn-over de 5 ans. Elle consacre 60% de son budget au financement de thèse et sous-traite la recherche à de nombreux laboratoires universitaires et entreprises, ouvrant la porte à l’exploitation des innovations dans le monde civil, ce qui favorise l’innovation duale. Ses domaines d’intérêt sont variés : cyberguerre, robotique, nanotechnologies, télépathie, télékinésie, etc. Elle est à l’origine de compétitions technologiques afin d’être un moteur de l’innovation.

Le Defense Innovation Unit est un département de la DARPA destiné à capter l’innovation du monde civil, composé de 50 membres, il est en mesure de démarrer un projet en moins de 60 jours.
Cela est rendu possible grâce, d’une part, à un mode de financement dérogatoire de l’innovation associant les contraintes de la recherche et de l’administration (propriété intellectuelle, jalons de paiement) ; et d’autre part, grâce à une organisation en pôles : Engagement team (intermédiaire entre le monde militaire et civil) ; Foundry Team (adaptation des innovations civiles aux besoins militaires) ; et Venture Team (rôle de veille technologique). Ses domaines d’intérêt sont : les technologies de l’information, l’espace, l’intelligence artificielle, la robotique et les systèmes autonomes, et l’humain (biotechnologie, homme augmenté, etc.).

La DGA, l’AID et la CIP (ex-MIP)

La Direction Générale de l’Armement (DGA) est au cœur d’un écosystème de 26 900 entreprises (dont la base industrielle et technologique de défense - BITD). Elle favorise une collaboration transverse avec les armées en « plateaux » ; elle simplifie les processus d’élaboration des programmes et d’achat des équipements ; rééquilibre les liens entre l’Etat et ses partenaires industriels et favorise l’innovation (création de l’AID).

L’Agence de l’Innovation de Défense (AID) a pour missions de mettre en œuvre la politique en matière de R&I, de coordonner, piloter et assurer la cohérence des travaux de R&I des différents services, de développer les partenariats et coopérations internationales entre les acteurs publics et privés et de capter les innovations d’opportunités. Son budget est de 1.2Md€ et sert à financer des dispositifs d’aides tels qu'ASTRID.

La cellule innovation participative (CIP) est rattachée à l’AID et est à l’écoute des idées de toute personne du ministère des armées et de la gendarmerie nationale en apportant son soutien aux projets proposés par les innovateurs. Ce soutien peut être financier, technique, administratif ou juridique. Les prototypes sont réalisés soit par l’innovateur lui-même, soit par une entreprise. La CIP soutient environ 60 projets par an.

Innovation Defense Lab (ex-DGA Lab ; ex-SIA Lab)

Il est chargé d’identifier les innovations issues du secteur civil et intéressantes pour des usages militaires dans le but d’accélérer leur intégration dans les équipements ou systèmes militaires existants ou les programmes futurs. Il permet d’organiser des conférences, met à disposition des équipements et des prestations de service (étude de marché, accompagnement à l’idéation ou au prototypage, etc.).

Les pôles de compétitivité d’intérêt pour la défense & les cluster DGA

Les pôles de compétitivité sont une création français, dérivés des clusters (groupements « naturels » d’entreprises en une région), pour maximiser le dynamisme des entreprises et de la région qui les héberge. Associés à des centres de recherche et de formation, ils constituent des « écosystèmes » favorables à l’innovation (ex : Silicon Valley). La France compte 56 Pôles de compétitivité. La DGA a trouvé un intérêt dans le Pôle Mer Méditerranée et y a organisé l’opération i-Naval qui s’intéresse notamment aux drones, au traitement de la parole pour le sauvetage en mer, le suivi médical, à la surveillance des réseaux sociaux, aux communications à bord (par LiFi ou par ultrason, par bulle tactique de communications 4G-5G), etc.

Les six clusters de la DGA reposent sur les mêmes principes que les pôles de compétitivité mais sont axés sur des domaines liés à la Défense : un cluster d’innovation terrestre (Lahitolle) ; un cluster d’innovation pour la défense NRBC ; deux clusters d’innovation navale de défense (Gimnote et Orion) ; un cluster aérospatial (Aliénor) ; et un cluster en aérotechnique (CI-AILE).

Les SPSACOCA

Il s’agit d’un regroupement des équipes de l'état-major des armées : les services de préparation des systèmes futurs et d’architecture (SPSA) et des divisions cohérence capacitaires (COCA). Ces services travaillent en étroite collaboration avec l’AID pour déterminer les orientations de l’innovation.

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