La réserve citoyenne

Deuxième composante de la réserve militaire de la gendarmerie, la réserve citoyenne est forte de 1300 personnes (1500 à terme).

La réserve citoyenne est fondée sur l'engagement personnel, désintéressé et effectué dans un esprit de neutralité de bénévoles issus de la société civile, désireux de se rendre utiles pour l'Institution et affichant un haut degré d'expertise dans les domaines juridique, des nouvelles technologies, de la communication, des finances ou de l'immobilier, entre autres.

Vivier de compétences, elle contribue au rayonnement de la gendarmerie dans la société civile, à la compréhension d'enjeux locaux ou nationaux et à l'accompagnement des décideurs, participant ainsi à la résilience de la France face aux nouvelles menaces comme au renforcement du lien Armées-Nation.

Réserve citoyenne : une richesse pour la gendarmerie

Ils ont souhaité s'investir pour servir la gendarmerie et l'intérêt commun et font profiter l'Institution de leur expertise. Deux réservistes citoyens témoignent.

Face à la menace terroriste : « Je ne pouvais pas taire mes connaissances. »

N. C., docteur en psychologie, spécialiste en traumatismes psychiques, clinicienne, enseignante.

Réserviste citoyenne auprès du GIGN, la docteur C. est spécialiste en interventions psychologiques immédiates et post-immédiates, tant pour les victimes que leurs familles, à la suite de graves catastrophes (incendies, tsunamis, etc.). Au cours de sa carrière, cette professeur s'est orientée vers l'analyse de prisonniers au profil un peu particuliers : « Les terroristes islamistes. » Ces derniers l'ont menée vers le Groupe. « Je ne pouvais pas taire mes connaissances sur le profil psychologique de ces prisonniers. Tout ce que je savais d'eux, sur leur façon de penser... Si je ne faisais rien, c'était comme une ''non-assistance à pays en danger''. » Elle explique alors au Groupe sa façon de parler avec les terroristes, ce qu'elle sait de leur mode de pensée. Puis, au fil des rencontres, elle échange avec les négociateurs sur les profils des forcenés, de preneurs d'otages, etc.« Je leur apporte certaines clés, un autre angle de compréhension du stress et des traumatismes. Ils se les approprient pour réagir au mieux face à l'urgence à laquelle ils sont confrontés. »

Être citoyen, donner de son temps et apporter une expertise

Chef d'escadron (R.C.) Jean-François L. : commandant de bord sur un Falcon, instructeur, expert en aviation et en procédures internationales.

« Je suis réserviste auprès de la Section de recherches (S.R.) de la Gendarmerie des transports aériens (GTA) depuis environ 4 ans. » À l'époque, témoin de l'accident d'un avion étranger, il accompagne l'intervention des gendarmes. « Il leur manquait certaines connaissances techniques pour traiter une procédure étrangère aussi spécifique. J'ai souhaité les guider. » Par la suite, les enquêteurs demandent à bénéficier de son expérience du métier, de ses compétences techniques et de ses connaissances des procédures étrangères. « Au départ, je leur proposais des formations. » Rapidement, les nombreux accidents les rattrapent. « Aujourd'hui, je suis sollicité sur les enquêtes judiciaires, comme dernièrement pour le crash de l'A320 de la Germanwings. Depuis la cellule de crise à Roissy (95), j'ai participé aux investigations et notamment à la retranscription de la première boîte noire. » À plein-temps. « Pendant deux semaines, c'était très intense. » Et nécessaire. « Si je peux aider les enquêteurs à faire avancer un dossier, à ne pas perdre de temps et à faciliter les échanges avec les autorités internationales, je me dois de le faire. C'est aussi ça être citoyen. »