La gendarmerie au cœur d’un exercice criminalistique en ambiance contaminée réelle

  • Par IRCGN et la lieutenante Floriane Hours
  • Publié le 04 novembre 2022, mis à jour le 03 février 2023
© IRCGN

Le 15 octobre 2022, dans le département du Cher, un individu se prépare à réaliser un attentat au moyen d’un engin explosif improvisé. De type bombe sale, cet engin comprend de l’explosif, mais également un liquide radioactif : du Lanthane 140. Alors qu’il est en pleine manœuvre, le terroriste est interrompu par une patrouille Vigipirate. Des coups de feu sont échangés et le mis en cause est rapidement neutralisé. Les constatations réalisées sur le véhicule de l’auteur conduisent à son domicile. Mais que ce soit sur le lieu de l’intervention ou chez l’assaillant, des traces du liquide radioactif sont retrouvées : les lieux sont contaminés. Alors, afin de poursuivre les investigations en milieu contaminé, des gendarmes aux compétences bien particulières sont appelés en renfort.

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Projection d’experts et mise en place de matériels de haute technicité

Ce scénario n'est pas l’une des nouvelles catastrophes qui va faire la une des journaux. Ce n’est pas non plus le script d’un futur film d’action. Rassurez-vous, cette histoire est simplement le récit de l’un des exercices réalisés par la Task Force NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique) de la gendarmerie. Un groupe composé, pour l’exercice, d’un détachement de trente personnels du Groupe d'investigations en milieu dégradé (GRID), comprenant des experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) et de la Force nationale nucléaire radiologique biologique chimique (F2NRBC).

Mis en place une à deux fois par an, ce type d’exercice en conditions de contamination réelle est extrêmement important. Il permet, dans un premier temps, de maintenir, voire de renforcer les compétences des personnels lors de la réalisation d’opérations criminalistiques et d’identification des victimes en milieu dégradé.

Dans un second temps, il permet de tester de nouveaux protocoles et de nouveaux matériels en conditions réelles. Un élément majeur pour pouvoir estimer le niveau de fiabilité des outils utilisés.

Durant cet exercice, c’est ainsi un laboratoire complet qui a été mis en place en zone contrôlée radiologique. Un laboratoire équipé de technologies de pointe contenant tous le matériel nécessaire à l’identification de victimes, avec analyses in situ en zone contaminée par le LAB’ADN (analyses ADN, radiographies dentaires et examens post-mortem),  relevé et révélation d’empreintes digitales, analyse de matières et de traces explosives, ainsi que des éléments constituant l’engin explosif, extraction de données numériques sur un système multimédia embarqué et, enfin, recherche de tracés latents (foulage), permettant l’authentification des documents d’identité.

Hors du laboratoire, d'autres moyens importants ont été déployés, telles que la photogrammétrie (technique permettant de déterminer les dimensions et les volumes d’objets à partir de mesures effectuées sur des photographies) et le laser scanner 3D.

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Renfort d’un personnel du BSii

Sur cet exercice d’ampleur, les gendarmes du GRID ont pu compter sur le renfort d’un personnel du Bureau des systèmes d’information d’investigation (BSii) du Pôle judiciaire de la gendarmerie (PJGN), dont l’action a permis la mise en œuvre d’un réseau informatique assurant la transmission en temps réel de flux vidéo et de données entre la zone contrôlée radiologique et la zone de soutien (P.C. commandement), situé à 400m. Un point central pour le bon déroulement des investigations en zone contaminée.

Grâce à cette coopération entre la DGA, l’IRCGN et la F2NRBC, la gendarmerie a pu bénéficier d’une structure adaptée et d’une expertise de haut niveau pour s’exercer en contamination radiologique réelle. Présente sur l’intégralité de la chaîne NRBC, de la détection initiale aux investigations judiciaires, la gendarmerie poursuit ainsi son entraînement pour être en capacité d’assurer l’intégralité de ses missions en cas de crise majeure NRBC.

 

À noter : durant cet exercice, la contamination au Lanthane 140 était présente sous la forme d'un liquide radioactif. Pour éviter tout risque de contamination environnementale, l'exercice a été conduit sur un site bien spécifique et dans le respect de la réglementation relative à la radioprotection.

 

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